Chapitre 9
17 Fév 2008 

Chapitre 9

Mauvaises nouvelles, bonnes nouvelles


Pour mon rendez-vous habituel avant de me rendre à Kerima, je passai au kiosque de Julien et j’y trouvai également Renaud. Ils discutaient ensemble et tous deux se retournèrent lorsque j’entrai. Tous deux se turent immédiatement aussi. Ce qui m’intrigua.

- Pourquoi vous taisez-vous lorsque j’entre ? Vous parliez de moi ou quoi ? Plaisantai-je.

Ce fut Julien qui me répondit :

- Renaud me disait que tu étais arrivée chez lui hier matin toute retournée. Ca va mieux ?

- Beaucoup mieux, répondis-je, radieuse.

- Donc j’en déduis que tout va bien avec David aussi ?

J’acquiesçai et ajoutai.

- Il est arrivé tard hier soir à la maison pour m’expliquer et me présenter ses excuses. Avant même de rentrer chez lui pour rassurer ses parents. Il est reparti ce matin.

Alors qu’il buvait sa tasse de café, Renaud parut s’étouffer avec sa boisson, chose que je ne m’en aperçu pas.

- Il a dormi chez toi ? demanda Julien.

- Bien obligé, le pauvre il n’avait plus de train, m’expliquai-je.

Julien me regarda avec un regard signifiant tout ce qu’il pensait sans même prononcer une parole.

« Mais qu’est-ce qu’ils ont tous aujourd’hui ? D’abord ma mère, ensuite Julien », pensai-je.

- Il a dormi dans le fauteuil dans ma chambre, répondis-je en insistant sur le mot fauteuil. Pourquoi vous faîtes une drôle de tête tous les deux ?

J’étais surtout surprise par l’attitude de Renaud qui avait semblé déçu avant que je n’ajoute où David avait dormi. Mais j’effaçai cette première impression pour me concentrer sur l’essentiel.

- Bon et bien il faudrait aller travailler non ? A moins que vous ne vouliez rester ici ?

Renaud réagit aussitôt.

- Non, bon je vais y aller. Lisa, je passerai dans votre bureau tout à l’heure j’ai à vous proposer quelque chose en ce qui concerne la campagne du parfum… A moins vraiment que vous ne soyez occupée ?

- Non ça ira, répondis-je en souriant, je comptais réunir tout le monde dans mon bureau pour 10 heures pour faire le point justement. Je vous enverrai un mail pour vous le confirmer à tous.

Renaud acquiesça puis reposa sa tasse signifiant qu’il allait partir et il paya Julien pour le café.

Je dis au revoir à Julien et sorti en même temps que Renaud. Nous nous séparâmes lorsqu’il entra dans son bureau et que moi je continuai jusqu’au mien.

Au moment où je m’installai à mon bureau et que j’allumai mon ordinateur, le fond d’écran Kerima apparut devant mes yeux et je m’aperçu que j’avais reçu un mail pendant mon absence. Un message en bas de mon écran me l’annonçait.

Je l’ouvrai, le lut et mes yeux s’agrandirent de stupeur.

« Comment est-ce possible ? Ils ne peuvent pas se retirer comme ça ? Sans la moindre explication ? »

J’écrivais d’une main frénétique et un peu tremblante un mail de réponse que je leur envoyai. Puis je me repoussai contre le dossier de mon siège en me demandant ce qui avait pu se passer pour qu’ils nous retirent leur soutien ?

***

Après être rentré chez lui et avoir rassuré ses parents, David était reparti pour Kerima. Il était de nouveau prêt à recommencer sa vie de zéro, surtout sentimental qui avait été jusque là catastrophique surtout vers la fin, et… Tiens lorsqu’il y pensait, Mariella n’avait pas hanté son esprit depuis hier soir. Pas du tout. Il se sentait presque léger et aurait pu tout aussi bien s’envoler, ça ne l’aurait pas surprit. Tout ça c’était grâce à Lisa, elle avait vraiment un effet bénéfique sur lui. Lisa. David s’immobilisa en plein milieu du trottoir. Lisa. Il secoua la tête et repartit. Il semblait avoir eu une drôle d’impression lorsque son nom lui était venu à l’esprit.

Il arriva chez Kerima dix minutes plus tard et se rendit dans son bureau où l’attendait gentiment un petit mail de la part de l’actionnaire majoritaire. Tout le monde avait rendez-vous dans le bureau de Lisa pour une réunion. Sans doute pour la promotion du parfum et aussi pour le défilé en préparation. David prit le dossier au passage et se rendit au bureau de Lisa.

