Chapitre 14
17 Fév 2008 

Chapitre 14

Une longue attente…


Nous attendions tous les cinq depuis bien des heures à présent. Je n’aurai su dire le nombre exactement car j’avais perdu toute notion de temps dès l’instant où j’avais appris pour l’accident de David. Je ne m’occupai guère d’ailleurs de me renseigner sur l’heure qu’il était. J’attendais, j’attendais dans le couloir, j’attendais encore et toujours. De même pour les Seidel et pour Renaud. Ceux-ci patientaient et ne paraissaient s’occuper en rien du temps eux non plus. Dans une inquiétude silencieuse, nous avions peur que l’absence du docteur que nous n’avions pas vu depuis des heures depuis la dernière fois, fut de mauvais augure. Une ou deux fois, ne voyant plus aucun signe du médecin, Renaud s’était éloigné pour essayer de le trouver mais étant revenu bredouille, il s’était installé contre l’un des murs et n’avait plus bouger jusqu’à ce que au bout du couloir on entende des bruits de pas.

Je relevai brièvement la tête juste à temps pour voir la silhouette de Mariella approcher à grands pas. Personne ne bougea jusqu’à ce qu’elle s’arrête près de nous. Elle ne parla pas tout de suite puis demanda d’une voix un peu fébrile mais avec une note d’espoir comme si elle aurait voulu qu’on démentisse ce qu’elle allait dire.

- Alors, c’est vrai ?

Mais Laura acquiesça –contre ses espérances- et lui raconta de nouveau ce qu’ils nous avaient dit à moi et à Renaud lorsque nous étions arrivés, puis ce que le docteur nous avait dit. Je n’écoutai pas ce qui se disait. Ou à peine. Je ne su donc pas quelle fut la réaction de Mariella, sinon qu’elle lâcha un : « Oh mon dieu » horrifié. Je m’étais rassise sur l’une des chaises et reposa ma tête sur mes mains. Je refermai les yeux et persévérai dans ma lente et patiente attente.


Quelques heures supplémentaires passèrent et vinrent rejoindre toutes celles déjà écoulées. Le soir arriva lorsque quelqu’un prit la parole.

- Je vais rentrer, ça ne sert à rien d’attendre à ne rien faire. Ca n’aidera pas David.

C’était le père de David qui avait parlé. Dans un sens il avait raison, ce n’était pas en restant ici que son fils allait revenir parmi nous. Il pouvait partir, mais moi je savais que j’allai rester. Je n’aurai de toute façon pas pu manger, encore moins dormir.

Laura se leva ainsi que Kim.

- Je vais rentrer avec toi, lui dit sa femme. Lisa vous restez ?

- Moi aussi, ajouta Kim. Je vais vous accompagner.

A la question de Laura, je fis signe que oui.

- Je n’arriverai pas de toute façon à dormir. Autant que je reste ici.

Elle fit un signe de tête, signe qu’elle comprenait et reprit :

- S’il y a le moindre signe…

- .Je vous préviens immédiatement, soyez tranquille.

Les Seidel partirent, de même pour Mariella qui s’en alla peu après m’avoir entendu lui dire elle aussi qu’au moindre signe, je l’appellerai puis je me retrouvai seule avec Renaud à attendre dans le couloir. Nous nous trouvions d’une distance l’un de l’autre de quatre mètres, la largeur du couloir en fait. Je sentais parfois son regard passer sur moi et j’eus l’impression qu’il s’inquiétait de me voir attendre avec tant d’acharnement l’espoir que nous attendions tous. De me voir attendre inlassablement que celui-ci daigne enfin se montrer. Il devait croire lui aussi que ça ne servait à rien d’attendre à ne rien faire ici alors que nous ignorions combien de temps ça pouvait durer, alors que nous ignorions quand David se réveillerait. Mais il pouvait rentrer lui aussi, il n’était pas obligé de rester avec moi dans cette longue et pénible attente. C’est vrai, il était bien sympa, mais je pouvais faire des choses un peu toute seule, je n’allai pas de nouveau m’évanouir. D’un autre côté, j’appréciai plus ou moins qu’il ne veuille pas me laisser toute seule à attendre. Mais il n’était pas obligé de se forcer à me tenir compagnie. Surtout que dans mon état immobile, silencieux et anxieux, je ne devais pas être d’une compagnie très marrante.

- Vous pouvez partir vous aussi Renaud, je vous appellerai s’il y a quelque chose de nouveau.

Il ne répondit pas tout de suite, semblant comprendre que sa présence me dérangeait. J’ajoutai aussitôt pour le détromper :

- Enfin, je dis ça pour vous bien sûr, pas pour moi.

A vrai dire, j’avais un peu envie d’être seule.

Je paru l’avoir rassuré sur ce qu’il pensait. Il acquiesça et me répondit :

- Vous devriez rentrer vous aussi, ça ne peut que vous faire du bien de vous retrouver chez vous, je veux dire en-dehors d’un hôpital. Vous voulez que je vous apporte quelque chose à manger ?

- Merci à vous Renaud mais je crois que c’est mieux que je reste. Je ne pourrai pas rentrer chez moi et je pourrai encore moins manger, mais merci encore. Je préfère attendre et être sûre d’être prévenue au premier changement de situation.

- Vous êtes vraiment sûre ?

J’acquiesçai.

Il était vraiment gentil mais j’avais parfois envie d’être seule.

- Oui, rentrez chez vous, ne vous inquiétez pas, c’est même vous qui nous avez dit qu’il fallait garder espoir. Demain sera un autre jour, peut-être apportera t-il cet espoir tant attendu ?

Renaud parut convaincu.

- Espérons effectivement que demain l’apporte cet espoir. A demain Lisa.

Puis je me retrouvai seule au beau milieu du couloir de l’hôpital, devant la chambre de David. La 404.

