Chapitre 14
Une longue attente…
Nous attendions tous les cinq depuis bien des heures à présent. Je n’aurai su dire le nombre exactement car j’avais perdu toute notion de temps dès l’instant où j’avais appris pour l’accident de David. Je ne m’occupai guère d’ailleurs de me renseigner sur l’heure qu’il était. J’attendais, j’attendais dans le couloir, j’attendais encore et toujours. De même pour les Seidel et pour Renaud. Ceux-ci patientaient et ne paraissaient s’occuper en rien du temps eux non plus. Dans une inquiétude silencieuse, nous avions peur que l’absence du docteur que nous n’avions pas vu depuis des heures depuis la dernière fois, fut de mauvais augure. Une ou deux fois, ne voyant plus aucun signe du médecin, Renaud s’était éloigné pour essayer de le trouver mais étant revenu bredouille, il s’était installé contre l’un des murs et n’avait plus bouger jusqu’à ce que au bout du couloir on entende des bruits de pas.
Je relevai brièvement la tête juste à temps pour voir la silhouette de Mariella approcher à grands pas. Personne ne bougea jusqu’à ce qu’elle s’arrête près de nous. Elle ne parla pas tout de suite puis demanda d’une voix un peu fébrile mais avec une note d’espoir comme si elle aurait voulu qu’on démentisse ce qu’elle allait dire.
- Alors, c’est vrai ?
Mais Laura acquiesça –contre ses espérances- et lui raconta de nouveau ce qu’ils nous avaient dit à moi et à Renaud lorsque nous étions arrivés, puis ce que le docteur nous avait dit. Je n’écoutai pas ce qui se disait. Ou à peine. Je ne su donc pas quelle fut la réaction de Mariella, sinon qu’elle lâcha un : « Oh mon dieu » horrifié. Je m’étais rassise sur l’une des chaises et reposa ma tête sur mes mains. Je refermai les yeux et persévérai dans ma lente et patiente attente.
Quelques heures supplémentaires passèrent et vinrent rejoindre toutes celles déjà écoulées. Le soir arriva lorsque quelqu’un prit la parole.
- Je vais rentrer, ça ne sert à rien d’attendre à ne rien faire. Ca n’aidera pas David.
C’était le père de David qui avait parlé. Dans un sens il avait raison, ce n’était pas en restant ici que son fils allait revenir parmi nous. Il pouvait partir, mais moi je savais que j’allai rester. Je n’aurai de toute façon pas pu manger, encore moins dormir.
Laura se leva ainsi que Kim.
- Je vais rentrer avec toi, lui dit sa femme. Lisa vous restez ?
- Moi aussi, ajouta Kim. Je vais vous accompagner.
A la question de Laura, je fis signe que oui.
- Je n’arriverai pas de toute façon à dormir. Autant que je reste ici.
Elle fit un signe de tête, signe qu’elle comprenait et reprit :
- S’il y a le moindre signe…
- .Je vous préviens immédiatement, soyez tranquille.
Les Seidel partirent, de même pour Mariella qui s’en alla peu après m’avoir entendu lui dire elle aussi qu’au moindre signe, je l’appellerai puis je me retrouvai seule avec Renaud à attendre dans le couloir. Nous nous trouvions d’une distance l’un de l’autre de quatre mètres, la largeur du couloir en fait. Je sentais parfois son regard passer sur moi et j’eus l’impression qu’il s’inquiétait de me voir attendre avec tant d’acharnement l’espoir que nous attendions tous. De me voir attendre inlassablement que celui-ci daigne enfin se montrer. Il devait croire lui aussi que ça ne servait à rien d’attendre à ne rien faire ici alors que nous ignorions combien de temps ça pouvait durer, alors que nous ignorions quand David se réveillerait. Mais il pouvait rentrer lui aussi, il n’était pas obligé de rester avec moi dans cette longue et pénible attente. C’est vrai, il était bien sympa, mais je pouvais faire des choses un peu toute seule, je n’allai pas de nouveau m’évanouir. D’un autre côté, j’appréciai plus ou moins qu’il ne veuille pas me laisser toute seule à attendre. Mais il n’était pas obligé de se forcer à me tenir compagnie. Surtout que dans mon état immobile, silencieux et anxieux, je ne devais pas être d’une compagnie très marrante.
- Vous pouvez partir vous aussi Renaud, je vous appellerai s’il y a quelque chose de nouveau.
Il ne répondit pas tout de suite, semblant comprendre que sa présence me dérangeait. J’ajoutai aussitôt pour le détromper :
- Enfin, je dis ça pour vous bien sûr, pas pour moi.
A vrai dire, j’avais un peu envie d’être seule.
Je paru l’avoir rassuré sur ce qu’il pensait. Il acquiesça et me répondit :
- Vous devriez rentrer vous aussi, ça ne peut que vous faire du bien de vous retrouver chez vous, je veux dire en-dehors d’un hôpital. Vous voulez que je vous apporte quelque chose à manger ?
