Chapitre 19
20 Mar 2008 
Chapitre 19

… Et faire un beau rêve


Je levai la tête pour voir que je me trouvai dans une forêt claire et lumineuse. Tout ressemblait à une vraie forêt et sur le moment, je ne me cru pas du tout dans un rêve. Plus du tout. On entendait même le chant des petits oiseaux et il faisait juste chaud. On devait être à la fin du printemps.
J’allai me lever lorsqu’une main se tendit vers moi pour m’aider à me lever. Juste devant mon visage.


Je regardai cette main avec surprise pendant quelques secondes. Puis je laissai suivre mon regard sur les courbes de cette main, je levai peu à peu mon regard pour rejoindre le bras et m’arrêter sur le visage du propriétaire.
C’était David qui me tendait la main. Il arborait un sourire des plus radieux et était habillé d’un costume blanc, mais d’un blanc si pur que je m’étonnai de sa blancheur. Enfin pas trop, après tout dans les rêves tout était parfait. Quoique David dans mes rêves ou la réalité, était toujours le même. Toujours parfait. Je rougis de mes pensées.
- Où sommes-nous ? Demandai-je.
- Dans ton rêve, répondit-il comme si c’était tout naturel.
Non, c’est vrai dans mon rêve ? Je ne l’aurai jamais imaginé dis donc.
- Mais…
- Tu te lèves ? Me proposa t-il gentiment.
J’acceptai la main qu’il me tendait et me levai.
C’est alors que je baissai le regard sur moi…
… Et n’en cru pas mes yeux.
Je ne portai plus mes vêtements, ma chemise blanche, mon pantalon et ma veste rose avaient disparu mais à la place… J’écarquillai grand les yeux… Une magnifique robe de la dernière collection de Kerima. Je me sentis gênée et pensa soudain que si Hugo me voyait portant sa robe qui n’était pas encore sortie avec la collection, il me tuerait sûrement. Je pensai cela juste avant de me souvenir que je rêvai et donc que je ne craignais rien.

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- Qu’y a-t-il ? Demanda David.
Je relevai la tête vers lui, le regard empreint de tout l’étonnement possible dans pareille situation.
- Mes… Mes vêtements ?
David cru comprendre.
- Oh ne t’inquiète pas, elle te va très bien, répondit-il avec un sourire rayonnant. Tu ressembles à un joyau rayonnant dans le soleil couchant.
« Il est poète maintenant ? C’est nouveau ? », Pensai-je.
Je secouai la tête.
- Non, ce n’est pas ce que je veux dire. Mes vêtements… Ont disparu…
- Ne t’inquiète pas pour ça. C’est ton rêve Lisa.
Mon rêve ? Ah c’est vrai, j’avais presque oublié que j’étais en train de rêver.
Mais, et alors ? Qu’est-ce que tout ceci signifiait?
- Je ne comprends pas.
- Un rêve est-il fait pour comprendre ? Me demanda t-il doucement.
Il me montra une direction vers sa droite. Je suivais la direction qu’il me montrait.
- Tu me suis ? J’aimerai te montrer quelque chose.
J’acquiesçai lentement.
Je décidai d’arrêter de me poser des questions. Après tout, ce n’était qu’un rêve.
Quoique magnifique… Ce dernier mot continua de résonner à mes oreilles alors que je suivais David le long du chemin dans les bois et que mon regard ne pouvait s’en détacher. De David bien entendu, pas du chemin.
Je ne vis donc rien du chemin, je me contentai de suivre et sursauta lorsque David se retourna vers moi. Je faillis foncer dans lui mais m’arrêtai à temps.
- Comment trouves-tu ?
Comment je trouve quoi ? Pensai-je stupidement avant de penser à regarder autour de moi. Devant moi plutôt. Juste devant moi se trouvait…

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… Une magnifique petite maison qui semblait auréoler sur tout le paysage et entourée d’un jolie petit jardin en fleur.
- Qu’est-ce que…
J’arrêtai la question bête qui allait sortir de ma bouche pour dire de nouveau :
- Je ne comprends pas…
- Ne t’ai-je pas déjà dis qu’il ne fallait pas chercher à comprendre un rêve ?
Je regardai de nouveau la maison puis reposa mon regard sur David. Il souriait.
- Pourquoi m’as-tu amené ici David ?
- Je voulais simplement te montrer cette maison, répondit-il toujours de manière mystérieuse.
- Simplement… Me montrer cette maison ? Répétai-je. Mais pourquoi ?
- Elle est pour toi.
- Pour… Pour moi ?
- Et pour moi.
- Pour… Pour toi ?
- Pour nous si tu préfères.
- Pour… Pour nous ?
David sourit, amusé par mes réponses.
- Pour la reine de ce magnifique endroit.
- Il y a une reine ici ? Dis-je en tournant mon regard à droite et à gauche.
Je n’arrivai pas à comprendre Ou alors ne le voulais-je pas ?
David me regarda de plus en plus amusé.
- Oui, et elle est en face de moi.
- En face… De toi ?
Puis je compris soudain.
- M… Moi ?
- Cet endroit est pour toi, me répondit-il pour toute réponse..
- Pour moi…
Je répétai ces mots dans ma tête jusqu’à en bien prendre conscience et me convaincre que je ne rêvais pas. Sauf que dans un sens je rêvai belle et bien… Je sentis alors une pression sur mes doigts et je baissai mes yeux pour me renseigner sur la source de cette pression. Imperceptiblement, je m’aperçu que David avait pris ma main. Je relevai le regard vers lui. Puis vers la maison. Puis vers lui de nouveau.
Lui souriait toujours. Un sourire rayonnant. Et son regard lui aussi rayonnait de la même joie.
- Pour toi, me répondit-il.
- Moi,… Une reine ?
- Pas une reine, me dit-il.
- Ah bon…
- Mais ma reine.
J’en perdis les mots.
- Je te fais visiter ?
Sur le coup, j’en avais oublié la maison.
- Visiter ?... Euh oui bien sûr.
Tenant toujours ma main serrée dans la sienne, il m’entraîna et nous nous approchâmes de la maison qui me semblait un paradis.
Je regardai un peu autour de moi.
Tout me semblait en fait, un paradis. Tout autour de moi.
Mon regard revint ensuite sur David.
Et lui c’était…
Je réfléchis un moment.
Et lui c’était Roméo.

