20 Mar 2008 - 18:23:29
Chapitre 23
Quand les visiteurs arrivent toujours au bon moment
Quand les visiteurs arrivent toujours au bon moment
Je regardai tout à tour Renaud et David. Ils allaient me rassurer, me dire que je ne venais pas de parler tout haut. Pourtant, leurs regards à eux seuls m’étaient suffisants pour comprendre qu’effectivement, je venais de parler à voix haute… Je ne savais plus où me mettre.
Je me laissai tomber sur le lit d’hôpital.
- Ca va Lisa ?
Et puis, pourquoi tout le monde me demandait si tout ça allait bien ? Ce n’était pas moi qui venais d’avoir un accident ? Où alors, je ne comprenais plus rien !!!
… Je ne venais pas de parler à voix haute là au moins ?
A leurs regards, j’en déduisis que non. C’était les même que précédemment. En tous cas, ils n’étaient pas plus surpris ni plus inquiets.
Un peu plus j’allai en devenir folle, si je m’imaginai parler tout haut alors que j’avais de parler dans ma tête et si je m’imaginai que j’avais parlé… Enfin, vous avez compris.
- Oui, ça va. Pourquoi ça n’irait pas ?
- Qu’est-ce que tu as voulu dire par tu n’arriveras pas à prendre un regard extérieur pour démêler le vrai du faux ? Qu’est-ce qui est le vrai ? Qu’est-ce qui est le faux ? S’enquit David.
- Rien du tout.
- Tu ne veux pas que je t’appelle mon ange gardien ?
- Non ce n’est pas du tout ça…, murmurai-je.
- Tu sais, ce n’est pas grave, dis-le moi seulement. Je voulais simplement te dire que tu étais toujours là pour me sauver.
« Toujours là pour toi », pensai-je. « Oui je le suis David et le serai toujours ».
- J’ai parlé tout haut là ? Demandai-je, soudain inquiète.
J’étais vraiment complètement perdue là.
Ils se regardèrent puis Renaud répondit :
- euh, non, tu n’as rien dit…
« Ouf… ».
- Alors, qu’est-ce qu’il t’arrive ? demanda David de nouveau.
- Rien du tout.
- Tu es sûre ?
- Absolument, pourquoi je ne le serai pas ?
- Je ne sais pas, c’est à toi de nous le dire, répondit Renaud.
- Non, tout va bien.
- Tu ne veux pas que je t’appelle mon ange gardien c’est ça ? S’enquit David, qui semblait avoir cette question à cœur.
- Non, pas du tout…, murmurai-je.
- Tu me le dirai n’est-ce pas ? Si jamais ça te dérange…
- Oui…
Puis je pensai soudain à un détail qu’il avait dit.
- David…
- Oui ?
- Tu as dit, tu as bien dit que je t’avais sauvé trois fois ? Où c’est moi qui m’imagine n’importe quoi ?
Il resta un moment indécis, en tentant de se souvenir de ce qu’il avait prononcé il y avait quelques minutes. Mais ce fut Renaud qui répondit à sa place.
- Je crois effectivement que c’est ce qu’il a dit.
- Vraiment ? Répondit David, un peu étonné.
- Tu te souviens des deux premières fois ?... Mis à part ton réveil miraculeux de ce matin quand j’étais près de toi.
Et c’est moi qui en reparlai maintenant.
David parut désarmé.
- Je n’en sais rien. Je ne me souviens même pas que j’ai dit ça.
Je laissai retomber l’espoir qui avait commencé à germer en moi. Un peu plus, j’aurai entendu le bruit qu’il avait fait en retombant, tellement j’étais déçue. Mais je ne m’en formalisai pas.
- Ne t’inquiète pas, ce n’est pas si grave. C’était déjà un bon début de tentative.
- Mais je n’ai même pas fait exprès de le prononcer.
- Non, mais c’est simplement que tu le savais tout au fond de toi et que sans que tu le saches, ce souvenir a voulu revenir à la surface, mais il y est retourné car il n’était pas prêt. Pas prêt consciemment.
- Lisa ?
- Oui David ?
- Tout à l’heure tu parles de conscience et là…
- Non, vous avez dû mal comprendre, ou alors j’ai dû mal m’expliquer. Ce n’est pas du tout ce que j’ai voulu dire.
Tout d’un coup, j’étais confuse moi.
- Enfin, peu importe, dit alors Renaud, ça ne change en rien de la situation.
- Oui, ça ne change pas le fait que c’est grâce à toi que je suis en vie. Mais, je n’ai toujours pas compris ce que tu viens de dire…
Ca faisait combien de fois que j’entendais cette phrase dans la journée? Je ne risquai pas de l’oublier, que je lui avais sauvé la vie.