Je gardai mon regard fixé sur le panneau blanc qu’était la porte de sa chambre jusqu’à ce que je comprenne réellement la véritable raison du pourquoi j’avais voulu rester seule. Je laissai venir cette idée à moi, la repoussai une ou deux fois, m’interdis d’y penser mais je compris vite que je n’arriverai pas à m’empêcher d’y songer. Je jetai des regards à droite et à gauche et lorsque j’entendis des bruits de pas venir sur ma droite et que regardant ma montre je vis qu’il était l’heure de la fermeture de l’hôpital, je ressentis l’envie de me cacher pour qu’on ne me trouve pas, de me cacher pour pouvoir rester toute la nuit auprès de David, même si une mince cloison nous séparait l’un de l’autre. J’entendis de nouveau la voix de la raison me chuchoter.

« L’hôpital va fermer Lisa, ce n’est pas raisonnable, rentre chez toi, ça ne sert à rien de rester plus, tu reviendras demain mais rentre chez toi pour ce soir. Comme les Seidel, comme Mariella, comme Renaud. Pourquoi veux-tu rester en sachant que tu ne feras rien de plus ? ».

Je me levai, m’apprêtant à écouter raisonnablement ce judicieux conseil venant de ma conscience. Puis j’entendis la voix de Renaud résonner de nouveau dans mon esprit : « - Réfléchissez avec ça », et je revis sa main se poser sur le côté gauche de sa poitrine. Sur son cœur. Sans y penser, je portai également ma main à cet endroit et pensai. « Non je ne veux pas rentrer, je ne peux pas. Je dois rester, je ne peux pas l’abandonner. Je sais que ça n’avancera à rien mais je ne peux pas ».

Du plus profond de mes pensées, j’entendis alors se rapprocher les bruits de pas d’un infirmier. Il devait passer dans les couloirs pour vérifier s’il n’y avait plus personne, ou alors, était-ce un infirmier de garde ? Je ne pris pas la peine d’attendre de connaître la réponse car ma décision était déjà prise. Je retournai quelques pas en arrière, posai la main sur la poignée de porte appartenant à la chambre numéro 404 et doucement, je l’ouvrai. Aussi silencieusement possible, je rentrai dans la chambre et refermai la porte derrière moi. Puis je restai silencieuse, sans un mot, sans même oser une pensée, contre le battant. J’entendis les pas de l’infirmier passer dans le couloir, puis devant la chambre, la dépasser et s’éloigner. Ce ne fut qu’à se moment où je fus certaine qu’il était parti et que j’étais réellement seule, que j’osai ouvrir les yeux, penser et respirer à nouveau.

 

Lorsque les Seidel rentrèrent chez eux ce soir-là, leur grande maison était plus que silencieuse et aucun d’entre eux ne purent dire ou faire quelque chose afin de l’égayer un peu. Ne sachant que dire ou que faire et n’ayant aucunement faim, ils déclinèrent l’offre de Gabrielle qui leur avais préparé un délicieux repas et montèrent se coucher. Ils auraient voulu la mettre au courant pour David, mais la force leur manquait pour évoquer de nouveau les évènements de la journée ; La nuit porterait sûrement conseil et apporterait le courage nécessaire. Gabrielle s’effaça de la salle sans un autre mot, ne comprenant pas pourquoi ils avaient l’air si anxieux. Elle retourna dans la cuisine et mis tout ce qu’elle avait préparé au frais dans le frigo. Le silence dans la maison après son départ retourna au calme complet.

Dans l’appartement de Renaud régnait également un calme inhabituel. Il y avait habituellement le bruit de fond de la radio qui diffusait un air de musique mais cette fois-ci elle était éteinte et le jeune homme s’était endormi à même le canapé, sans même avoir pu se rendre à sa chambre. Il avait gardé sur son front, même en dormant, une ride d’anxiété barrait son front qui laissait montrer à quel point il était inquiet.

Chapitre 15
17 Fév 2008 

Chapitre 15

Sur son lit d’hôpital…

(…)

J’entendis les pas de l’infirmier passer dans le couloir, puis devant la chambre, la dépasser et s’éloigner. Ce ne fut qu’à ce moment où je fus certaine qu’il était parti et que j’étais réellement seule, que j’osai ouvrir les yeux, penser et respirer à nouveau.


Je n’arrivai toujours pas à croire que j’étais dans la chambre d’hôpital de David. Je tremblai tellement il y avait à peine vingt secondes que j’avais pensé que l’infirmier m’aurait vu –avec la chance que j’avais- ou alors qu’il aurait jeté un coup d’œil dans chaque chambre pour vérifier que tout allait bien, mais non il était passé sans se douter qu’il y avait encore une visiteuse à la fermeture de l’hôpital et que cette visiteuse s’était infiltrée dans l’une des chambres, incognito. C’était bien une des seules fois où j’avais autant de chance. Enfin, j’avais réussi et c’était le plus important. Mais j’ignorai pourquoi, je n’osai avancer plus. Pourquoi donc, m’interrogeai-je ?... Je me mis à réfléchir… J’avais peur quand m’approchant je m’aperçoive que David ne respirait plus, de voir avec stupeur que son âme quittait peu à peu son corps alors que je me trouvais à cinq mètres de lui. Ce serait le plus horrible que d’être dans la même pièce et le voir mourir sans pouvoir rien faire… Non, bien sûr Lisa, si cela se produisait il faudrait que tu sortes de la chambre en courant de toutes tes forces et que tu ailles chercher le premier médecin de garde que tu croiseras, et peu importe s’il savait à présent que tu t’étais laissée enfermer volontairement dans l’hôpital ! Au moins tu auras l’alibi de les avoir prévenu, qu’un de leur patient avait besoin de soin, le plus vite possible… Mais s’ils arrivaient trop tard ?... Comme d’habitude Lisa, tu es train de t’imaginer un tas de choses qui ne se produiront sans doute pas… Oui d’accord peut-être, mais ce n’est pas ma faute si je m’inquiète quand la vie de David est en danger ? Si ? …

Dans l’obscurité de la chambre 404, je m’approchai lentement. Je pouvais voir les lumières vertes et clignotantes qui oscillaient sur la machine reproduisant les battements du cœur de la personne à laquelle elle était branchée. Les lumières renvoyaient de petits faisceaux de lumière au plafond et diffusaient ainsi une lueur dans la pièce qui me permit de mieux voir David. Il était tranquille, paraissait dormir, sa poitrine se soulevait et se rabaissait au rythme d’une respiration lente, très lente, comme si sa respiration elle-même était au ralenti, telle la vie qui était en lui. Et les mots que je n’avais pas voulu comprendre au départ me revinrent aussi vivement en mémoire qu’ils me firent revenir les larmes aux yeux.