Est-ce que j’étais Juliette ?

Je pénétrai dans la maison à la suite de David et la porte se referma. Il me fit ensuite visiter cette magnifique maison, je le suivis et regardai tout autour de moi avec émerveillement. C’était ma maison. Notre maison.
J’étais sa reine ? Oui c’était ce qu’il m’avait dit.
Et ma main toujours dans la sienne, je poursuivis la visite… Je n’aurai pas pu l’enlever de son étreinte de toute façon. Et je ne le voulais pas.
En tous cas, ce qui était sûr c’était qu’il était mon roi. Mon Roméo.
Et j’étais sa Juliette.^^

Vous aimeriez savoir la suite ? Vous aimeriez nous suivre pendant toute la visite de la maison ? Hein n’est-ce pas que vous aimeriez savoir tout ? Oui oui je vous entends de là…
Si si vous savez ce que j’entends ? Et bien j’entends en chœur de vous toutes un « Please la suite !!! ». Mais j’hésite. Non, je crois que vous êtes trop jeunes.

Je suis vraiment désolée mais la suite est un peu trop privée, même si ce n’est qu’un rêve.

Chapitre 20
20 Mar 2008 
Chapitre 20

Un ami, ça sert à ça…


Malheureusement, je ne connu pas beaucoup moi non plus la suite de mon rêve.

