Chapitre 4
02 Fév 2008 

Chapitre 4

Explications


Le bateau avait remonté l’ancre et voguait sur les flots du lac vers la grande île au centre de la crique et moi, je scrutai déjà l’horizon afin d’apercevoir une quelconque silhouette. Mais l’idée de me tromper complètement vint à moi doucement comme si celle-ci n’osait pas venir à mon esprit. Et s’il n’était pas sur cette île ? S’il était ailleurs ? Je me trompai peut-être ; peut-être n’était-il pas du tout ici ?... Alors où pouvait-il bien être ? Où ? En pensant à cela, je me sentie incapable de bouger. Et en même temps je tremblai. D’une main moite, je me maintins au bord du bateau pour ne pas tomber. Je fixai l’île qui se rapprochait peu à peu de nous avec appréhension et en même temps, impatience. J’étais effrayée de ce que j’allai découvrir…

C’est alors qu’en tournant un peu mon regard vers la droite – vers tribord en empruntant le terme approprié- je cru voir une silhouette dans l’eau. On aurait dit un homme. Il avait des cheveux courts, noirs. Non il n’était pas dans l’eau. Il y entrait. Et l’eau lui arrivait à la poitrine au moment où je l’avais vu. Mon souffle reste coincé dans ma gorge et je cru que mon cœur allait s’arrêter de battre. Nous étions à vingt mètres encore du bord et le bateau n’allait pas très vite. Résultat : Quand je descendrai à terre, on ne verrait déjà plus la tête de cet homme. Il aurait déjà été immergé.

Sans réfléchir un instant de plus, j’enlevai mes chaussures et sautai hors de la barque en me mettant à nager de toute la force de mes bras vers la silhouette. On ne voyait plus que le haut de sa tête.

- Mademoiselle !!! Que faites-vous ??? Avait soudain crié l’homme qui m’avait vu sauter sans en avoir vu la cause. Mais je l’ignorai et continuai de m’éloigner sans prendre le temps de lui répondre. La vie de cet homme était plus importante, il fallait d’abord l’empêcher de faire cette horrible bêtise.

Je m’éloignai à grande vitesse de la barque et déjà j’avais fait le trois quart du chemin. J’arrivai à l’endroit où la tête s’était immergée à peine 10 secondes avant et sans hésiter, je plongeai. Je le remarquai, étendais les bras pour l’attraper. Je le vis qui coulait. Je tentais un peu plus les bras et j’agrippai alors fermement mes bras en dessous de ses aisselles et le tirai vers le haut. Vers la surface. Ce fut difficile mais je persistai et bientôt nous crevions la surface de l’eau où je pris une grande inspiration d’air pur et lui aussi. Le tenant toujours, je nageai vers le bord afin de reprendre pied sur la terre ferme.

J’avais encore une fois de plus, sauvé la vie de David Seidel.

Celui-ci sembla reprendre conscience une fois que ses pieds touchèrent le sable de la plage et nous sortâmes entièrement de l’eau. J’avais froid, je tremblai, j’étais trempée jusqu’aux os et surtout j’étais en colère. J’étais en colère mais je me contrôlai le temps de reprendre mon souffle. Ce fut la voix de David qui sembla me réveiller.

- Lisa, ça va ?

Je relevai la tête et le regardai. Il était tout aussi trempé que moi et tremblai de même. Pourtant c’était de sa faute. Là, était la différence.

- Et toi, tu es sûr que ça va ?... David !!! Tu te rends compte que tu as voulu te noyer ?!!! Tu te rends compte ? Et si je n’avais pas été là ? Et si j’avais eu l’idée d’aller ailleurs mais pas ici ?!!! A l’heure qu’il est tu serais…

Mais le dernier mot resta coincé dans ma gorge. David ne s’était jamais sentit aussi gêné et il baissa son regard vers ses pieds, honteux.

- Je sais Lisa...

Mais j’étais furieuse.

- Tu sais ? Tu sais quoi ?... Que j’allais être là ?... Tu savais que j’allais venir alors tu pouvais bien essayer de te noyer c’est ça ? C’est ça que tu sais ?!!!