David est dans le coma. Il est dans le coma.

Et voir les fils qui le reliaient à la machine, lui voir tous ses trucs sur le corps qui le tenait relier à cette machine me parut presque insupportable. Ces fils semblaient ne plus être que le seul lien qu’il avait avec la vie. J’avais l’impression que si jamais un des fils se débranchaient, David serait perdu, que plus personne ne pourrait rien pour lui, que lui-même ne pourrait plus lutter contre la mort, qu’il s’éloignerait, qu’il serait là où je n’avais encore jamais été, que plus jamais je ne pourrai le voir me sourire ou me regarder. J’avais été folle de penser que d’entrer ici me permettrait de me rassurer. C’était tout le contraire. J’étais encore plus inquiète.

Malgré l’inquiétude qui me nouait l’estomac, je m’approchai et m’arrêtai près de son lit.

Je le parcourai du regard en m’arrêtant de nouveau sur tous ces machins qu’il avait sur le corps. Je levai le regard vers la machine qui indiquait les pulsations de son cœur. Celle-ci indiquait qu’il battait à 65 battements par minute. Je ne savais pas si c’était normal. Je pense simplement que c’était normal qu’il soit au ralenti. Après tout, c’était comme si… Comme s’il se permettait une pause, pas un arrêt mais une pause. Seulement une pause. Il somnolait… A ces mots, je me remis à pleurer et mes sanglots se noyèrent dans mes appels silencieux. Je l’appelai à voix basse, d’une voix suppliante. J’avais entendu que les personnes dans le coma entendaient quand on leur parlait. J’espérai qu’il m’entendait. Je me laissai tomber sur la chaise qui se situait derrière moi et restai longtemps ainsi à sangloter la main posée sur le bord du lit pour me retenir de tomber à même le sol. Au bout d’un moment, j’essayai de me contrôler et j’essuyai les larmes qui inondaient mon visage. Je relevai la tête et regardai de nouveau, l’ange de mon cœur dormir tranquillement sur son lit de draps blancs, sans soupçonner un instant de ce qui se passait. Tranquille, les yeux clos, la respiration lente. Si tranquille. Je voulais qu’il se lève, qu’il ouvre les yeux, qu’il me parle, qu’il me dise quelque chose… N’importe quoi…

Je parlai alors, et ma voix raisonnant dans le silence de la pièce, me parut presque fantomatique, noyée par les sanglots.

« David s’il te plaît, tu ne peux pas nous laisser, tu ne peux nous faire ça… Tu dois te battre pour toi, pour nous, pour… pour moi. Tu n’as pas le droit de m’abandonner David, tu entends ?... Tu ne dois pas me quitter ».

D’une main tremblante, j’approchai une main moite par les larmes que j’avais versées et essuyées, je pris la sienne à plat à côté de lui sur le drap, la serrai fort pour lui montrer que j’étais là, s’il sentait une présence à ses côtés, et pour lui témoigner et lui donner toute la force dont il avait besoin, et que je désirai ardemment lui donner. De tout mon cœur et la profondeur de mes sentiments. C’était à ce moment, tout ce que je voulais. Rien d’autre n’avait d’importance.

« David s’il te plaît,… J’ai besoin de toi… ».

Tenant toujours sa main serrée dans la mienne, je posai ma tête sur le lit et me laissai envahir par le sommeil. Avant de m’endormir cependant, je murmurai un nouveau : « J’ai besoin de toi » perceptible que si on tendait l’oreille. Mais je ne m’en aperçu pas car je dormais déjà, fatiguée d’avoir tant pleuré mon désespoir.

« Je rêve
Que t'es peut-être déjà ici
Que ton visage me sourit
Et que tes lèvres me disent oui


Un sourire peu à peu se dessina sur mes lèvres. Timide.


Oh je rêve
Aux mots d'amour que tu me dis
A des enfants qui ont grandi
A des silences qui font du bruit


Mal de toi
Quand tout est partout pareil
J'sais pas où t'es mais j'appelle
Quand tous les loups se rassemblent
Dans ma tête et moi je tremble
Tellement j'ai le mal de toi »


Une larme s’écrasa sur ma joue et alla maculer le drap blanc. Une autre tomba sur la main qui tenait celle de David, glissa sur sa surface pour continuer sur la sienne.