- Lisa ?
Je fus sortie de mon sommeil par cette voix venue d’où je ne savais où. Cette voix surgit juste au moment où je commençai à me convaincre que la réalité était celle dans laquelle je me trouvais et non celle de laquelle on m’appelait.
Comme si je voulais retarder le moment de me réveiller, je gardai les yeux fermés pendant un moment. Puis, comme j’entendais du mouvement autour de moi et que ça ne voulait pas s’arrêter, je finis pas ouvrir les yeux, exaspérée de ne pas pouvoir rester plus longtemps dans mon rêve.
- Julien ? Qu’est-ce que tu fais là ? M’étonnai-je.
- Bonjour Lisa d’abord, me répondit-il. Je ne t’ai pas vu venir de toute la journée à mon kiosque, je commençai à me dire que peut-être ce n’était plus ton rendez-vous fétiche ?
- Désolée Julien. C’est seulement que j’avais d’autres choses à penser.
- Et alors tu m’as privé pendant un jour de tes mésaventures à Kerima ? Ca m’a manqué, me dit-il en rigolant. Rend-toi compte, je ne t’ai pas entendu te plaindre de toute la journée.
- Me plaindre ?
Julien me fit un clin d’œil.
- je ne t’ai pas entendu parler de David de toute la journée, précisa t-il.
Rien qu’à ce nom je frémis.
- J’avais tellement à penser…, lui répondis-je.
Pour toute réponse, Julien vint s’asseoir sur le rebord de mon lit en m’observant attentivement. Il avait décelé rien qu’à ma remarque que quelque chose n’allait pas.
- Que s’est-il passé pour que tu oublies notre rendez-vous quotidien ? Me demanda t-il étonné.
- David était à l’hôpital et j’ai passé la nuit à m’interroger s’il allait se réveiller un jour.
Je commençai néanmoins à en avoir assez d’avoir à répéter cela des dizaines de fois, alors qu‘à l’heure qu’il était, David était bel et bien réveillé. Je préférai de beaucoup me concentrer sur ce fait : Réveiller et bel et bien en vie. Cependant, je n’allai pas en vouloir à Julien. Il voulait savoir ce qui s’était passé, ce qui était normal.
- A l’hôpital ? Répéta t-il. Mais que s’est-il passé ?
- Il a eu un accident, répondis-je d’un air sombre. Et il était dans le coma jusqu’à ce matin.
Le regard de mon ami sembla changer d’expression et il parut comprendre pourquoi notre rendez-vous quotidien à sa boutique m’était sorti de l’esprit.
- Ma pauvre Lisa, et moi qui vient te reprocher que tu avais oublié notre rendez-vous.
- Dis plutôt pauvre David, le corrigeai-je d’un ton de plus en plus sombre.
- Il n’est pas sorti d’affaire ?
- Il est amnésique.
- Amnésique ?... Il ne se souvient vraiment de rien ?
J’hésitai un moment.
- Il se souvient de certaines choses mais pour d’autres, il va falloir l’aider à les lui rappeler.
- Lisa, dit Julien d’un ton impatient. De quoi se souvient-il donc ?
- Il se souvient de… de moi…, commençai-je.
Puis, le poids de la pression retomba de mes épaules.
- Oh Julien, je n’en croyais pas mes yeux, il se souvient de moi mais… Mais pas de Mariella. Je suis restée dans sa mémoire mais Mariella, elle, il a fallu que je lui rappelle la relation qu’ils ont eu…
- Il se souvenait de toi…
- Il a même dit que s’il avait réussi à se battre, c’était grâce à moi, parce qu’il sentait que j’étais près de lui pour le soutenir…
- Il sentait que tu étais près de lui à le soutenir…, répéta de nouveau Julien.
- Et je n’en suis pas sûre mais…
Julien m’envoya un regard pour m’encourager à continuer.
- … Il m’a regardé bizarrement à deux reprises.
- Comment ça bizarrement ?
- Je n’en sais rien moi, comment pourrai-je le savoir ? Il avait une sorte de lueur dans le regard. J’ai cru qu’il regardait quelqu’un derrière moi qui venait d’arriver mais je crois que c’est moi qu’il regardait.
Julien me regarda un instant avant de me demander.
- Lisa, tu ne crois pas que David croit… Je veux dire, il t’a questionné sur vous deux ? Sur votre relation ?
- Il m’a demandé si nous étions amis, pourquoi ?
- … Tu ne crois pas que…
- Qu’il croit que nous sommes plus qu’amis ?
- C’est ce que je pense.
- Mais, mais c’est impossible. Ca ne peut pas… Et si c’est ça, comment est-ce que je n’ai pas compris plus tôt ? Me désolai-je. Il faut que je retourne le rassurer. Tout de suite.
- Lisa, je ne te comprends pas.
- Pourquoi ?
- Ce n’est pas ce dont tu rêves depuis de longs mois ?
Je protestai alors, n’osant croire qu’il ne comprenait pas.
- Julien, il n’est pas dans son état normal ! Je sais très bien qu’en temps normal il n’aurait jamais été amoureux de moi ! Alors je ne veux pas le laisser dans cette ignorance. Le laisser croire qu’il m’aime c’est… Comme lui mentir ! Et me mentir !
- D’accord, d’accord Lisa, j’ai compris, tu peux te calmer.
Puis il reprit après un silence.
- Mais, si jamais ce passage dans le coma lui avait fait prendre conscience de ses réels sentiments pour toi Lisa ?
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Je dis ça comme ça, c’est juste une hypothèse. Peut-être que ce passage obligé lui a fait comprendre ce qu’il ressentait pour toi. Réellement.
Je regardai Julien comme si tout à coup il avait un accès de fièvre.
- Tu plaisantes ? C’est toi qui me dis ça ? D’habitude c’est moi qui a cet espoir.
- Oui et je me demande pourquoi tu ne l’a plus.
- Mais ce n’est pas du tout ça. Je suis seulement réaliste ! Protestai-je.
- Oui, alors que d’habitude tu es tout sauf réaliste, fit-il remarquer.
Je fronçai les sourcils en agrippant du bout des doigts mon oreiller.
- Et je suis quoi à ton avis ?
- Rêveuse, peut-être. Mais là, on dirait que tu as peur…
- Peur ?! Non mais ça ne va pas ?
Avant qu’il ne réponde, il avait reçu mon oreiller sur la figure.
- Merci Lisa, je t’aide moi.
- Tu m’aides en disant que j’ai peur ? Tu es comme ma conscience ou quoi ?
Il reçut un autre coussin.
Julien se releva et me regarda :
- C’est quoi cette histoire de conscience ? S’enquit-il.
- C’est… Rien.
- Ta conscience te parle maintenant ? Se moqua t-il gentiment.
- Julien, tu le veux cet autre coussin ? Regarde comme il t’attend gentiment. Non bien sûr que je ne parle pas à ma conscience, j’ai simplement fait un rêve.
- … Où tu parlais à ta conscience ?
- Tu vas arrêter oui ?
Julien posa une main sur mon front.
- Tu as peur et tu parles à ta conscience, ça va bi…
Un autre coussin reçu en plein sur le nez l’empêcha de finir sa phrase.
- SOS, Appel à enfance maltraitée !
J’éclatai de rire en l’entendant.
- Aux grands enfants alors.
- Ben oui pourquoi pas.

Nous échangeâmes un dernier coup de coussin puis lorsque j’entendis frapper à la porte de ma chambre, je me retournai pour demander qui c'était. Mon instant d'inattention me coûta un dernier coussin en plein dans la figure. Je ne m'en occupais pas et à la place demanda qui était-ce qui avait frapper... Pendant que Julien ramassait les coussins par terre et les remettait en place sur mon lit.

Chapitre 21
20 Mar 2008 
Chapitre 21

Souvenir d’une île


Nous échangeâmes un dernier coup de coussin puis lorsque j’entendis frapper à la porte de ma chambre, je me retournai pour demander qui c'était. Mon instant d'inattention me coûta un dernier coussin en plein dans la figure. Je ne m'en occupais pas et à la place demanda qui était-ce qui avait frapper... Pendant que Julien ramassait les coussins par terre et les remettait en place sur mon lit.