Lorsqu’il entra dans son bureau, Lisa était là –normal c’était le sien-, mais Renaud, Hugo et Sophie étaient également présents. Pourtant ils semblaient ne pas avoir vraiment commencé la réunion. Ils avaient dû l’attendre et David s’excusa de son retard.

***

- Ah te voilà David, dis-je en le voyant entrer. Nous t’attendions.

Il prit place sur l’un des sièges devant le bureau et j’exposai le problème que nous avions eu ce matin.

- Voilà, nous avons eu un petit… Dilemme.

- Un dilemme ? demanda Sophie en haussant un sourcil.

- Oui, euh… J’ai reçu un mail ce matin de la compagnie de tissus qui travaille avec nous et, elle voulait nous retirer son soutien et bien entendu les livraisons que nous attendons d’elle.

- Comment cela est-il possible ? demanda encore Sophie feignant d’être peinée.

- Comment ? Dirent en même temps David, Renaud et Hugo.

- Et qu’as-tu fait ? demanda David, que leur as-tu répondu Lisa ?

- Et bien, je leur ai demandé des explications et ils m’ont répondu qu’ils avaient reçu des nouvelles assez… Fâcheuses concernant la société, des rumeurs, qui leur disaient que les parts de Kerima allaient en chute libre et que la collection était elle-même loin d’être terminée pour le défilé dans une semaine.

- Comment cela ? s’exclama Hugo en protestant soudainement. Qui, qui a osé faire ça ?!

 Je ne répondis pas tout de suite.

- Je n’en sais rien… En tous cas, ce malentendu est réparé. Je leur ai envoyé quelques-uns de nos croquis ainsi que les statistiques grandissantes des parts de Kerima sur le marché… Ils étaient enchantés que ça n’ait été qu’une rumeur et ils recommencent à nous soutenir.

- Et la commande ? S’enquit David.

- Elle nous arrivera demain, répondis-je tout sourire.

Ce fut le soulagement total dans la pièce. Du moins de la part de trois des quatre personnes.

- Lisa tu es la meilleure, s’écria David, un sourire long de dix mètres de large. Tu es capable de nous sortir de toutes les galères que nous rencontrons, tu es exceptionnelle !

- Oui, ajouta Renaud qui sembla ne pas trop apprécier le compliment que me fit David, la société vous doit vraiment beaucoup Lisa.

- Merci à vous deux, dis-je modestement.

Puis se tournant vers Hugo :

- Hugo, pensez-vous avoir terminé totalement tous les modèles pour la fin de la semaine ?

- Ce sera fait. C’est tout à fait exécutable compte tenu du travail magnifique qu’effectue Betty.

- Sous ordre de tes modèles, ajouta David en souriant. A vous deux, vous allez réussir.

« Décidément c’était le jour des compliments aujourd’hui pour David », songeai-je en souriant.

- Et à nous tous, nous allons réussir, reprit Renaud.

- Tu ne dis rien Sophie ? demanda David en feignant l’étonnement, tu n’es pas d’accord avec ce que nous disons peut-être ?

- Si, bien entendu que je suis d’accord, répondit-elle en feignant d’être choquée.

- Encore une chose, dis-je alors que je feuilletai le dossier. Il faudrait que nous allions voir ce que donne la salle où le défilé aura lieu afin de voir comment tout se déroule là-bas.

- Je peux y aller si tu veux Lisa, se proposa immédiatement David. Tu dois avoir du travail…

- Tu peux c’est vrai ? Tu n’as pas du travail en retard, si tu en as ce n’est pas grave, je peux y aller, ou Renaud…

- Non je t’assure que je peux y aller, répondit David en souriant et se levant. Pour la société et notre actionnaire majoritaire qui remet toujours tout en ordre !

Il me fit un clin d’œil et je compris l’allusion.

Je souriais, Renaud également mais plus ironiquement et Sophie leva carrément les yeux au ciel.

Une fois David parti, je laissai échapper comme si je me parlais à moi-même, sauf que c’était à voix haute.

- Ca fait plaisir de le voir de nouveau si enthousiaste.

« Je crois qu’il change vraiment », pensai-je, « c’était une bonne chose de le laisser réfléchir tout seul sur l’île ».

- Absolument, c’est vraiment admirable comme changement, répondit Hugo.

- Oui, et ça inquiète presque, dit alors Sophie pour casser nos remarques louant les changements de David.

- Pourquoi donc ? Lui demandai-je, étonnée.

- Ca cache toujours quelque chose, ses soudains sursauts d’enthousiasme. Bon, si vous n’avez plus besoin de moi, je vais retourner dans mon bureau. J’ai quelques coups de fil à donner.