Chapitre 16
20 Mar 2008 
Chapitre 16

La joie d’être vivant


Une main secouait mon épaule.
- Mademoiselle ?
Et une voix m’appelait.
Je sortis de mon inconscience et ouvris les yeux. Mon regard se dirigea tout d’abord vers la fenêtre et le jour dehors que l’on voyait se lever. Mes yeux tournèrent ensuite et se posèrent sur une jeune femme en blouse blanche à mes côtés qui paraissait surprise de m’avoir découverte dans la chambre dès l’ouverture de l’hôpital. Elle sembla soupçonner que je m’étais fait enfermer exprès la veille au soir.
- Vous êtes restée toute la nuit ?
Je ne savais pas quoi lui répondre sur le coup mais je décidai de lui dire la vérité.
- Oui enfin non, je suis venue le voir hier après-midi et je me suis endormie en ignorant l’heure qu’il était… Et je me suis laissée enfermer pour la nuit.
Enfin, presque la vérité.
L’infirmière parut douter sur ce que je lui disais mais elle finit par hocher la tête, signifiant qu’elle me comprenait.
- C’est d’accord, ne vous inquiétez pas je vous crois, mais si jamais le médecin entre et vous trouve là, répondez que vous êtes arrivée ce matin à l’ouverture. Il est assez strict sur les périodes de visites et il ne tolère pas que l’on dépasse les horaires de visites.
J’acquiesçai et la laissai partir. Je me tournai vers David. Il dormait dans la même position que la veille quand j’étais entrée dans sa chambre, et portait sur son visage le même air serein et tranquille, immobile dans ses draps blancs. Je m’aperçu que je tenais toujours sa main dans la mienne. Je la libérai et me levai. Je jetai un coup d’œil sur la machine qui le reliait à la vie et indiquait le rythme des pulsations de son cœur. Je fus ravie de constater que ceux-ci ne s’étaient ni emballés ni ralentis et qu’ils étaient tout aussi réguliers. Je reportai un regard humide sur David qui dormait toujours d’un coma profond. J’essuyai mes yeux d’un revers de main et lui dit :
- Je vais y aller David. Je repasserai dans la journée… Rétablis-toi bien.
Je me baissai vers lui et l’embrassai sur le front.
Sur ces derniers mots et ce baiser d’au revoir, je m’éloignai à reculons vers la porte de la chambre, ne voulant pas le quitter des yeux. J’accrochai la poignée par derrière et m’apprêta à l’ouvrir. Avec un dernier regard, je me retournai et sorti.
- Lisa ?
Je me figeai.
Lisa ? Tu viens de penser ton nom ? Ca devient grave ma p’tite Lisa, pensai-je ironiquement, tu as peur d’oublier comment tu t’appelles ? Et donc tu…
- Lisa c’est toi ?
Bien sûr que c’est moi Lisa. Je me figeai de nouveau à cet appel, à cette question, à cette voix. Mais Lisa, ce n’est pas toi qui viens de parler !!! C’est David. Da… David ?! Je fis lentement volte face. C’était bien David qui venait de parler ? Ou bien j’avais tellement espéré ce moment dans la journée d’hier que je l’imaginai toute seule me parler ?
- Lisa ?
Li… Li… Lisa ??? Da… David ?! David tu viens de me parler là ? C’est… C’est merveilleux !!! C’est un miracle, un… Un véritable miracle !!! J’ouvrai la bouche afin de parler, de lui répondre mais je ne pu prononcer un seul mot. J’ouvris la bouche puis la refermai et la rouvrais sans qu’aucune parole ne puissent sortir. Chaque mot que je pensai était aspiré dès l’instant où ils atteignaient ma pensée. Aspiré par la joie, le bonheur de sentir mon corps frémir à chaque mot prononcé par David.
- Oh, excusez-moi mademoiselle vous n’êtes pas celle que je croyais. Je pensai que… Vous savez où est Lisa ?
Je revins peu à peu de ma surprise et cette fois je répondis.
- Je… Je suis Lisa.
A ma réponse, le regard de David sembla se remplir de vie, de joie, se réchauffer comme un bloc de glace que l’on aurait mis près du feu. Mais au lieu de fondre, il reprenait vie.
- Je suis content que tu sois là, dit-il le regard illuminé.
Je savourai ce moment de son réveil. Que c’était bon, que c’était rassurant de le voir sourire de nouveau !!! Je n’avais jamais imaginé plus grande joie que de le voir me parler, de sentir son regard sur moi. Je sentis mon corps, si froid depuis hier, se réchauffer peu à peu, dire au revoir à l’hiver, et bonjour la vie !!! Je me sentais renaître !
Les mots peu à peu me revinrent et je réussi à lui demander.
- Tu, tu te souviens de mon nom ?
Je m’approchai de nouveau de son lit en même temps que je lui posai cette question.
- Bien sûr Lisa ! Comment pourrai-je t‘oublier ?
Tiens ça me rappelle quelque chose cette phrase… Renaud avait raison, il avait entièrement raison. Il a prononcé exactement la même phrase hier. Il avait raison.
- Pourquoi croyais-tu que je t’avais oublié ? S’enquit David.
- C’est le médecin qui nous a dit…
J’hésitai un instant. De tout façon il faudra le lui dire.
- Le médecin nous a dit que tu avais reçu un choc à la tête et que tu avais perdu la mémoire.
David parut surpris puis peu à peu son sourire s’effaça et son esprit se brouilla.
- Amnésique ?...
J’acquiesçai lentement puis lui demanda, le cœur battant :
- Tu te souviens de quelque chose ? Qu’as-tu oublié ?
Les sourcils froncés, il parut réfléchir puis il répondit lentement :
- Je n’en sais rien… Comment pourrai-je me souvenir de ce que j’ai oublié ?
- Désolée c’est moi qui suis bête, tu as raison comment tu pourrais te souvenir de ce dont tu as oublié…
Puis je repris :
- Donc, tu te souviens de moi.
-Oui, c’est même grâce à toi que j’ai réussi à me battre.
Je fus touchée par ces paroles, tellement que j’en perdis presque ce que je voulais dire.
- N’exagère pas David.
- Si je t’assure, il me semblait entendre ta voix, te sentir à côté de moi. Je ne sais pas si c’était vrai mais j’avais l’impression que tu étais là, tout hier soir. Chaque seconde, chaque minute, chaque heure de la journée d’hier, tu étais là avec moi.
- Ce qui n’est pas faux.
« Alors il m’a entendu lui parler hier soir ? »
David tourna un regard surpris vers moi.
- Qu’est-ce qui n’est pas faux ?
- Je suis restée là hier soir, dis-je presque en un murmure. En fait je… Je me suis endormie et la nuit est venue et…
David semblait au comble de la joie.
- C’est vrai ? Alors tu étais bien là ! Je le savais, je savais que tu étais là, je sentais une présence amie, une présence chère au travers du brouillard où je me trouvais.
Il avait dit amie ? Il avait dit amie ! Donc il n’avait pas oublié notre amitié. J’étais au moins rassurée sur une chose.