La porte s’ouvrit et la tête de mon père émergea par l'embrasure de la porte..
- Coucou ma p’tite puce ! Ta mère m’a raconté ce qui s’était passé…
Bon, au moins je n’aurai pas à le répéter encore une fois. Merci maman.
- Ca va mieux, tu t’es bien reposée ?... Ah tu es là aussi, bonjour Julien ! Ajouta t-il en reconnaissant mon ami assis sur le lit.
- Bonjour monsieur.
- Oui papa je vais mieux, je me suis bien reposée.
- C’est bien ma p’tite puce, c’est bien ça. Euh… Tu sais, je suis désolée pour ce qui est arrivé hier à Monsieur Seidel… Euh, je voulais te demander… Ca n’a pas un rapport avec la venue de son père chez nous avant-hier matin ?
Je secouai la tête.
- Non, absolument pas. David allait beaucoup mieux. Il a eu un accident de voiture en sortant de chez Kerima.
- Ah, c’est mieux… Enfin je veux dire pas mieux pour l’accident mais, mieux parce que ce n’est pas lui qui a voulu mettre fin à ses jours. Je suis content ma puce…
Ne m’en parle pas ! J’y ai déjà assez pensé comme ça, à cette hypothèse !
- Merci papa, j’avais compris. Et rassure-toi ce n’était pas le cas.
- Bien ma puce, je vais redescendre. Descends manger un morceau quand tu veux si tu faim, d’accord ?
- Oui papa
Mon père referma la porte, je restai silencieuse un instant en méditant.
- Toujours aussi adorable ton père, dit Julien en plaisantant.
- N’est-ce pas ? Lui répondis-je en souriant. Au moins, n’ai-je pas eu à répéter une autre fois ce qui était arrivé hier, ajoutai-je en le regardant.
Julien fit semblant de s’offusquer.
- C’est un reproche ?
- Non, je te taquinais.
- Ah ah. C’est vraiment très drôle Lisa.
- Oh, il faut bien que je rie un peu, pour évacuer vraiment toute la pression de ces deux derniers jours.
- Oui, et bien sûr c’est sur moi que ça tombe, bougonna Julien.
- Bon ben si tu veux je…
Mais je fus interrompu par une petite musique qui s’éleva soudain dans ma chambre.

Oh I, I just died in your arms tonight
It must have been something you said...


Je cherchai mon portable des yeux.

I just died in your arms tonight...

Julien le trouva avant moi, il était tombé de ma table pendant la nuit et reposait à présent par terre.

Oh I, I just died in your arms tonight
It must have been some kind of kiss...


- Oh tiens, mais qui voilà. C’est David.
Il me tendit mon portable avec un grand sourire.
Je le pris, furieuse qu’il ait mis autant de temps à me le donner et je décrochai.
- Allo David ?
- Lisa, je croyais que tu dormais encore.
- Non je… C’était Julien qui jouait avec mon portable.
- Julien ?
- Mon meilleur ami tu sais, il tient un kiosque à journaux en bas de chez Kerima.
A son air, Julien sembla un peu vexé qu’on ne se souvienne pas de lui.
- … Non, désolé je l’avais oublié aussi.
- Ne t’inquiète pas, c’est pas grave.
- C’est pas grave non bien sûr, murmura Julien comme à lui-même, ben voyons.
- Julien !
- Qu’est-ce qu’il y a Lisa ? fit la voix de David, interrogative.
- Non rien David, je parlai à Julien. Tu voulais me dire quelque chose ?
- Non, enfin si… J’ai eu un éclair il y a quelques minutes alors que j’essayai de me souvenir de quelque chose.
- Mmm ?
- Et, je ne sais pas, je nous voyais tous les deux sur une île. Il faisait nuit et nous étions assis autour d’un feu…
- Ah c’est le jour où nous nous sommes retrouvés coincés sur l’île aux paons. Tu avais voulu faire une surprise à Mariella pour votre mariage et tu m’avais demandé de venir avec toi. Sauf que… Enfin, le temps a passé tellement vite que nous n’avons pas vu le dernier bateau passer et nous avons dû dormir sur l’île en attendant le lendemain matin pour reprendre le bateau…
En racontant cet épisode, une certaine mélancolie imprégnait ma voix et je revis les images de ce jour défiler dans mon esprit. Le feu, mon portable qui n’avait plus de batterie pour appeler du secours et qui m’avait ainsi permis de passer une nuit avec David sur l’île… Quel délicieux souvenir !!!
- Lisa ?
Plongée dans ce souvenir, j’en avais oublié David à l’autre bout du téléphone et j’en avais également oublié de parler.
- Oui, je suis là désolée. Le lendemain, Mariella t’a passé un savon parce qu’elle ne savait pas où tu étais. Mais toi, tu ne voulais pas gâcher la surprise en lui disant où tu étais allé… Cependant, ça s’est bien terminé. Comme toujours.
David m’avait écouté attentivement.
- Merci Lisa de ces indications. C’est bien de pouvoir compter sur toi.
Il n’a pas encore fini de s’excuser et de me remercier, pensai-je en plaisantant. Chose que je n’aurai pu faire encore hier.
- De rien David, je suis toujours là pour t… pour ça.
Je changeai au dernier moment la fin de ma phrase alors que je repensai à la discussion d’avec Julien. Mieux valait ne pas l’embrouiller dans ce qu’il croyait se souvenir de nous deux.
- Tu viens me voir aujourd’hui ?
- …
Il voulait réellement me voir ?
Les mots que Julien avait prononcés me revinrent en tête, ainsi que mon rêve. Mais ce fut pourtant les images de celui-ci qui me firent rougir.
- Euh, je ne sais pas. Tu veux vraiment me voir aujourd’hui ? Tu sais, je ne veux pas te déranger, et puis peut-être que Max ou tes parents veuillent venir te voir, et ce serait bien qu’il n’y ait pas trop de visites pour que tu puisses te reposer quand même.
- Mais je m’ennuie… Mes parents viennent de partir et Max vient de m’appeler. Il passera me voir vers la fin de l’après-midi.
Sa voix au téléphone était presque suppliante. Il avait vraiment envie de me voir aujourd’hui apparemment. D’ailleurs, cela avait beau m’inquiéter, ce n’était pas pour me déplaire.
- Dans ce cas, je peux passer te voir en début d’après-midi.
Sauf que j’avais oublié que j’avais dormi plusieurs heures d’affilées et que la matinée était à présent terminée.
- On est déjà le début d’après-midi, répondit David, une note d’espoir dans la voix.
Pour me confirmer ces propos, Julien me désigna sa montre sur laquelle je lu que la grande aiguille pointait le 3. Il était déjà quinze heures.
- Ah, excuse-moi j’avais oublié que j’avais dormi pendant quelques heures. Dans ce cas, je viendrai te voir vers les… 17 heures ? Avant, je vais manger un peu.
David parut ravi de ma décision.
- A cet après-midi alors Lisa. J’ai hâte de te voir.
- Oui moi aussi, à cet après-midi.
Enfin je veux dire, à tout à l’heure. Décidément, je n’arrivai pas à me faire à l’idée qu’on était déjà l’après-midi.