- Non Lisa. Je sais que j’ai été ridicule. Si tu n’avais pas été là…

- Encore heureux que tu le reconnaisse ! Et oui tu as été ridicule, oui !

- Pardonne-moi…

- Te pardonner ? Tu trouves que c’était la solution d’essayer de te noyer, tu crois que ça aurait résolu tes problèmes ?

    - Mais tu ne sais pas mes problèmes Lisa, tu ne m'aurai pas compris...

- Mais si tu m’en avais parlé, je les connaîtrai ! Ne suis-je pas ton amie ? Tu ne le sais pas encore que je t’aurais écouté ?! Et excuse moi mais, je ne t’aurai pas compris, tu me dis que je ne t’aurai pas compris ? Il n’y a personne d’autre qui aurait pu mieux te comprendre que moi ! Personne ! (J’avais les larmes aux yeux) Je ne t’aurai pas écouté, c’est ce que tu penses ???

- Si Lisa mais… Je ne sais pas, j’étais mal, et je ne voulais plus t’embêter avec mes problèmes… Et… J’avais un peu bu, et soudain cette eau si claire m’a parut si attirante…Si libératrice…

J’étais touchée par ses paroles. Je paru soudain moins furieuse car je me sentais émue par ses propos emplis de tristesse et de sincérité. Mais j’étais toujours en colère contre lui.

- David, tu te rends compte que nous étions tous inquiets à ton sujet ? Ton père est venu chez moi à sept heures du matin pour me demander de l’aide et moi je… Je n’ai pas dormi de la nuit à cause d’hier. Je savais qu’il y avait quelque chose mais je ne savais pas quoi… Nous étions très inquiets, j’étais très inquiète et toi, tu… Tu disparais ? Ce n’est pas la solution !

David baissa la tête.

- Et tu me demandes de te pardonner ? Je pensai avoir ta confiance David !

- Mais tu l’as ! Protesta David en relevant aussitôt la tête comme s’il avait été insulté.

- Ah oui ? Alors pourquoi tu ne m’as pas parlé de ce que tu avais ?!

- Je… Je suis désolé je…

Je fis mine de ne pas l’avoir entendu.

- Tu es quoi ?

- Je suis désolé Lisa.

- Tu es désolé ?... Et moi donc ! Je veux que tu médites mes paroles David et ton comportement. Ne reviens pas avant vers moi tu as compris ? Pas avant !...

Je tentai de refouler mes larmes et tournai mon regard vers la mer en faisant signe à l’homme de la barque d’approcher. Il semblait attendre ce signe, au cas où il fallait ramener cette jeune femme –c’est-à-dire moi- sur la berge. A mon signe, il démarra son moteur et approcha son bateau de la plage.

- Lisa, fit une voix suppliante derrière moi.

Je me retournai vers la silhouette tombée à genoux sur le sable.

- Non David, ça ne marche pas cette fois. Tu m’as fait trop peur. Ne reviens qu’après avoir compris tout ça et je ne veux pas que des excuses.

David laissa retomber sa tête sur sa poitrine et ne dit plus rien. Je repoussai loin de moi l’idée de le prendre dans mes bras pour le consoler et me contrôlant, je regardai le bateau s’arrêter à dix mètres de la plage. Je m’avançai dans l’eau vers lui et remontai à son bord. Puis il repartit. Je ne pu m’empêcher toutefois, malgré la colère, de regarder David s’éloigner de plus en plus de moi.

« Non il ne va pas recommencer, je ne le crois pas. Il regrette déjà ce qu’il a fait ».

 

Chapitre 5
02 Fév 2008 

Chapitre 5


Merci Renaud


Le chemin du retour me parut beaucoup plus court qu’à l’allée et quand je descendis du bateau et qu’il se mettait déjà à repartir, j’eus l’envie subite de remonter dessus, ou même de plonger à même l’eau et de retourner auprès de David. Je savais qu’il se sentait comme dépouillé de tout, aussi misérable et abandonné qu’un bout de chiffon pourrait paraître sur une plage, même pire que cela. Pourtant je me sentais blessée, blessée en mon âme propre et je me forçai à repartir.