- Donc, reprenons, repris-je en contrôlant ma joie réelle, tu te souviens de moi c’est une chose. De quoi te souviens-tu sinon ? Je ne sais pas, il y a quelque chose de ta vie dont tu te rappelles. Tes parents ? Kim, Mariella ? Kerima ?
- Mariella ?
- Oui Mariella tu as bien compris, répondis-je avant de me rendre compte du malentendu. Attends, tu te souviens de Mariella ? C’était ta fiancée jusqu’à il y a peu, mais…
Comment je vais pouvoir lui expliquer cela sans lui faire un choc ?
- … Mariella et toi avez rencontré un architecte pour la construction de votre maison mais… Vous n’êtes plus ensemble parce que… Parce que… Elle et cet architecte sont tombés amoureux l’un de l’autre. Ca t’a fait sacré coup mais…
Je m’interrompis car je m’aperçu que David m’observait. Un regard qui me mis mal à l’aise.
Je regardai derrière moi, croyant qu’il regardait quelqu’un d’autre qui venait d’arriver. Mais il n’y avait personne.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Tu te souviens de Mariella et de tout ça ? Dis-je avec espoir.
David secoua la tête.
- Non je regrette, je suis désolé mais je ne m’en souviens pas.
J’essayai de rester positive.
- Ce n’est pas grave, ça va te revenir. Le médecin nous a dit que c’était une amnésie passagère et qu’avec du temps, la mémoire allait te revenir…
Je m’interrompis à nouveau car je me rendis compte que David avait le regard dans le vide. Je ne sais pas ce à quoi il pensait ou réfléchissait.
- Et on n’est plus ensemble alors ? Je veux dire avec… Mariella ?
Je secouai la tête.
- C’est bizarre.
- Oui, qu’est-ce qui est bizarre ? Lui demandai-je en pensant que quelque chose lui était revenue.
- Est-ce que… Comment on s’est connu ?
- Euh… Et bien en fait, je suis arrivée il y a plusieurs mois à Kerima pour le poste d’assistance de direction. Après le départ en retraite de ton père, c’est toi qui devenu le directeur de Kerima.
- Donc tu es devenue mon assistante ?
- … En fait, c’est plus compliqué que ça mais… Au début je n’ai pas été prise, j’ai fais mes débuts à la cafétéria… Mais le jour de mon arrivée il y a eu une présentation de la collection et… Tu as failli te noyer.
David sursauta à ces mots.
- J’étais la seule à t’avoir vu alors j’ai… J’ai sauté.
- Et tu m’as sauvé ?
- Oui. Tu t’en souviens ?
David secoua la tête.
- Non…
Il baissa la tête.
- Je suis désolé.
- Ne t’en fais pas, ça va te revenir.
- Tu veux bien continuer s’il te plaît ?
- Bien sûr. Donc je t’ai sauvé. Le lendemain cependant, quand les journalistes sont arrivés à Kerima pour te questionner sur cet incident, tu… Enfin, tu as annoncé à tous que c’était Sabrina qui t’avait sauvé.
- Et toi dans tout ça ?
- Moi ?
- Oui toi, me répondit-il en souriant.
- Moi je… Je me suis fait le plus petit possible.
Il parut ne pas comprendre cette réaction.
- Mais comment t’ai-je remercié dans ce cas ? demanda t-il avec espoir, pour sauvé ce qu’il pensait de lui.
- Et bien tu… Tu ne m’as pas remercié tout de suite. Mais, quelques temps plus tard, à la surprise de tous, tu m’as nommé ton assistante... Encore que, je pense que c’était pour que Mariella arrête de te harceler en te proposant Sabrina.
Je me tu lorsque je m’aperçu qu’il ne parlait plus.
- David ? Tu me suis ?
- Lisa, dit-il d’une voix faible.
- Oui ? M’inquiétai-je.
- D’après le portrait que tu fais de moi je,… J’étais vraiment comme ça ? Pourquoi je n’ai pas dit devant tout le monde, devant les journalistes que c’était toi qui m’avais sauvé ?
- …
- Lisa ?
- … Je... Tu étais, enfin peut-être, enfin ce que je veux dire c’est que tu étais en quelque sorte un peu…
Je ne savais pas comment le lui dire.
- Et bien, tu viens d’une famille aisée, ton père a crée une société de mode qui est à présent connu dans toute l’Allemagne probablement. Tu viens d’un monde où les apparences comptent beaucoup. Tu sais ce que c’est la mode, c’est la beauté, l’élégance…
- Où les apparences comptent avant tout ?... Mais j’ai changé, je ne suis pas resté comme au début, méprisant de toutes autres choses ?
Il semblait vraiment s’inquiéter de cette question.
- Oh oui tu as changé. Peu à peu on s’est rapproché et on est devenu amis.
- Vraiment ?
J’acquiesçai de nouveau.
- Amis comment ?
- Comment ça amis comment ?
- Je veux dire, amis simplement, bons amis, très bons amis ?
- Oh, bons amis. Très bons amis.
- Bons ou très bons ?
- Très bons.
Il fronça les sourcils.
- Pourquoi es-tu si gênée ?
- … Non pas du tout, ce n’est pas du tout ça.
- Ah bon ?
Il resta silencieux un moment puis après un moment de silence…
- Lisa j’ai… J’ai une impression…
Je l’écoutai attentivement, croyant qu’un souvenir lui était revenu.
- Je veux dire, Mariella, c’était vraiment sérieux ?
- …
Comment répondre à ça ?... Réfléchis Lisa, réfléchis.
- Et bien oui assez. Vous vous connaissiez depuis l’enfance et tout le monde pensait que vous étiez fait pour être ensemble.
- Je crois que ça ne pouvait pas marcher.
- Pourquoi donc ? Demandai-je surprise.
- Et bien parce que justement on se connaissait depuis l’enfance et c’était sans doute trop évident que nous soyons ensemble.
Je restai silencieuse.
- Oui peut-être…
Il réfléchit un instant et me demanda de nouveau.
- Je ne me souviens pas, est-ce que j’ai quelqu’un d’autre ?
- Quelqu’un d’autre ?
Il acquiesça. Je compris enfin.
- … Et bien non je ne crois pas.
Je me senti soudain de nouveau mal à l’aise au regard qu’il m’adressa.
- Tu veux savoir encore quelque chose ? Lui demandai-je.
- Non je… Merci Lisa ça ira.
Le sourire qu’il m’envoya me désarçonna et je cru que mes jambes allait défaillir.
- Sinon, qu’est-ce qui est arrivé pour que je me retrouve ici ?
Ravie de changer de sujet, je lui répondis.
- Tu as eu un accident de voiture… En traversant devant chez Kerima.
David resta songeur un long moment. Moment que je n’osai interrompre. Peut-être essayait-il de saisir, de se rappeler d’autres souvenirs.
Je n’en revenais toujours pas que le premier mot qu’il eut prononcé fut mon nom et qu’il ne se souvenait pas de Mariella alors qu’elle avait si longtemps compter pour lui. Etait-ce… Etait-ce un signe ?
- David !
Je me retournai pour voir entrer dans la chambre Laura suivi de Frédéric et Kim. Tous les trois se précipitèrent sur David. N’osant déranger ces retrouvailles, je laissai ma place et me reculai contre le mur blanc de la chambre. J’avais bien besoin de repos, d’un bon repos, une bonne journée au fond de mon lit. Avec tout ce qui s’était succédés ces derniers jours, je m’étonnai de tenir encore debout.