Après avoir raccrochés tous les deux, je dis à Julien d’une voix lente tout en réfléchissant.
- Il a hâte de me voir ? On s’est vu ce matin.
- Que veux-tu, tu es sa sauveuse. C’est normal, me fit-il avec un clin d'oeil.
- Mais...
- Ah tu repenses à ce que je t’ai dis ?
J’acquiesçai.
- Et bien, attends d’en être sûre. Si ça se trouve on a faux tous les deux.
- Tu as raison Julien. Si ça se trouve ce matin, le regard qu’il m’a envoyé, c’était… Juste un regard empreint d’amitié et de reconnaissance ? De la pure amitié.
Julien acquiesça.
Je le regardai, indécise et appréhensive.
- Allez Lisa, tu vas voir David tantôt, ça devrait te suffire à être la plus heureuse, non ?
- Mais je le suis.
- Ah ! J’en avais pas l’impression ma p’tite puce.
- Julien, tu ne vas pas t’y mettre toi non plus ! Protestai-je.
- Ben quoi, c’est joli comme petit nom, me taquina t-il.
En réponse, il se reçut mon oreiller sur la tête.

Chapitre 22
20 Mar 2008 
Chapitre 22

Quand on parle à voix haute…


« Si ça se trouve on a faux tous les deux ». Cette phrase résonna une nouvelle fois dans ma tête. Oui c’était exactement ça. Cela ne pouvait être que de la simple reconnaissance. Je sais bien qu’il ne pourra jamais y avoir autre chose que de l’amitié entre David et moi, je ne comprends même pas pourquoi j’ai pensé que, et pourquoi Julien a pensé également, que David s’était rendu compte de ses sentiments pour moi. C’est évident quand même. Il ne pourra jamais y avoir autre chose que de l’amitié entre nous.
Alors voilà, ce regard était de la plus pure et sincère amitié qu’il puisse exister. J’ai déjà de la chance qu’il ait à mon égard un tel sentiment, alors pourquoi je vais m’imaginer autre chose ? Mais quand même…
… Cela me faisait une drôle d’impression d’avoir pensé pendant un moment qu’il aurait pu m’aimer de sentiments plus fort que l’amitié.

Alors que ces pensées défilaient dans mon esprit, je me trouvais dans le train qui était en route pour Berlin.

- Ouh ouh Lisa ?
Je relevai la tête.
- Tu pensais à quoi ?
- Ah rien, rien du tout.
Il me regarda avec un regard moqueur.
- Depuis quand tu ne penses à rien ?
- Bon d’accord, confessai-je, tu me connais trop Julien.
- Content que tu l’admettes, répondit-il avec un grand sourire.
Puis après un silence.
- Alors, tu pensais à quoi ?
- Je suis certaine que tu le sais déjà, toi qui me connais si bien, répondis-je mystérieusement.
- A David sûrement, je me trompe ?
- On ne peut rien te cacher.
- Dis-moi tout…
- Tu connais déjà toute l’histoire. C’est de ce qu’on a déjà parlé.
- Ah, encore ?
- Ben oui encore, que veux-tu, je n’arrive pas d’arrêter d’y penser.
- Tu vas voir, quand tu le vas le voir, tu n’y penseras même plus tellement tu seras heureuse de le revoir.
- Tu plaisantes, ce sera pire.
A ces mots, je glissai doucement au fond de mon siège.
- Et je te parie que non.
Julien haussa les épaules et ne répondit plus rien.

***


A la sortie du train nous nous séparâmes, et pendant que Julien repartait vers le centre, je m’éloignai en direction de l’hôpital où à l’entrée je tombai nez à nez avec…

- Tiens bonjour Lisa !
- Bonjour Renaud.
- Vous allez bien ?
- Beaucoup mieux, merci.
- J’ai reçu votre sms ce matin pour me dire que David était réveillé.... Alors ?
- Alors ? Ah oui…
Je lui racontai la discussion que nous avions eu David et moi le matin même, en évitant de mentionner quelques détails qui ne regardaient que moi et que je ne voulais pas qu’il sache. Il était bien gentil ce monsieur Kowalski, mais ma relation avec David, ne regardait que nous deux, non ?
- Je suis content que ça aille mieux.
- Et ce matin, enfin, en début d’après-midi, il m’a appelé pour me demander des renseignements sur un souvenir qu’il pensait avoir retrouvé. Je l’ai aidé à le lui rafraîchir.
- Vous voyez Lisa, si déjà, quelques souvenirs lui reviennent, sa mémoire va vite lui revenir entièrement.
J’essayai de lui sourire. Au fond, oui, il était réellement bien gentil ce Renaud. J’ouvris la bouche pour m’apprêter à dire quelque chose mais je m’abstins. Sur un coup de tête, j’allai tout lui raconter ce que David m’avait dit ce matin…
A la place, je fis un léger signe de tête et nous rentrâmes dans le hall d’accueil de l’hôpital.
… Tout en grimpant les escaliers, je repensai à ce que Renaud venait de dire. Que sa mémoire allait très vite lui revenir. Et si tout ne lui revenait pas entièrement ?
Décidément Lisa, tu ne peux pas t’en empêcher ?! C’est plus fort que toi, il faut que tu imagines le pire !
Mais si, justement, tout ne lui revenait pas ?
Lisa !!!
A ce cri de stupéfaction qui sembla résonner dans mon esprit et me ramener à la réalité de la vie, je gardai le silence. Renaud sembla s’inquiéter de ce silence inhabituel et me demanda :
- Vous êtes sûrs que tout va bien Lisa ?
Je le regardai, me souvenant alors de sa présence.
- Oui, tout va bien, ne vous inquiétez pas.
Mais Lisa, tu étais déjà dans la réalité de la vie. Et justement, cette foutue conscience a beau venir me remettre à ma place à chaque fois, que ce soit un rêve, ou la réalité… : Et si, justement, tout ne lui revenait pas ?