- Merci à vous Renaud mais je crois que c’est mieux que je reste. Je ne pourrai pas rentrer chez moi et je pourrai encore moins manger, mais merci encore. Je préfère attendre et être sûre d’être prévenue au premier changement de situation.
- Vous êtes vraiment sûre ?
J’acquiesçai.
Il était vraiment gentil mais j’avais parfois envie d’être seule.
- Oui, rentrez chez vous, ne vous inquiétez pas, c’est même vous qui nous avez dit qu’il fallait garder espoir. Demain sera un autre jour, peut-être apportera t-il cet espoir tant attendu ?
Renaud parut convaincu.
- Espérons effectivement que demain l’apporte cet espoir. A demain Lisa.
Puis je me retrouvai seule au beau milieu du couloir de l’hôpital, devant la chambre de David. La 404.
Je gardai mon regard fixé sur le panneau blanc qu’était la porte de sa chambre jusqu’à ce que je comprenne réellement la véritable raison du pourquoi j’avais voulu rester seule. Je laissai venir cette idée à moi, la repoussai une ou deux fois, m’interdis d’y penser mais je compris vite que je n’arriverai pas à m’empêcher d’y songer. Je jetai des regards à droite et à gauche et lorsque j’entendis des bruits de pas venir sur ma droite et que regardant ma montre je vis qu’il était l’heure de la fermeture de l’hôpital, je ressentis l’envie de me cacher pour qu’on ne me trouve pas, de me cacher pour pouvoir rester toute la nuit auprès de David, même si une mince cloison nous séparait l’un de l’autre. J’entendis de nouveau la voix de la raison me chuchoter.
« L’hôpital va fermer Lisa, ce n’est pas raisonnable, rentre chez toi, ça ne sert à rien de rester plus, tu reviendras demain mais rentre chez toi pour ce soir. Comme les Seidel, comme Mariella, comme Renaud. Pourquoi veux-tu rester en sachant que tu ne feras rien de plus ? ».
Je me levai, m’apprêtant à écouter raisonnablement ce judicieux conseil venant de ma conscience. Puis j’entendis la voix de Renaud résonner de nouveau dans mon esprit : « - Réfléchissez avec ça », et je revis sa main se poser sur le côté gauche de sa poitrine. Sur son cœur. Sans y penser, je portai également ma main à cet endroit et pensai. « Non je ne veux pas rentrer, je ne peux pas. Je dois rester, je ne peux pas l’abandonner. Je sais que ça n’avancera à rien mais je ne peux pas ».
Du plus profond de mes pensées, j’entendis alors se rapprocher les bruits de pas d’un infirmier. Il devait passer dans les couloirs pour vérifier s’il n’y avait plus personne, ou alors, était-ce un infirmier de garde ? Je ne pris pas la peine d’attendre de connaître la réponse car ma décision était déjà prise. Je retournai quelques pas en arrière, posai la main sur la poignée de porte appartenant à la chambre numéro 404 et doucement, je l’ouvrai. Aussi silencieusement possible, je rentrai dans la chambre et refermai la porte derrière moi. Puis je restai silencieuse, sans un mot, sans même oser une pensée, contre le battant. J’entendis les pas de l’infirmier passer dans le couloir, puis devant la chambre, la dépasser et s’éloigner. Ce ne fut qu’à se moment où je fus certaine qu’il était parti et que j’étais réellement seule, que j’osai ouvrir les yeux, penser et respirer à nouveau.
Lorsque les Seidel rentrèrent chez eux ce soir-là, leur grande maison était plus que silencieuse et aucun d’entre eux ne purent dire ou faire quelque chose afin de l’égayer un peu. Ne sachant que dire ou que faire et n’ayant aucunement faim, ils déclinèrent l’offre de Gabrielle qui leur avais préparé un délicieux repas et montèrent se coucher. Ils auraient voulu la mettre au courant pour David, mais la force leur manquait pour évoquer de nouveau les évènements de la journée ; La nuit porterait sûrement conseil et apporterait le courage nécessaire. Gabrielle s’effaça de la salle sans un autre mot, ne comprenant pas pourquoi ils avaient l’air si anxieux. Elle retourna dans la cuisine et mis tout ce qu’elle avait préparé au frais dans le frigo. Le silence dans la maison après son départ retourna au calme complet.
Dans l’appartement de Renaud régnait également un calme inhabituel. Il y avait habituellement le bruit de fond de la radio qui diffusait un air de musique mais cette fois-ci elle était éteinte et le jeune homme s’était endormi à même le canapé, sans même avoir pu se rendre à sa chambre. Il avait gardé sur son front, même en dormant, une ride d’anxiété barrait son front qui laissait montrer à quel point il était inquiet.
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27/06/2008 @ 10:41:26
par davidlisa080493
j'adore
27/06/2008 @ 10:37:36
par davidlisa080493
il est trop bien
17/02/2008 @ 17:16:51
par davidlisa080493
j'adore ses trop bien
17/02/2008 @ 17:15:29
par davidlisa080493
coucou ta presentation est très bien presenté ...
03/02/2008 @ 17:37:40
par lilas