Chapitre 17
20 Mar 2008 
Chapitre 17

Réflexions intimes


A l'arrivée des parents de David je me suis donc retirée tout doucement. J'avais l'impression que si David m'avait vu partir, il m'aurait rappelé aussitôt, ne serait-ce pour me demander de revenir pour lui dire au revoir ou pour savoir quand est-ce que je revenais. Mais de mon côté, je voyais bien que mon travail s'arrêtait là. David s'était réveillé, j'avais essayé de l'interroger et de lui rappeler certaines choses qu'il avait oublié. Je ne pouvais sans doute rien faire d'autre. Et puis, je me sentie un peu obligée de les laisser en famille. Je n'avais pas ma place dans ces retrouvailles familiales même si, la première personne dont David s'était souvenu c'était moi.
Pendant le trajet du train, son bruit assourdi et ses chaos sur les rails aidèrent mes pensées à envahir de nouveau mon esprit et je repensai à tout ce que David venait de me dire.
Il se souvenait de moi en tant qu'amie, il m'avait dit que c'était grâce à moi qu'il s'était battu pour sa vie. Est-ce que cela voulait dire que s'il ne m'avait connu, il se serait laisser mourir ? Je n'osai penser à cette éventualité.
Horrible.
Rien que d'y penser, mon sang ne faisait qu'un tour et mon coeur s'emballait d'horreur.
Il m'avait également dit que tout le temps où il avait été plongé dans le coma, il avait senti ma présence à ses côtés, et en effet, j'étais réellement présente. Bon d'accord, j'avais toujours su qu'il y avait quelque chose entre nous, comme un lien invisible tissé entre nous deux. Mais jamais je n'aurai imaginé que celui-ci aurait pu combattre et gagner une course contre la mort ! C'était incroyable ! Plus fort que la mort? J'en tremblai réellement d'émotion. Julien ne m'avait jamais prise au sérieux quand j'avais évoqué ce lien. Je souris toute seule à cette idée. Et ensuite alors, de quoi se souvenait-il, ses parents étant arrivés je n'avais pas eu le temps de terminer de l'interroger et de lui rafraîchir la mémoire. Me résonnant, je me dis qu'ils allaient sans doute prendre le relai à leur tour. Pourtant je me figeai de nouveau. Et s'il leur disait que la personne qui l'avait fait combattre ce mal inconscient c'était moi et qu'il ne se souvenait pas de Mariella ? Comment sa famille réagirait-elle ?
Mais en y réfléchissant, je préférai ne pas savoir. Après tout ce n'était pas de ma faute s'il ne se souvenait pas de Mariella et si j'étais la première chose dont il se souvenait.
Une chose, tu es une chose Lisa c'est nouveau?... Non bien sûr que non, je voulais dire la première personne dont il se souvenait. C'est déjà mieux, je préfère.
Mais... Songeai-je avec effroi, qu'est-ce que tu es en train de penser Lisa ?
Des mois auparavant tu aurais préféré qu'il se souvienne de Mariella plutôt que de toi. Car après tout, c'était sa fiancée et où avais-tu ta place toi dans son coeur ?... A vrai dire, je l'ignore... Mais ça, c'était des mois auparavant ! Maintenant il n'est plus avec Mariella ! J'ai le droit de penser un peu à moi et de croire que je tiens une place un tout petit peu plus grande dans son coeur non ? Et puis après ce que Mariella lui a fait avec Laurent, je crois que je l'ai bien mérité cette place non ? En plus que j'ai toujours été là pour lui... Un souvenir d'un certain jour me revins alors comme je pensai à Mariella. Celui où je les avais surprise tous les deux dans la villa où David voulait passer le nouvel an avec elle. Pour le protéger je lui avais caché la vérité. Tu as lui a menti ! C'était pour le protéger !!!... Bon il est vrai que j'aurai pu lui dire la vérité, ne serait-ce que pour me venger du nombre de fois où au début il m'avait demandé de mentir pour lui à Mariella !!! Mais tu ne me connais pas encore? J'aurai été incapable de lui révéler sa relation avec Mariella sauf si j'avais été certaine qu'il n'aurait pas souffert. Ah oui, et toi, tu n'as pas souffert toi ? Des millions de fois !!! Tu ne te souviens plus des larmes que tu as versé ? Mais arrête un peu avec ça, ça ne compte pas, là David a failli mourir je te signale ! Oui et alors? Il n'en ai pas mort? Les larmes aux yeux, je pensai en retour : Mais qu'est-ce que tu peux être méchante à la fin !!! Mais l'autre reprit : Il n'est pas mort et tu sais pourquoi? Tu veux que je te le répète peut-être? Non je sais, c'est grâce à moi, merci j'étais là donc j'ai entendu. Oui grâce à toi. Tant qu'une personne qui est entre la vie et la mort a quelqu'un qui pense à lui ou à elle, il ne peut pas mourir. Tant que son souvenir persiste, tant qu'il se sent soutenu, il ne peut que trouver la force de se battre -ou alors c'est qu'il ne l'a plus lui-même-. Cette force il l'a trouvé en toi et il s'est battu Lisa !
Mais ce n'est pas une raison de dire « et alors, il n'en ai pas mort! » protestai-je. Il aurait pu...
Lisa, tu es en train de sous-estimer ce lien qui semble vous unifie.
Ah bon, pourtant tu ne semblais pas d'accord tout à l'heure pour dire que...
Je n'ai jamais dit ça... Non, je crois qu'il y a vraiment cette chose qui existe entre vous deux, je ne sais pas trop ce que c'est mais elle semble résister à tout. Même la mort. Non je suis quand même d'accord avec toi quand tu dis qu'il y a quelque chose entre vous deux, une sorte de lien invisible qui vous maintient relier, comme si... Comme si...
On vivait l'un par l'autre? ...
Non c'est ridicule, tout le monde peut vivre sans l'autre. Il suffit de s'y habituer, d'avoir assez de force pour cela. Non je ne sais vraiment pas ce que c'est. La voix reprit encore après un silence.
Mais tu sais quoi, je crois qu'il y a quelque chose de nouveau. Quelque chose de nouveau, né il y a de cela quelque heures.
Quoi? demandai-je aussitôt.
Je ne sais pas, tu le sais mieux que moi.
Mais toi aussi tu le sais, je te signale que tu es moi et que je suis toi. Tu es ma conscience, ma pensée !!!...
Ce qui ne veut pas dire que tu sais encore tout ce que ta conscience sait. Tu le sauras ne t'inquiète pas, tu le sauras.