Personne ne me répondit cette fois. Ma conscience était peut-être découragée d’essayer de me ramener à la raison.

Le temps de mon monologue intérieur, nous étions arrivés, Renaud et moi, dans le couloir de la chambre de David, et Renaud frappait déjà à la porte. Nous entrâmes tous deux dans la chambre et pendant qu’il refermait la porte derrière nous, je regardai dans la pièce et cherchai David des yeux, qui n’était, à première vue, pas dans son lit.
Et effectivement, il ne l’était pas.
Il était debout, le dos tourné, près de la fenêtre et regardait au-dehors. Je m’aperçus en m’approchant, qu’il avait un regard vide, les yeux fixés dans le vague. Loin, très loin. Je regardai dehors moi aussi, m’interrogeant sur ce qu’il pouvait regarder. Puis je me tournai à nouveau vers lui et m’apprêtai à lui poser une question lorsque je sentis une étreinte autour de moi, une pression, un contact humain contre moi. Puis l’étreinte se retira et s’éloigna.
- Lisa, tu es venue. Je suis content de te voir, me dit un David tout joyeux avec une voix similaire à celle d’un enfant.
- Et bien oui, comme tu vois, je suis là. Je te l’avais dit, non ? Que je venais.
- Oui, et je suis content.
- Oui moi aussi, dis-je en souriant, sinon je ne serai pas venue, non ?

Puis :
- Qu’est-ce que tu regardais dehors ?
- Je réfléchissais… J’essayai de me souvenir et je me demandai comment ça se faisait que la première chose que je me sois souvenue, ait été toi…
Mon cœur s’emballa.
Je n’avais pas oublié la présence de Renaud et qui plus est, que j’avais évité de lui parler de ce détail. Et là, c’était David qui le lui disait. Et quoi ? Ca ne regardait que nous, non ? Il n’était pas obligé de le savoir !
A moins que ce soit peut-être dû au fait qu’il ne savait pas que Renaud était là ?
Je revins à un état de conscience, dans la réalité, et constatai qu’il me regardait. Il dû trouver dans mon attitude, quelque chose de bizarre car son regard parut se demander ce qui n’allait pas. Il se retourna et se rendit compte de la présence de Renaud, qui était resté en arrière. Le pauvre, il devait se sentir un peu à l’écart.
Remarquez, moi, c’était le contraire, je ne me sentais pas à l’écart mais tout d’un coup un peu mal à l’aise et entièrement le centre de l’attention.
Allez Lisa, ressaisis-toi. Tu es la première à qui il a pensé à son réveil ? Et alors ? C’est grâce à toi qu’il t’a dit s’être battu pour sa vie ? Et alors ? Où est le problème ?
Le problème ?... Justement, je ne sais pas. Je n’arrive pas à savoir pourquoi ?
Tout ce que je sais, c’est que je serai plus à l’aise si, si Renaud maintenant ne savait pas que la première chose que David s’était souvenue, c’était moi. Ca ne regarde que nous deux après tout… Oui, et alors, il le sait, qu’est-ce que ça change. Maintenant c’est fait.
Lisa ? Fais attention, ça fait deux fois que tu te considères comme une chose…
Oh ? Ça y est, elle est revenue celle-là !!! Non mais laisse-moi tranquille toi, tu veux !!!

La voix de David me sortit de mes pensées comme elle s’adressait à Renaud.