Je repris le taxi et repartais vers la ville. Pourtant à mi-chemin je m’aperçu que je n’avais pas envie de rentrer maintenant chez moi et je demandai au chauffeur de me déposer là où nous étions. Je lui payai ce que je devais et continuai à pied. J’arrivai je ne sais comment devant chez Renaud et frappai donc à sa porte. Il m’ouvrit en tenue très décontractée, pied nus et en plus avec un air surpris.

- Lisa ? Que faîtes-vous là ? Vous…

Il fronça les sourcils.

- Vous avez pris votre bain toute habillée ?

- Non bien sûr que non !!! M’exclamais-je, soudain en colère contre lui, même s’il n’avait rien fait.

Celui-ci ne su que dire à ma réponse. Ce fut moi qui répondis, un peu confuse.

- Non excusez-moi je… Je ne sais même pas pourquoi je suis arrivée ici…

Il comprit immédiatement que je n’allais pas très bien et me fis entrer dans son appartement.

- Que s’est-il passé Lisa ?

Pour la première fois, la colère avait entièrement disparue et tout le poids de la peur que j’avais eu, prit le dessus et je fondis en larmes. Renaud ne su que faire, il s’assit sur son canapé et attendit que je puisse enfin m’expliquer.

- C’est David…

- Ah, fit il, dans le sens de « Ah, encore lui ».

- Son père est arrivé chez moi ce matin et m’a dit qu’il était parti de bonne heure sans même annoncer où il allait. Hier soir j’ai bien senti qu’il y avait quelque chose mais je ne savais pas quoi, et il n’a pas voulu me le dire… Il m’a dit qu’il ne voulait pas m’embêter avec ses problèmes…

- C’est plutôt consciencieux de sa part…

- Non ! Protestais-je. Il ne faut pas garder ce qu’on a sur le cœur pour soi, il aurait dû m’en parler ! Mais non, il ne s’est pas préoccupé de ce que nous ressentions, moi, ses proches, il n’a pensé qu’à lui !

- Lisa, je crois que vous en faites un peu trop…

- En faire trop ! M’écriai-je en sautant sur mes pieds. J’en fais trop ?

- Lisa, je n’ai pas dit cela pour vous vexer mais je pense qu’il croyait bien faire en ne vous racontant pas ses problèmes.

- Bien faire ? Oui, il croit toujours bien faire ! Mais il fait toujours tout de travers !... Se noyer c’était bien faire ?

Renaud resta interdit un moment puis il parvint à articuler.

- David a… Essayé de se noyer ?

- Oui bien sûr ! Vous pensiez que je serai dans cet état si c’était quelque chose de moins grave ?!

- Non, bien sûr que non…

- Et après il dit qu’il est désolé ? Qu’il n’aurait pas dû agir ainsi ? Mais est-ce qu’il a pensé à nous ? Est-ce qu’il a pensé à comment nous serions maintenant, s’il avait réussi à se noyer, si je ne l’avais pas retrouvé avant ?!

A ces deniers mots, comme si je ne pouvais en supporter davantage, je fondis en larmes.

Renaud resta silencieux un instant puis me demanda doucement.

- Je ne comprends pas quelque chose Lisa. Il a essayé de se noyer et vous l’avez laissé seul ?

- Je sais qu’il n’allait pas recommencer, il n’avait plus la force de le faire, de retourner à l’eau. Lorsque je l’ai quitté, il était à genoux sur le sable, la tête baissée. Et je l’ai laissé seul pour qu’il réfléchisse à ce qu’il a fait. Tout seul. Et je lui ai dis que je ne voulais pas le revoir avant.

Je fondis de nouveau en larmes.

Me voyant dans un tel état, il essaya de me consoler et me prit dans ses bras. Je n’avais même plus la force de le repousser. Et puis, un peu de réconfort faisait du bien à tout le monde… En pensant cela, je songeai à David qui lui aussi en avait besoin et je pleurai encore plus fort. Je l’avais laissé tout seul. Je n’aurai pas dû partir comme ça.

- Je n’aurai pas dû partir comme ça…, sanglotai-je.

- Je crois que si vous pensez qu’il ne récidivera pas, vous avez bien fait de le laisser réfléchir à ce qu’il a fait.