Je sortis de mes profondes réflexions, un peu vexée. Je ne savais pas si je m'étais endormie et si tout ceci n'avait été qu'un rêve mais je décidai de ne pas trop m'interroger. Je risquerai d'en devenir folle, plaisantai-je en riant intérieurement. Mais c'était plutôt étrange. J'avais eu l'impression de dialoguer avec moi-même.
Jetant un regard par la fenêtre, je m'aperçus que mon train arrivait tout juste à mon arrêt. Je me levai, prenait mon sac tombé au sol, et sortie du wagon.

Chapitre 18
20 Mar 2008 
Chapitre 18

Dormir d’un bon sommeil…


Dans le vestibule de la maison, je laissai tomber mon sac près du portemanteau. Je n’entendis pas le bruit sourd qui s’en résulta lorsqu’il heurta le sol tellement je sentais à chaque seconde la fatigue m’envahir.
D’habitude à mon arrivée dans la maison, après une dure journée de travail, j’aurai été me préparer un bon chocolat chaud que j’aurai bu dans ma tasse préférée. Mais là je n’avais même plus la force de conduire mes pas jusqu’à la cuisine. Et même si je n’avais pas mangé depuis la veille au matin, je n’avais aucunement faim. Tout ce dont je rêvai, c’était de rentrer dans mon lit et dormir. Dormir, rattraper mon sommeil, me libérer de tout le stress accumulé depuis hier par une bonne nuit de sommeil. Du moins une bonne journée de sommeil puisqu’on était le matin et même le midi. La pendule n’allait pas tarder à sonner les douze coups. Je suis certaine que là, à l’instant où je parle, si je m’allongeai sur mon lit, je dormirai jusqu’au moins le repas du soir, si ce n’est pas la journée entière pour me réveiller le lendemain midi. Je soupirai d’aise à l’idée de retrouver mon lit. Etre bien au chaud sous ma couette.
Voilà un réel bonheur. Le meilleur que je puisse rêver en cette journée qui vient de commencer. Pour moi, c’était le début de ma nuit.
J’escaladai la première marche lorsque ma mère qui devait être dans la cuisine en train de préparer le repas du midi, entendit du bruit dans le salon et passa sa tête par l’huisserie de la porte.
- Lisa c’est toi ?
Je m’arrêtai un instant dans l’escalier en disant adieu pour le moment à mon lit que je voyais bizarrement s’éloigner de moi.
- Oui c’est moi maman.
- Alors, bonne journée ?...
Je sentis que sous cette question, se cachait une autre que ma mère brûlait de me poser mais dont elle s’abstenait de me demander. Pour le moment.
Je haussai les épaules.
- Il y a un problème au bureau ?... Tu n’es pas rentrée hier soir ? Ton père et moi, nous nous inquiétions un peu. Tu ne devrais pas travailler autant Lisa, pense un peu à toi. Regarde-toi, tu as l’air d’un zombie. (Les loosers vivants^^).
Merci maman, c’est exactement le mot qui convient.
Je lui souris et répondis.
- Non tout va bien au bureau il ne fallait pas vous inquiéter.
Puis je pensai que c’était vrai, qu’ils n’étaient pas au courant. Les appeler hier soir pour les prévenir que je ne rentrai pas m’étais complètement sorti de la tête. J’ajoutai après un silence :
- Il n’y a aucun problème au bureau… Le problème c’était David. Il a eu un accident en sortant de Kerima et j’ai passé l’après-midi et la nuit à l’hôpital.
Ma mère ne dit rien sur le coup croyant que c’était une blague. Mais voyant mon air grave et sachant que je ne plaisanterai jamais sur une telle chose, elle me demanda le plus inquiet du monde.
- Et comment va-t-il maintenant ? Si tu es rentrée, ça veut dire que ça va mieux … Non ?
J’acquiesçai.
- Il est sorti du coma ce matin. Je me suis laissé enfermée hier soir à l’hôpital et je me suis endormie. C’est à mon réveil, alors que je m’apprêtai à partir qu’il s’est réveillé. Enfin, je vais t’épargner toute l’histoire parce que je suis vraiment beaucoup fatiguée…
- Oui ça n’a pas dû être une partie de plaisir ces dernières heures. Va te coucher Lisa, je vais te mettre ton repas au frais et tu mangeras après t’être bien reposée. Du moins si tu le veux…
J’acquiesçai encore et sourit.
- Merci maman, c’est ce que je vais faire. J’allai justement me coucher. Je mangerai après.
Ma mère m’adressa un sourire réconfortant et me laissa reprendre mon chemin jusqu’à l’étage.