- Bonjour monsieur…
- Kowalski. Renaud Kowalski. Je suis directeur des relations publiques chez Kerima depuis que votre fiancée a décidé de nous quitter.
Il avait dû trouver bon de lui rappeler quelques détails sur sa fonction à lui.
- Ma… ah oui, Mariella, c’est bien ça ?
Il me regarda en se souvenant de notre discussion de ce matin.
- Oui Mariella, lui confirma Renaud.
Puis :
- Alors, comme ça, continua t-il, la première chose dont vous vous êtes souvenue est notre chère Lisa.
Mon cœur rata un battement.
« Et voilà que c’est lui qui s’y mets maintenant ! ».
- Oui, et c’est grâce à elle que je suis sauvé, répondit-il en se tournant vers moi, le regard brillant d’émotion.
Lorsque je constatai que j’étais le centre de l’attention de tous deux, je répondis précipitamment pour changer de sujet :
- Oui, et sinon, le médecin t’a dit quand tu pouvais sortir David ?
- Non, pas encore. Je suppose qu’il veut me garder encore un jour ou deux, en observation. Je lui ai dit que j’allai bien mais ça n’a rien changé.
Je constatai alors, comme si je venais de le découvrir, que sa tête était entourée d’un bandage blanc. Je pensai alors qu’il avait dû avoir un traumatisme crânien par l’accident.
Mais oui, le docteur a dit qu’il avait eu un choc à la tête. Tu es vraiment la tête dans les étoiles parfois Lisa. Non, j’étais seulement trop inquiète pour saisir sur le coup tout ce qu’il disait.
- Il a sans doute ses raisons pour te garder encore, répondis-je, c’est plus prudent.
- Mais moi, je voudrai rentrer. Je suis en pleine forme, je n’ai jamais autant été en forme.
Et voilà, son enthousiasme lui reprenait de nouveau, comme avant son accident.
Et en effet, il me paraissait tout à fait en forme.
Renaud, lui, semblait toujours préoccupé par une chose.
- c’est intéressant ça…
David et moi nous tournâmes vers lui en même temps et demandâmes :
- Qu’est-ce qui est intéressant ?
- Ce que vous venez de dire David.
David fouilla dans sa mémoire, dans ce qu’il lui restait d’entier bien entendu.
- Que le médecin voulait me garder quelques jours supplémentaires ?
- Non, cette autre chose, que vous venez de dire. Que c’était grâce à Lisa que vous étiez en vie. C’est intéressant…
Je levai les yeux au ciel.
Non mais ce n’est pas possible ! Il ne va pas recommencer ?
- Oui, Lisa est comme… comme mon ange gardien. Deux fois, trois fois qu’elle me sauve et je... Je ne pourrai la remercier jamais assez, c’est sûr.
Et voilà que David continuait et m’avait saisi la main. Non mais, d’abord David qui lâche le morceau, ensuite Renaud qui le reprend, et ensuite David qui me prend la main et m’appelle son ange gardien, ce n’est pas bientôt fini là-haut, de jouer avec moi ? Je n’arriverai jamais à prendre un regard extérieur sur les évènements pour démêler le vrai du faux, et ce que je sais et ne sait pas si les sentiments viennent m’envahir, m’empêchant ainsi de réfléchir, à tout ce que Julien, puis cette satanée conscience m'a dit...
Je sortis de mes pensées au moment où Renaud parlait.
- Démêler le vrai du faux ?
- Ce que tu sais et ne sait pas ? Reprit David à son tour.
- Si les sentiments viennent vous envahir ?
- Ta conscience ?
J’écarquillai les yeux d’horreur. De l’horreur mêlé à de la stupéfaction.
- Je… Dîtes-moi que je ne viens pas de parler tout haut là ?

A suivre dans le chapitre 23...
Chapitre 23
20 Mar 2008 
Chapitre 23

Quand les visiteurs arrivent toujours au bon moment


Je regardai tout à tour Renaud et David. Ils allaient me rassurer, me dire que je ne venais pas de parler tout haut. Pourtant, leurs regards à eux seuls m’étaient suffisants pour comprendre qu’effectivement, je venais de parler à voix haute… Je ne savais plus où me mettre.
Je me laissai tomber sur le lit d’hôpital.
- Ca va Lisa ?
Et puis, pourquoi tout le monde me demandait si tout ça allait bien ? Ce n’était pas moi qui venais d’avoir un accident ? Où alors, je ne comprenais plus rien !!!
… Je ne venais pas de parler à voix haute là au moins ?
A leurs regards, j’en déduisis que non. C’était les même que précédemment. En tous cas, ils n’étaient pas plus surpris ni plus inquiets.
Un peu plus j’allai en devenir folle, si je m’imaginai parler tout haut alors que j’avais de parler dans ma tête et si je m’imaginai que j’avais parlé… Enfin, vous avez compris.
- Oui, ça va. Pourquoi ça n’irait pas ?
- Qu’est-ce que tu as voulu dire par tu n’arriveras pas à prendre un regard extérieur pour démêler le vrai du faux ? Qu’est-ce qui est le vrai ? Qu’est-ce qui est le faux ? S’enquit David.
- Rien du tout.
- Tu ne veux pas que je t’appelle mon ange gardien ?
- Non ce n’est pas du tout ça…, murmurai-je.
- Tu sais, ce n’est pas grave, dis-le moi seulement. Je voulais simplement te dire que tu étais toujours là pour me sauver.
« Toujours là pour toi », pensai-je. « Oui je le suis David et le serai toujours ».
- J’ai parlé tout haut là ? Demandai-je, soudain inquiète.
J’étais vraiment complètement perdue là.
Ils se regardèrent puis Renaud répondit :
- euh, non, tu n’as rien dit…
« Ouf… ».
- Alors, qu’est-ce qu’il t’arrive ? demanda David de nouveau.
- Rien du tout.
- Tu es sûre ?
- Absolument, pourquoi je ne le serai pas ?
- Je ne sais pas, c’est à toi de nous le dire, répondit Renaud.
- Non, tout va bien.
- Tu ne veux pas que je t’appelle mon ange gardien c’est ça ? S’enquit David, qui semblait avoir cette question à cœur.
- Non, pas du tout…, murmurai-je.
- Tu me le dirai n’est-ce pas ? Si jamais ça te dérange…
- Oui…
Puis je pensai soudain à un détail qu’il avait dit.
- David…
- Oui ?
- Tu as dit, tu as bien dit que je t’avais sauvé trois fois ? Où c’est moi qui m’imagine n’importe quoi ?
Il resta un moment indécis, en tentant de se souvenir de ce qu’il avait prononcé il y avait quelques minutes. Mais ce fut Renaud qui répondit à sa place.
- Je crois effectivement que c’est ce qu’il a dit.
- Vraiment ? Répondit David, un peu étonné.
- Tu te souviens des deux premières fois ?... Mis à part ton réveil miraculeux de ce matin quand j’étais près de toi.
Et c’est moi qui en reparlai maintenant.
David parut désarmé.
- Je n’en sais rien. Je ne me souviens même pas que j’ai dit ça.
Je laissai retomber l’espoir qui avait commencé à germer en moi. Un peu plus, j’aurai entendu le bruit qu’il avait fait en retombant, tellement j’étais déçue. Mais je ne m’en formalisai pas.
- Ne t’inquiète pas, ce n’est pas si grave. C’était déjà un bon début de tentative.
- Mais je n’ai même pas fait exprès de le prononcer.
- Non, mais c’est simplement que tu le savais tout au fond de toi et que sans que tu le saches, ce souvenir a voulu revenir à la surface, mais il y est retourné car il n’était pas prêt. Pas prêt consciemment.
- Lisa ?
- Oui David ?
- Tout à l’heure tu parles de conscience et là…
- Non, vous avez dû mal comprendre, ou alors j’ai dû mal m’expliquer. Ce n’est pas du tout ce que j’ai voulu dire.
Tout d’un coup, j’étais confuse moi.
- Enfin, peu importe, dit alors Renaud, ça ne change en rien de la situation.
- Oui, ça ne change pas le fait que c’est grâce à toi que je suis en vie. Mais, je n’ai toujours pas compris ce que tu viens de dire…
Ca faisait combien de fois que j’entendais cette phrase dans la journée? Je ne risquai pas de l’oublier, que je lui avais sauvé la vie.
- Lisa ?
- Oui ? Euh, ne t’inquiète pas c’est pas grave que tu ne comprenne pas. Moi-même, j’ai un peu de mal parfois. Surtout en ce moment.
Le regard qu’il m’envoya fut interrogatif mais je n’avais pas le courage ni l’envie de m’expliquer mieux. De toute façon, ça ne m’aurait pas fait mieux comprendre.
Je remarquai également que Renaud me regardait avec étonnement.
- Oui, bon c’est bon, le malade ce n’est pas moi.