- Et moi, je vais retourner à l’atelier voir comment Betty s’en sort.

J’acquiesçai tous deux et ceux-ci partirent. Je restai tout de même surprise après leur départ,  de la réflexion de Sophie.

- Qu’est-ce qu’elle a voulue dire par là ?

- Sans doute quelque chose dont elle-même connaît mais ne désire pas s’aventurer à en parler avec tout le monde, dit Renaud très logiquement. Comme d’habitude.

J’acquiesçai une nouvelle fois et ajoutai.

- C’est vrai ça fait plaisir de voir David de nouveau en forme, répétai-je en cherchant au moins un soutien.

- C’est vrai, répondit seulement Renaud, pas très enthousiaste.

- …

A mon silence, il ajouta :

- Qu’est-ce que vous voulez que je dise d’autre ?

- Non, je ne sais pas.

Nous restâmes silencieux comme s’il allait me dire quelque chose d’autre. Mais il se ravisa soudain et sembla penser que ce n’était pas le moment pour ce genre de discussion.

- Vous vous sentez bien Renaud ?

- Oui ne vous inquiétez pas Lisa, tout va pour le mieux, me répondit-il en souriant. Je dois vous laisser, à plus tard Lisa. Si vous avez besoin d’aide je suis dans mon bureau.

Je souri et il partit.

***

David sortait de Kerima. Il ne savait pas pourquoi, mais il était plutôt joyeux aujourd’hui. Est-ce que ça avait un rapport avec Lisa et leur réconciliation ? Oui, il était tout simplement content que tout soit redevenu normal. Normal. Ce mot résonna dans son esprit.

Ses pensées étaient occupées par Lisa lorsqu’il entendit soudainement un bruit de freinage, des cris venant du trottoir en face et une seconde plus tard, il se sentit heurté par quelque chose qui le propulsa à terre. Il tomba et perdit connaissance.


Autour de lui, on s’activait.

Il y avait des voix.

« Oh mon dieu, est-ce qu’il respire ? Il n’a rien de grave ? »

« ... Mais appelez les pompiers bon sang, est-ce que quelqu’un au moins pourrait les appeler au lieu de rester planté à ne rien faire ?! »

Quelqu’un sembla sortir de son immobilisme et s’exécuter.

Chapitre 10
17 Fév 2008 

Chapitre 10

Coups de fil et mauvaises nouvelles


Je sortais de mon bureau lorsque, entendant mon téléphone sonner, j’y rentrai de nouveau pour aller décrocher.

- Allo ?

Je reconnu la voix de Monsieur Gernmeyer qui travaillait avec son équipe dans la salle qui allait accueillir le défilé de la collection. Je me demandai pourquoi il m’appelait et étonnée je répondis :

- Oui, il y a un problème ?

- Oh oui je crois, savez-vous pourquoi personne n’est venu au rendez-vous cette après-midi ?

- Oh si David… Enfin Monsieur Seidel devait y aller. Il est partit il y a trois heures, il devrait…

Mais je m’interrompis soudainement.

- Oui et bien en tous cas, il n’y a personne.

- Comment ça ? Répétai-je sans comprendre.

- Personne n’est venu.

- …

- Mademoiselle ?

- …

C’était comme si les mots me fuyaient. Les mots s’échappaient de moi dès que j’en avais l’idée. D’ailleurs aucun ne me venait.

- Vous êtes toujours là mademoiselle ?

- Euh oui bien sûr excusez-moi, je… Je suis vraiment désolée je ne sais pas ce qui s’est passé…

- Ce n’est pas si grave, ça ne nous a pas empêché de ne pas avancer, bien au contraire. Mais je voulais vous le faire savoir.

- Euh, oui, merci.

- Au revoir Mademoiselle.


Je raccrochai encore stupéfiée. David était tellement enthousiasmé d’y aller que je ne pouvais pas me convaincre qu’il ait pu faire demi-tour ?... Pourquoi n’y était-il pas allé alors ?... Que s’était-il passé ?...

En même temps qu’ayant ces paroles, je ne pouvais m’empêcher d’avoir une affreuse intuition…

Je sortais de mon bureau et me précipitai à celui de Renaud pour lui faire savoir la nouvelle et lui exprimer mes inquiétudes lorsque j’entendis mon téléphone sonner de nouveau.

- Bonjour, je suis bien au bureau de l’actionnaire majoritaire de Kerima ?

- Euh, oui c’est bien moi, répondis-je, à qui ai-je l’honneur ?

- L’hôpital de Berlin.