Je rentrai dans ma chambre et dès la porte refermée je m’effondrai sur mon lit. Mes yeux ne tardèrent pas à vouloir se fermer et je ne pu résister à leur désir d’un repos bien mérité. D’ailleurs j’aurai pu résister que je ne l’aurai pas voulu. Je dormais déjà avant d’avoir pu compter jusqu’à un.

… Mes pensées dérivèrent au gré des évènements qui s’étaient déroulés ces deux derniers jours… Et le rêve suivant prit possession de mon esprit…

J’étais assise dans le fauteuil dans mon bureau de Kerima. Il régnait une atmosphère étrange, c’était un rêve je sais et comme tout rêve c’est toujours plutôt étrange, mais là, c’était quand même une atmosphère réellement étrange. Je ne saurai mieux l’expliquer. J’étais simplement dans mon rêve et je le vivais tout simplement…

« Lisa tu m’entend ? ». Une voix en écho dans mon bureau répéta cette phrase plusieurs fois. Oh non, elle ne va pas encore me faire la morale celle-là ? Qu’est-ce que j’ai fais de mal cette fois ?...
« Lisa tu m’entends ? » reprit la voix… Sans que je m’en rende compte, les décors changèrent. On aurait dit qu’ils fondaient. Ils pâlirent à vue d’œil et je me trouvai entre des murs blancs. Ce n’était même pas des murs. Tout était simplement blanc autour de moi. J’eus l’impression de n’être nulle part, ni sur terre, ni dans le ciel, partout et nulle part… Je m’aperçu alors que je m’élevai, que je volai. Je regardai autour de moi pour constater avec stupeur que je volai effectivement et que j’étais bien quelque part dans un ciel. Je dis bien dans un ciel car je ne savais pas si c’était le ciel que je connaissais habituellement et dans lequel j’avais l’habitude de perdre mon regard en pensant à… Enfin passons. Je remarquai avec stupeur que je volai. Je pris peur car je cru soudain que j’allai tomber. Cependant, je pris rapidement conscience que je ne tomberai pas. Je ne m’étais jamais sentie aussi légère et la peur s’évapora à l’idée que cette sensation était fantastique. J’étais libre comme l’air –sans jeux de mots-, légère comme une plume portée par le vent. Je fermai les yeux et me laissai porter. Je senti une fine brise caresser mon visage…
« Lisa tu m’entends ? »
J’ouvris de nouveau mes yeux et perdit ma concentration en reconnaissant la voix qui m’appelait. Je fis une embardée et tourna sur moi-même… Je me concentrai de nouveau et me remis sur le chemin que je savais devoir suivre, inconsciemment. C’était étrange de savoir où aller sans vraiment le savoir.
« Lisa tu m’entends ? »
Cette fois je ne me déconcentrai pas. Mais je m’étonnai de ne pas avoir reconnu plus tôt cette voix. Suivant mon instinct, je su qu’il fallait que je descende à cet endroit même où je me trouvais. Je me laissai donc perdre de l’altitude et…
… Atterrissais tant bien que mal sur un sol dur. Je préfère l’indiquer tout de suite car on ne sait jamais si dans les rêves, tous les sols sont durs. Tant bien que mal signifiait bien entendu avec fracas. Ayant toujours de la même chance pour ces choses-là, j’atterris en me heurtant les genoux sur le sol. Réflexe qu’on a dès l’enfance, je pris appui sur mes mains et ne tomba donc pas la tête en avant. J’évitai la catastrophe de me casser le nez. Pourtant, une autre chose étrange, on n’a pas forcément mal de la même manière dans les rêves et dans la réalité. Et en effet, j’avais senti mes genoux heurter le sol mais je n’avais pas eu mal.

Je levai la tête pour voir que je me trouvai dans une forêt claire et lumineuse. Tout ressemblait à une vraie forêt et sur le moment, je ne me cru pas du tout dans un rêve. Plus du tout. On entendait même le chant des petits oiseaux et il faisait juste chaud. On devait être à la fin du printemps.

http://blog2b.hosting.dotgee.net/blog/wp-content/uploads/nature/foret.jpg

J’allai me lever lorsqu’une main se tendit vers moi pour m’aider à me relever. Juste devant mon visage.

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coucou ta presentation est très bien presenté ...

03/02/2008 @ 17:37:40
par lilas


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