David ouvrit la bouche, amorça une parole mais il fut interrompu par une petite musique de portable. C’était la musique de la bande originale des Noces funèbres de Tim Burton.
- Excusez-moi, téléphone, s’excusa Renaud. Je vais prendre l’appel dehors.
Puis il sortit.
- C’est sympathique comme sonnerie ça, dit en souriant David.
- Oui. Enfin, si tu savais ce qu’est la mienne…
- Ah oui ? Et c’est quoi ?
- I just died in your arms tonight. Une chanson que j’ai toujours adorée.
Pour lui montrer, je fis retentir la petite chanson dans la chambre d’hôpital.
- Je la trouve très belle aussi.
Je me mis moi-même à fredonner les paroles pendant un moment. Pendant ce temps, celui-ci m’observait, une lueur amusée dans le regard.
- Oui moi aussi, répondis-je.
- Je sais, tu venais de me le dire.
- De quoi ?
- Que tu aimais cette chanson.
- Ah oui, désolée.
- … J’espère sortir dans pas longtemps, dit alors sombrement David. Je tourne, je tourne en rond, j’ai déjà l’impression de connaître cette pièce par cœur. J’ai hâte de retrouver Kerima.
- Et tout le monde là-bas sera ravi de te revoir, répondis-je en souriant.

Il fixa son regard sur moi.
- Tout le monde ?
- Oui bien sûr, tout le monde. Maintenant que Richard n’est plus là… Enfin, je suppose que Sophie préfèrerait que tu y restes encore longtemps mais…
- Richard ?
- Richard Von Brahmberg, le fils de Sophie et de ton père.
- On est donc demi-frère ?
- Et bien, oui.
- C’est super, je ne me souvenais pas non plus avoir un frère.
- Oui, enfin, je suppose que tu aimerais en avoir un autre plutôt que celui dont tu as hérité.
- Pourquoi ?
- Et bien, comment dire… Ca a toujours été un peu… Tendu entre vous. Au début, vous ne saviez pas que vous étiez frères, c’est Sophie qui l’a annoncé en plein repas de famille chez tes parents. Et ça n’a pas arrangé les choses entre vous… Je dirai même qu’elles se sont en quelque sorte empirées.
- On ne s’entend pas à ce point ?
Je secouai la tête.
- Je dirai même que c’est la guerre ouverte entre vous chez Kerima.
- Ce que tu me réapprends n’est pas très réjouissant Lisa. Mais il faut bien que je le sache à nouveau. Je trouve quand même dommage qu’on ne s’entende pas. Tu ne trouves pas ?
Je n’en revenais pas. Je n’avais jamais entendu David dire que c’était dommage que lui et Richard ne s’entende pas. Peut-être a-t-il un nouveau regard sur lui et sur sa vie, maintenant qu’il doit se ressouvenir de tout ? Après tout, c’est comme s’il avait un regard extérieur sur ce que je lui racontai, qu’il écoutait tout ce que je lui disais comme si c’était les souvenirs de quelqu’un. Et ainsi, peut-être était-ce plus facile pour en juger.
Mais ce n’est pas demain la veille que lui et Richard trouveront un terrain d’entente.
- Lisa ? Tu m’écoutes ?
Je sortis de mes pensées.
- Oui, bien sûr.
Il resta silencieux un moment puis après une seconde où il sembla hésiter, il reprit :
- Tu sais Lisa…
Je le regardai. Il avait pris soudain un air des plus sérieux, que j’avais rarement vu sur son visage et… Je me demandai sur le coup ce qu’il allait me dire.
La porte de la chambre s’ouvrit et une exclamation joyeuse retentit.
- Bonjour David, comment tu vas ?
Nous tournâmes la tête en même temps vers la porte.
C’était Max.

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17/02/2008 @ 17:16:51
par davidlisa080493


j'adore ses trop bien

17/02/2008 @ 17:15:29
par davidlisa080493


coucou ta presentation est très bien presenté ...

03/02/2008 @ 17:37:40
par lilas


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