- Mais, lui aussi a besoin de réconfort…

- Pour le moment, je crois que celle qui a besoin de réconfort, c’est vous.  Vous allez dormir un peu Lisa pendant que je vais vous chercher un peignoir en attendant que vos vêtements ne soient secs.

Il se leva et je relevai la tête.

- Merci Renaud. Vraiment.

Renaud ne trouva qu’à m’adresser un petit sourire et partit me chercher un peignoir blanc qui me tint au chaud jusqu’à ce que je puisse enfiler de nouveau mes vêtements. C’est-à-dire que je restai dans le canapé de Renaud enroulée dans le peignoir qu’il m’apporta pendant quatre ou cinq heures. Je dormi pendant presque tout ce temps, le poids des émotions de la matinée retombant et se reportant sur mon sommeil.

Pendant ce temps, Renaud était resté à me veiller un long moment avant qu’il ne décide que je ne risquai plus rien. Il se rendit donc dans sa chambre pour vaquer à ses occupations, tout en se tenant prêt à réapparaître de nouveau au salon s’il m’entendait me réveiller ou parler.

Chapitre 6
02 Fév 2008 

Chapitre 6

Excuses et pardon


En fin d’après-midi, je me retrouvai de nouveau dans ma chambre, assise sur le rebord devant ma fenêtre. Mes jambes étaient repliées sous moi et un ourson marron me faisait face, assis lui aussi devant la fenêtre, tandis que son rival, un singe tout mignon se trouvait à côté de lui. Je regardais l’ourson sans pouvoir m’arrêter de le fixer. J’espérai que David avait bien réfléchi et qu’il en était arrivé à la bonne décision. Et aussi qu’il était bien rentré… Madame Seidel m’avait appelée au moment où je quittai Renaud et rentrai chez moi, je l’avais donc rassurée sur David. J’avais ensuite repris le train pour rentrer chez moi. Et à présent, j’étais près de ma fenêtre en train de me demander ce que faisait David. Je ne pourrai jamais m’arrêter, jamais ?

Je pris l’ourson dans mes bras et le serrai contre moi en fermant les yeux.

Je soupirai et me levant je me dirigeai vers mon lit où je m’allongeai. Je fermai doucement les yeux et m’endormis, l’ourson bien callé dans mes bras. C’est alors que, quelques heures plus tard une sonnette me sortit de mes songes. J’ouvris les yeux après cinq secondes, le temps de m’être convaincu que ça ne venait pas de mon rêve et lorsque je l’entendis une seconde fois, je me levai et descendis dans la salle jusqu’au vestibule où j’ouvris la porte d’entrée. Je découvris David sur le pas de ma porte, il portait toujours ses vêtements mouillés, enfin ceux-ci avaient séchés sur lui, ce qui signifiait qu’il n’était pas rentré chez lui et qu’il avait erré jusqu’à maintenant dans les rues. Peut-être était-il resté toute la journée sur l’île, à réfléchir ?

- David ? Dis-je un peu étonnée de le voir débarquer à cette heure-ci de la soirée.

« Quelle heure était-il au fait ? » songeai-je.

Un coup d’œil à ma montre m’apprit qu’il était près de 23 heures.

- Lisa, je suis vraiment désolé, si tu savais comme je le suis. Je sais que j’ai agi n’importe comment et pas qu’aujourd’hui mais tous les jours précédents aussi. J’en suis vraiment désolé. Je sais que tu m’as dit de ne pas venir pour seulement m’excuser mais aujourd’hui j’ai beaucoup réfléchi grâce à toi et… J’ai été idiot, tout à fait idiot de croire que je pourrai mettre fin… De cette manière à mes problèmes... Est-ce que… Est-ce que, tu pourras un jour me pardonner ?

Sur la pas de ma porte, là, devant moi, ses vêtements encore un peu humide sur lui, je lui avais déjà tout pardonné. Mais je ne voulais pas me l’avouer si facilement.

- David euh… Ca ne pouvait pas attendre demain ?

- Non, je t’ai déçu,… Je vous ai tous déçu, il fallait d’abord que je m’excuse auprès de vous tous… Je ne pouvais plus me supporter tel que j’ai agi…

Je m’écartai de la porte en disant :

- Bon mais, tu ne veux pas rentrer un peu ?