- …

- Il y a quelqu’un ?

- … Oui, oui.

- Monsieur Seidel travaillant dans votre société a été emmené il y a deux heures chez nous.

- A…L’hôpital ?

- Oui, je suis désolée de vous l’apprendre comme cela mais il a eu un accident de voiture.

Le cri de stupeur qui avait voulu sortir resta bloqué dans ma gorge.

- Un… Accident ?...  Que s’est-il passé ? C’est… C’est grave ?

- Sa vie n’est plus en danger, je préfère vous rassurer tout de suite mais…

« Plus en danger, » pensai-je immédiatement de stupeur. « Ca veut dire qu’elle l’a été ? »

- … Mais il est encore endormi… Profondément.

Le dernier mot avait été hésitant et je m’en aperçu.

- Comment ça « profondément » ?

- Monsieur Seidel est dans le coma, me répondit-on.

- …

- Mlle Plenske ?

- …

- Il y a quelqu’un ?

- … Euh, oui je… Qu’est-ce que… Dans… Le coma ?... J’arrive tout de suite !!!!

Avant qu’elle ait pu dire un mot de plus, je raccrochai, prenais mon manteau au passage et filai vers le bureau de Renaud où j’entrai en véritable coup de vent.

- David !!! Il est à l’hôpital !!!

Renaud leva la tête vers moi et m’interrogea du regard.

- David… A l’hôpital ?

- Oui, répondis-je à vois basse et très faible.

Renaud se leva et contourna son bureau.

- Lisa, vous vous sentez bien ? dit-il d’une voix douce.

- Je… Oui, ça va très bien.

- David est vraiment à l’hôpital ? Qu’est-il arrivé ?

- Il… Il a eu un accident de voiture… L’hôpital vient d’appeler à mon bureau et m’a dit qu’il… Qu’il était dans le coma.

Renaud me regarda, prit soudain conscience de mes paroles et ouvrit la bouche sans pouvoir rien dire. Il se retourna, prit sa veste et se retourna vers moi.

- Allons-y Lisa. Je vous accompagne à l’hôpital.

Puis comme je restai pétrifiée, toujours sous le choc de la révélation, il me fit sortir de son bureau et me poussa en avant en me tenant par le bras comme s’il avait peur que je perde connaissance moi aussi. J’étais d’une pâleur telle qu’il ne m’avait jamais vu.

Qu’avait-il bien pu arriver à David ? Comment cet incident s’était-il produit ?

Je ne pu résoudre ces deux questions par moi-même.

 

Chapitre 11
17 Fév 2008 

Chapitre 11

Les larmes de l’espoir

 

J’étais complètement remise de la peur qui m’avait paralysé, et à présent celle-ci me tenait avec une énergie nouvelle. Les battements de mon cœur allaient de plus en plus vite au fur et à mesure que nous approchions de l’hôpital, et je dois dire que je marchai à une vitesse telle que Renaud avait du mal à me suivre, lui qui avait presque dû me porter en sortant de Kerima. A présent, le cœur battant la chamade de peur et d’appréhension, je marchai à une vitesse folle.

- Attendez une seconde Lisa.

Mais je ne pouvais pas attendre, mes jambes avaient presque le contrôle entier sur mon corps, je ne faisais que leur obéir. Leur obéir à elles et à mon cœur qui me murmurait qu’il voulait rejoindre le plus vite possible David, être auprès de lui et ne plus le quitter. Je ne pouvais pas attendre, David était à l’hôpital ! Et dans le coma. Je ne savais même pas si je lui reparlerai un jour !

Je me rassurai immédiatement.

« Arrête de dire des bêtises Lisa, l’infirmière au téléphone t’a dit que sa vie n’était plus en danger » … « Mais ça peut très vite changer, » me repris-je, « Qui sait ce qui peut arriver ? »… Je tremblai à cette pensée et accélérai le pas sans m’en rendre compte. Je voulais arriver le plus vite possible.

- Lisa attendez moi, répéta Renaud derrière moi.

Je ralenti un peu, le temps qu’il me rattrape, puis je l’incitai du regard à aller plus vite. Je fus tellement suppliante qu’il n’eut pas besoin de me l’entendre le prier à voix haute et il accéléra de lui-même et me dépassa. Enchantée qu’il ait accéléré, je ne pu que le suivre, le cœur battant toujours aussi fort. Nous continuâmes côte à côte jusqu’à arriver à un grand bâtiment haut, long et blanc nacré qui nous faisait face.

L’hôpital.


Je fus la première à y entrer et à me précipiter sur la première infirmière que je vis.

- Mademoiselle !!!