- Lisa ?
- Oui ? Euh, ne t’inquiète pas c’est pas grave que tu ne comprenne pas. Moi-même, j’ai un peu de mal parfois. Surtout en ce moment.
Le regard qu’il m’envoya fut interrogatif mais je n’avais pas le courage ni l’envie de m’expliquer mieux. De toute façon, ça ne m’aurait pas fait mieux comprendre.
Je remarquai également que Renaud me regardait avec étonnement.
- Oui, bon c’est bon, le malade ce n’est pas moi.
David ouvrit la bouche, amorça une parole mais il fut interrompu par une petite musique de portable. C’était la musique de la bande originale des Noces funèbres de Tim Burton.
- Excusez-moi, téléphone, s’excusa Renaud. Je vais prendre l’appel dehors.
Puis il sortit.
- C’est sympathique comme sonnerie ça, dit en souriant David.
- Oui. Enfin, si tu savais ce qu’est la mienne…
- Ah oui ? Et c’est quoi ?
- I just died in your arms tonight. Une chanson que j’ai toujours adorée.
Pour lui montrer, je fis retentir la petite chanson dans la chambre d’hôpital.
- Je la trouve très belle aussi.
Je me mis moi-même à fredonner les paroles pendant un moment. Pendant ce temps, celui-ci m’observait, une lueur amusée dans le regard.
- Oui moi aussi, répondis-je.
- Je sais, tu venais de me le dire.
- De quoi ?
- Que tu aimais cette chanson.
- Ah oui, désolée.
- … J’espère sortir dans pas longtemps, dit alors sombrement David. Je tourne, je tourne en rond, j’ai déjà l’impression de connaître cette pièce par cœur. J’ai hâte de retrouver Kerima.
- Et tout le monde là-bas sera ravi de te revoir, répondis-je en souriant.
Il fixa son regard sur moi.
- Tout le monde ?
- Oui bien sûr, tout le monde. Maintenant que Richard n’est plus là… Enfin, je suppose que Sophie préfèrerait que tu y restes encore longtemps mais…
- Richard ?
- Richard Von Brahmberg, le fils de Sophie et de ton père.
- On est donc demi-frère ?
- Et bien, oui.
- C’est super, je ne me souvenais pas non plus avoir un frère.
- Oui, enfin, je suppose que tu aimerais en avoir un autre plutôt que celui dont tu as hérité.
- Pourquoi ?
- Et bien, comment dire… Ca a toujours été un peu… Tendu entre vous. Au début, vous ne saviez pas que vous étiez frères, c’est Sophie qui l’a annoncé en plein repas de famille chez tes parents. Et ça n’a pas arrangé les choses entre vous… Je dirai même qu’elles se sont en quelque sorte empirées.
- On ne s’entend pas à ce point ?
Je secouai la tête.
- Je dirai même que c’est la guerre ouverte entre vous chez Kerima.
- Ce que tu me réapprends n’est pas très réjouissant Lisa. Mais il faut bien que je le sache à nouveau. Je trouve quand même dommage qu’on ne s’entende pas. Tu ne trouves pas ?
Je n’en revenais pas. Je n’avais jamais entendu David dire que c’était dommage que lui et Richard ne s’entende pas. Peut-être a-t-il un nouveau regard sur lui et sur sa vie, maintenant qu’il doit se ressouvenir de tout ? Après tout, c’est comme s’il avait un regard extérieur sur ce que je lui racontai, qu’il écoutait tout ce que je lui disais comme si c’était les souvenirs de quelqu’un. Et ainsi, peut-être était-ce plus facile pour en juger.
Mais ce n’est pas demain la veille que lui et Richard trouveront un terrain d’entente.
- Lisa ? Tu m’écoutes ?
Je sortis de mes pensées.
- Oui, bien sûr.
Il resta silencieux un moment puis après une seconde où il sembla hésiter, il reprit :
- Tu sais Lisa…
Je le regardai. Il avait pris soudain un air des plus sérieux, que j’avais rarement vu sur son visage et… Je me demandai sur le coup ce qu’il allait me dire.
La porte de la chambre s’ouvrit et une exclamation joyeuse retentit.
- Bonjour David, comment tu vas ?
Nous tournâmes la tête en même temps vers la porte.
C’était Max.
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27/06/2008 @ 10:41:26
par davidlisa080493
j'adore
27/06/2008 @ 10:37:36
par davidlisa080493
il est trop bien
17/02/2008 @ 17:16:51
par davidlisa080493
j'adore ses trop bien
17/02/2008 @ 17:15:29
par davidlisa080493
coucou ta presentation est très bien presenté ...
03/02/2008 @ 17:37:40
par lilas