- Oui, merci Lisa.

Je fermai la porte derrière lui et deux minutes plus tard nous étions assis sur le canapé dans la salle.

- Et tes parents, tu as d’abord été les voir ? demandais-je curieusement.

- Je… Je ne suis pas encore rentré à la maison car je… Je voulais d’abord passer te voir... Est-ce que tu pourras un jour me pardonner Lisa ?... Je sais maintenant que ce n’était pas la solution de vouloir en finir avec tout ça pour de vrai, et que vous vous êtes beaucoup inquiétés. Je comprends que tu m’en veuilles Lisa, et je ne m’attends pas à ce que tu me pardonnes tout de suite… Je sais que je t’ai fait du mal…Mais ce n’était pas volontaire, je te le promets… Je ne voulais seulement pas t’embêter avec mes problèmes…, que tu les porte toi aussi comme si c’était les tiens pour m’aider et… Et…

- Et ?

- Et ?... Tu sais très bien que je te considère comme une très bonne amie, comme ma meilleure amie, celle avec laquelle je peux tout confier et que je n’ai jamais voulu te faire du mal ou te blesser… Tu es tout pour moi Lisa, tu es tout ce qui me restes.

A l’entendre parler ainsi, je commençai à avoir les larmes aux yeux. Il était quasiment à genoux devant moi, me tenait les mains et il pleurait en me parlant. Je sentis une larme tomber sur ma main. Je cru qu’elle m’appartenait mais c’était celle de David.

- J’aurai dû te parler, je sais très bien maintenant que je n’aurai pas dû garder tout ça pour moi… Mais je vais changer Lisa, je te promets que je vais changer. Mariella maintenant c’est du passé, je ne m’enfoncerai plus jamais dans mon malheur car je ne suis pas le plus malheureux sur terre. Tu t’en souviens, c’est toi qui me l’as dit. Je ne l’ai pas oublié, je m’en souviens. Maintenant je l’ai compris, je t’assure. Et je sais que lorsque tu es là, je suis heureux comme un enfant, tout me sourit et plus rien ne m’importe. Je ne veux pas te perdre. Jamais Lisa.

Sur ces derniers mots, je n’avais plus seulement les larmes aux yeux mais je pleurai véritablement.

- Je… Je t’ai déjà pardonné David…, murmurais-je puis je le reprenais une deuxième fois plus fort.

Notre discussion se termina par la plus grande embrassade de réconciliation que nous n’ayons jamais eu. Et moi, je savourai cet instant toujours en pleurant. Nos larmes de joie se mêlaient et bientôt je ne su plus qui pleurai le plus ni le moins. Je crois que notre joie ou notre peine était identique pour l’un et pour l’autre.

Chapitre 7
02 Fév 2008 

Chapitre 7

« La nuit de la réconciliation »


Quand nous nous séparâmes, j’eus l’impression que tout s’était de nouveau effacé. Tout ce qui s’était passé avant et ma colère de ce matin étaient passées. J’étais devenue la plus heureuse des jeunes femmes car je m’étais réconciliée avec l’homme que j’aimais. Bien que je savais que ça ne serait jamais réciproque. Mais je souriais intérieurement. J’étais contente qu’il soit là. Contente ? Non, heureuse était plutôt le mot !!! Quand il se leva et que je savais qu’il allait dire qu’il allait partir, je voulais me lever également pour lui dire de rester, mais je ne pouvais pas le retenir.

- Je vais devoir y aller Lisa, si je ne veux pas rater le dernier train, me dit-il tristement et comme s’il aurait voulu ne pas être obligé de prononcer cette simple phrase qui ôtait d’un seul coup la magie à nos retrouvailles.

- Tu n’es pas venu en voiture ? Lui demandai-je.

- Non ce matin je suis parti à pied et comme je ne suis pas repassé chez moi, je n’ai pas pris la voiture pour venir ici. Je suis venu en train.