L’infirmière se retourna et me sourit.

- Vous désirez quelque chose Madame ?

Renaud s’arrêta derrière moi et me laissa parler.

- Je recherche un certain Monsieur David Seidel, il est arrivé cet après-midi. Il a eu un accident de voiture. On ma appelé il y a une heure pour me le signaler.

- David Seidel ?...

L’infirmière sembla chercher et ajouta :

- Oh oui, ce jeune homme, je vois qui c’est. Oui il est arrivé chez nous cet après-midi. Je vais vous conduire à sa chambre si c’est lui que vous cherchez. Il y a déjà des visiteurs dans le couloir qui attendent de le voir. Enfin qui attende son réveil.

Renaud et moi la suivîmes jusqu’au deuxième étage et tournant à l’angle du couloir, je reconnu immédiatement de loin, les parents de David et sa sœur. Monsieur Seidel faisait les cent pas de long en large dans le corridor dénudé de toute décoration ornementative, Madame Seidel attendait et était assise sur l’une des chaises du couloir, la tête dans les mains, et Kim assise à côté d’elle, regardait le mur en face d’elle, le regard dans le vague.

Ce fut Frédéric qui me vit en premier et m’interpella, ce qui fit lever la tête de sa femme et de sa fille qui se levèrent en me reconnaissant. Je me précipitai à eux et la première chose que je demandai fut :

- Comment va-t-il ?

- Les médecins nous ont dit qu’il était hors de danger, mais il est toujours dans le coma. Ils attendent des analyses supplémentaires sur son état de santé et…

Le poids était sans doute trop lourd à supporter car Laura fondit en larmes avant de finir sa phrase.

- … Et nous attendons le médecin depuis trois quart d’heure. Il nous a dit qu’il serait de retour dans quinze minutes mais il n’est pas encore revenu, termina sombrement Frédéric.

- … Et on se ronge les sangs depuis tout ce temps, acheva Kim, les larmes aux yeux elle aussi mais tentant de contrôler ses émotions afin de rester lucide.

- Il est dans le coma pendant tout ce temps, il… N’y a pas eu d’amélioration ? Demandai-je la voix tremblante d’émotion.

Frédéric secoua la tête négativement.

- On nous a seulement dit…

- … Qu’il était hors de danger ? Continuai-je d’une voix lente et terminant ainsi sa phrase. C’est ce que l’infirmière m’a également dit au téléphone.

- Ne vous inquiétez pas, dit alors Renaud vers lequel nous nous retournions tous à ses paroles, je suis certain qu’il va se réveiller. Il faut garder espoir, il a besoin de vous, tous. Gardez espoir est le meilleur des soutiens. Je suis sûr qu’il sent qu’il n’est pas seul.

Je lui souriais. Il avait raison au fond, il fallait garder espoir.

Mais c’était tellement dur.

- Vous avez raison Renaud, il faut garder espoir. Il va se réveiller, dans quelques heures il sera de nouveau parmi nous, il se lèvera, il marchera et sera à nos côtés…

Mais rien que l’idée de le voir bien réveillé, vivant, souriant… Assis derrière son bureau… Me parlant ou… Dormant dans mon fauteuil… Ou…

C’était trop dur d’imaginer cela et doucement en ayant ces pensées, je ne pu m’empêcher de me mettre à pleurer.

- Et bien, lâcha Kim, c’est bien la peine de nous dire de garder espoir et de pleurer juste après.

Sa mère lui envoya un regard qui lui intima le silence.

Mais c’était comme si sa réflexion ne m’avait pas atteint car les larmes continuèrent de couler abondamment sur mes joues. Les images de ce matin même dans la chambre et de la veille au soir où David était arrivé chez moi vers 23 heures pour tout m’expliquer et s’excuser, les paroles qu’il avait prononcé, tout, défilaient à présent sans cesse dans mon esprit. Et je ne pouvais m’empêcher de pleurer en les réentendant résonner dans mon esprit.

Je cru d’ailleurs entendre d’autres pleurs mais je ne su de qui il venait. Je présumai qu’ils venaient de Laura mais je n’en étais pas certaine. Je senti alors une main entourer mon épaule et essayer de me consoler. Mais cela ne fit qu’amplifier mes larmes.

- Lisa, calmez-vous, il faut rester forte. Pensez à David. Calmez-vous, tout va rentrer dans l’ordre.

Je pleurai à présent sur l’épaule de Renaud qui essayait de me réconforter mais qui en avait bien du mal, car lui aussi ne savait pas si garder espoir suffirait.

chapitre 12
17 Fév 2008 

Chapitre 12 

Souvenirs, souvenirs


Une main me secoua l’épaule et je me réveillai. Je levai la tête et me trouvai assise sur une des chaises du couloir. La main qui m’avait réveillé était celle de Laura qui était assise à côté de moi. Renaud était toujours là, appuyé contre le mur en face de moi, Frédéric l’était également. Et Kim, à côté de sa mère, de l’autre côté. J’avais dû m’endormir. Je me demandai combien de temps nous étions à attendre.

- Qu’est-ce qui se passe ? Demandai-je.

Laura fit un signe de tête en désignant quelque chose par derrière.

- C’est le docteur qui arrive.

Je tournai la tête et voyant qu’elle avait raison, je me levai brusquement. Laura et Kim faisaient de même tandis que Frédéric allait déjà à la rencontre du docteur. Nous l’imitâmes et je m’arrêtai derrière lui, laissant Laura et Kim passer devant moi. Renaud s’arrêta à mes côtés… Et resta silencieux. Moi aussi.

- Docteur, vous avez des nouvelles ? Fut la première question de Frédéric au médecin.

- Nous avons eu les résultats des analyses que nous avons effectuées.

« Encore heureux, » pensai-je, « avec le temps qu’ils ont mis ».

- Et ?

- Et, votre fils souffre d’une fracture de la jambe qui avec un plâtre et du repos au calme pourra guérir, quelques contusions mais qui ne paraîtront plus dans quelques semaines. Mais votre fils a également reçu un choc à la tête.

Nous étions tous pendus à ses paroles.

Et moi, je n’aimais pas la façon dont il avait prononcé le « mais ». Il m’inquiétait.

« Qu’est-ce qu’il a à attendre comme ça ? Pourquoi ne se dépêche t-il pas de parler ? » Pensai-je anxieusement. « Il le fait exprès ou quoi ? »

- Votre fils a reçu un choc à la tête, sans doute dû au choc sur le capot ou le sol, nous attendons encore des analyses complémentaires…

« Mais il le fais exprès ou quoi ?!!! »

- … Et, continua t-il enfin, il risque de ne pas se souvenir de tout lorsque, lorsqu’il se réveillera.

« Il risque de ne pas se souvenir de tout à son réveil ? Il ne pourrait pas s’exprimer mieux au lieu de… Au lieu de parler à demi-mot ? Non ?»

Il y eut un instant de silence puis Frédéric demanda lentement :

- Vous essayez de nous dire que… David est amnésique, c’est ça ?

Le docteur acquiesça lentement. Comme s’il cherchait, pensai-je, à ce que nous saisissions bien ce geste et que nous le gravions dans notre mémoire. Il joue avec nous ou quoi ?

- Rassurez-vous, la lésion n’est que superficielle, l’amnésie n’aura donc que des effets passagers, aussi ce n’est pas définitif. Mais il faudra être patient.

« Amnésique ?... Amn… Amné quoi Lisa ?... Non ce n’est pas possible ?... Il a tout oublié ? Vraiment tout ? Il… Ne souviendra de rien ? De… De moi ? De… Ses parents, sa vie d’avant… Il a tout oublié ? Non impossible, Lisa tu as dû mal comprendre.»

- Est-ce que, demanda Laura, vous savez le temps que sa mémoire prendra pour lui revenir ?

Le docteur secoua la tête.

« Lisa ? Tu ne rêves donc pas ?... Un rêve ? Non ce n’est pas un rêve, c’est un cauchemar ! Lisa tu vas te réveiller, tu seras dans ton lit, David sera devant toi, il te sourira, te parlera, … Te, te rassurera…».

- Mais je vous répète que pour mesurer l’étendue de son amnésie temporaire, il faut attendre son réveil.

Il avait plus particulièrement insisté sur le mot « temporaire », comme s’il avait voulu nous rassurer et nous rappeler que ce n’était pas définitif. Quelle consolation !!!

- … Et dès lors, nous pourrons dire plus exactement, combien de temps il lui faudra pour retrouver sa mémoire.

«… Te rassurera, se confiera à toi, te parlera, et vous rigolerez ensemble, vous… »

Je cru me sentir défaillir.

« … Il te répètera que tu es la seule à le comprendre, que… Il te dira qu’il n’a jamais connu quelqu’un comme toi, que tu es la seule en qui il a vraiment confiance… ».

Je senti mes jambes trembler sous moi. La voix du docteur semblait s’éloigner peu à peu.

« … Que c’est avec toi qu’il se sent le mieux, qu’avec personne d’autre il ne se sent mieux qu’avec toi, qu’il sera toujours là pour toi et que… Et que…».

Je m’évanouie.

Avant de toucher le sol, deux mains me retinrent. Je ne les sentis pas car j’avais déjà perdue connaissance.

Chapitre 13
17 Fév 2008 

Chapitre 13

Réflexion de la conscience
 

Lorsque je rouvris les yeux, la première chose que je vis fut une touffe de cheveux noirs frisés et une paire d’yeux noirs et inquiets qui me regardait.

- Ca va mieux Lisa ? demanda la voix à qui appartenait les cheveux noirs.

J’essayai de me relever d’une main maladroite et une fois assise, je m’aperçu qu’on m’avait allongée sur les trois sièges dans le couloir.

- J’ai fais un horrible rêve, dis-je, c’était horrible, David avait eu un accident et il était amnésique…

Je me rendis compte de l’air mal à l’aise avec lequel Renaud me regarda, et je me demandai si tout ceci n’était réellement qu’un rêve.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Demandai-je soucieuse.

- Lisa, ce… Enfin ce n’était pas qu’un rêve…

- … David a réellement eu un accident ?

Renaud acquiesça.

- Et il est également amnésique, même si d’après le médecin, ce n’est que temporaire.

De nouveau j’en perdis ma voix.

- Et, pourquoi je suis allongée sur ces bancs ?

- Je suppose que cela vient de l’annonce du médecin. Vous vous êtes évanouie. Déjà quand vous êtes arrivée dans mon bureau tout à l’heure vous étiez très pâle, et l’annonce de l’amnésie de David vous a sans doute remis un coup.

« Je me suis évanouie ?... Oui, maintenant je crois me souvenir que je ne me sentais pas très bien lorsque le médecin nous a annoncé la nouvelle de l’amnésie de David ».

Je me levai, fit quelques pas dans le couloir sous le regard de Renaud…

« David, amnésique », pensai-je, songeuse.

Ces mots paraissaient encore tellement irréels lorsque je m’entendais les prononcer.

Je me retournai de nouveau vers Renaud et les Seidel.

- Donc, David est amnésique.

Tous ne purent qu’acquiescer. J’avais prononcé ces mots à voix haute pour essayer de me convaincre qu’ils étaient vraiment réels, mais ils ne me parurent pas moins irréels. Au contraire.

- Mais le médecin a dit qu’il fallait attendre son réveil pour établir vraiment où en est sa mémoire, ajouta Laura.

- A quoi ça sert puisqu’on sait déjà qu’il est amnésique, qu’il ne se souvient de rien.

- Certains éléments ont pu lui rester mais pas dans l’ordre. Nous avons une mémoire sélective,  comme le docteur l’a dit, il a pu donc oublié certaines choses et en conserver d’autres.

- Comme apprendre à compter ? Demandai-je.

- Le médecin a dit que ce n’était pas cette mémoire qui avait souffert. Plutôt, ses souvenirs. Il a pu en oublié certains, d’autres ont pu se mélanger avec d’autres, il va falloir les lui faire s’en ressouvenir… Avec de la patience. Ca peut prendre un mois comme… Des années.

« Un mois comme… Des années ? »

Je me demandai ce qu’il avait pu oublié et ce dont il se souvenait et soudain je pensai.

« Et si à son réveil, il pensait toujours être avec Mariella ? Cela lui ferait un double choc d’apprendre à nouveau que leur histoire est terminée. Et si cette fois, il ne supportait pas la révélation. Je pris la décision de ne pas le lâcher d’une semelle dans le cas où cette double révélation le mettait de nouveau au plus mal. Est-ce qu’il me demanderait des explications sur les raisons de sa rupture ? Qu’est-ce que je devrais lui dire ? En tous cas, il faudra faire attention à ce que je lui dirai si jamais il me pose des questions. »

- Mais pour le moment, il faut attendre son réveil, ajouta Kim comme pour elle-même.

Je l’avais entendu même si elle avait parlé très bas et j’acquiesçai silencieusement.

« Oui, il va falloir attendre. Lisa ne fais pas pour le moment trop d’hypothèses, avant de savoir vraiment ce qu’il a oublié ».

Mais je ne pu m’empêcher de nouveau de me poser quantités de questions.

« Et s’il avait oublié tous nos moments ensemble ? Tous nos moments de confidence ? Si ça se trouve il m’a complètement oublié ?... Ou encore… »

Je ne savais plus que penser… Et soudainement je me laissai aller que peut-être…

« … Et s’il croyait en se réveillant que son histoire n’avait pas été avec Mariella mais avec moi ?... Non Lisa c’est n’importe quoi. David, qu’importe son état ne pourra jamais te confondre avec Mariella. Jamais. Mais si c’était le cas, qu’est-ce que je lui répondrai ? Qu’est-ce que je lui dirai ? La vérité bien entendue Lisa, que veux-tu lui dire d’autre ? Oui David nous sommes effectivement ensemble. Non, je ne pourrai pas, vis-à-vis de moi et de lui. Lui mentir, me mentir ? Impossible. Mais ce serait tellement dur, moi qui rêve effectivement qu’on soit ensemble depuis la première fois où je l’ai vu… Lisa réfléchis voyons, ce que tu lui diras est simple. Vous êtes amis oui ou non ? Alors, s’il a oublié ça aussi, c’est ce qu’il faut lui rappeler et rien d’autre… Il est ton ami, tu es son ami, et s’il est vrai que les débuts ont été difficiles, vous êtes à présent très bons amis. Rien d’autre n’est à dire que cela ».

- Lisa, Lisa ?

De très loin dans mes réflexions, j’entendis une voix se frayer un chemin.

- A quoi pensez-vous ? Me demanda Renaud lorsque je sortis de mes pensées.

- A rien… Enfin si, je pensai simplement a ce que David a pu oublié.

Renaud me considéra un instant et lentement me dit d’une voix de confidence que moi seule pu entendre.

- Ne vous inquiétez pas Lisa, je suis sûr qu’il ne vous a pas oublié.

J’ouvrai de grands yeux devant ses propos, un peu surprise.

- Comment savez-vous que…

- Ce n’est pas difficile Lisa. Votre pensée est comme un livre ouvert.

Je le regardai tout aussi déconfit.

- Et puis, comment pourrait-on vous oublier ? Réfléchissez, pensez-vous que David a pu réellement vous oublier, même s’il est amnésique ?

- Je, je ne sais pas.

Renaud accentua son regard pour me pousser un peu mieux à réfléchir.

- Réfléchissez avec ça, ajouta t-il en posant une main à gauche de sa poitrine.

- Je ne sais pas, peut-être…

Puis une petite voix revint de nouveau me voir.

« Lisa, Renaud a raison, penses-tu réellement que David t’oublierai ? Même si l’amnésie se mettait entre vous ?... ».

Je restai silencieuse un long moment pendant lequel Renaud parut satisfait et penser que je prenais la bonne décision. Je sortis de mes pensées et lui répondis à voix basse et assurée.

- Vous avez raison Renaud. »

« J’ai toujours su qu’il y avait quelque chose entre nous, comme un lien invisible qui nous unissait, et ce malgré la distance qui nous sépare. Et je sens qu'il ne m'a pas oublié… Ce lien a résisté à son accident, je le sais ».

Je restai silencieuse un moment. Pourtant au moment où Renaud s’éloignait, je pris encore la parole en m’adressant à lui.

- Attendez Renaud…

Il se retourna et me regarda, attendant que je continue.

- Ce que vous avez dit… Que ma pensée est comme un livre ouvert. Qu’est-ce que… Qu’est-ce que vous voulez dire par là ?... Que n’importe qui peut deviner mes pensées ?

Renaud eut un petit sourire en coin et répondit :

- Ce que je voulais dire ? En quelque sorte oui, que n'importe qui peut deviner vos pensées. Mais à condition de savoir où chercher.

Il se retourna, il n’avait apparemment pas envie de s’expliquer plus amplement. Je ne le retins pas car j’étais de nouveau plongée dans mes réflexions à méditer ce qu’il venait de me dire.

«  Savoir où chercher ?... J’aurai mieux fait de m’abstenir de le questionner, il m’a encore plus embrouillée avec sa réponse. Qu’est-ce que ça veut dire, savoir où chercher ? Est-ce que ça veut dire qu’il sait lui où chercher, qu’il sait à quoi je pense ?!... Et s’il, et s’il avait deviné que j’éprouvai pour David certains types de sentiments ??!!!».

Je regardai de loin le prodige de la publicité et alors qu’il tournait la tête vers moi, je détournai tout à coup les yeux pour regarder ailleurs, comme s’il avait pu lire dans mon regard.

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ses trop bien

27/06/2008 @ 10:41:26
par davidlisa080493


j'adore

27/06/2008 @ 10:37:36
par davidlisa080493


il est trop bien

17/02/2008 @ 17:16:51
par davidlisa080493


j'adore ses trop bien

17/02/2008 @ 17:15:29
par davidlisa080493


coucou ta presentation est très bien presenté ...

03/02/2008 @ 17:37:40
par lilas


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