Je me sentis alors un peu gênée de le lui dire mais…

- David, il est près de minuit… Enfin je crois…

Je levai le regard vers la pendule du salon et m’aperçu qu’elle confirmait mes pensées. Il était minuit bien passé et le dernier train qui passait à Göberitz était passé il y avait cinq minutes. J’informai David de cette nouvelle et ajoutai :

- Je suis vraiment désolée que tu ais raté le dernier train…

- … Et il n’y a plus de train c’est ça avant demain matin ? Continua t-il ma pensée.

Je souriais tristement, essayant de ne pas trop me réjouir.

- Tu peux peut-être prendre le taxi ?

- Je n’ai pas pris mon argent, je suis parti très vite ce matin et… Je pourrai rester dormir chez toi,… Pour cette nuit… Enfin si tu veux ? Je ne veux pas abuser de ta gentillesse…

Il parut soudain embarrassé d’être un poids pour moi. Il ne voulait pas me déranger. Et je savais qu’il était sincère. J’appréciai beaucoup l’attention et lui répondit :

- Ne t’inquiète pas, tu ne me dérange pas. Tu dormiras dans mon lit. Et moi dans le fauteuil dans ma chambre. Il est très confortable, ajoutai-je en ayant retrouvé ma bonne humeur habituelle.

- Dans le fauteuil ? Ca ne va pas ? C’est moi qui viens t’importuner un soir à minuit et ce serait toi qui dormirais dans le fauteuil ?... Pas d’accord.

Pour marquer son refus de cette situation, il croisa les bras sur sa poitrine.

- Tu es sûr que tu veux dormir dans le fauteuil ? Demandai-je.

- Je ne vais pas te priver de ton lit parce que j’ai été si stupide aujourd’hui. Et puis le fait de dormir dans la même pièce clôtura notre réconciliation.

Je le regardai .Il était des plus sérieux en disant cela. Je ne doutai pas un instant de sa sincérité.

- C’est d’accord, répondis-je, et si ça ne te dérange pas de prendre le fauteuil…

- C’est tout à fait normal, me répondit-il, que je ne te prenne pas ta place.

Sur ces mots, nous montâmes dans ma chambre et nous nous couchâmes, moi dans mon lit et David dans le fauteuil sous la plus chaude couverture que j’aie pu trouver dans mon placard pour lui. Je ne voulais pas qu’il attrape froid.

Je crois que j’eus du mal à m’endormir ce soir-là, en sachant que David dormait dans la même pièce que moi. Mais il fallut bien que je ferme les yeux quand même et sitôt fait, sitôt je m’endormis, mon ourson marron au creux de mes bras, comme mon petit protégé.

Partie 2 : Chapitre 8
17 Fév 2008 

Chapitre 8

Devinettes matinales


Je me réveillai le lendemain bien avant David et je restai silencieuse dans mon lit à le regarder. Allongée et la tête sur les mains, je me laissai bercer en le regardant dormir d’un sommeil tranquille. Je n’avais pas oublié la veille, où le soulagement s’était succédé à la peur à laquelle s’était elle-même succédée la joie des réconciliations. Rien de plus n’aurait pu me faire plus plaisir, rien !... A part peut-être une chose, mais je doutai que cela puisse un jour se concrétiser. Alors que je replongeai dans un songe dont les ingrédients m’appartenait, j’entendis David bouger mais je restai un instant à rêver… Je dus sourire inconsciemment car j’entendis la voix de David aussi soudainement que je cru sur le coup qu’elle venait de mon rêve.

- Lisa ? Tu rêves ?

J’ouvris les yeux et le regardait, surprise.

- Un beau rêve, n’est-ce pas ? reprit-il.

Prenant soudainement conscience de ce dont je rêvais (ce qui entre nous est un peu normal), je m’embrouillai et bafouillai, le rouge me montant soudain aux joues.

- Euh… Oui, enfin non… Euh oui un beau rêve…

Il afficha un petit sourire et me demanda :

- Et je peux savoir ?

- Non ! M’écriai-je soudain en sautant sur mes pieds.

David afficha un air surprit.

- Ah bon ?

- Non, je veux dire, c’était rien, juste un rêve sans importance.

- Tous les rêves ont une importance, non ? S’enquit-il.

- Pas les miens, me précipitai-je à dire.

- Bon d’accord… Tu sais quoi Lisa ? Ajouta t-il après un silence.

Je secouai la tête.

- Je me sens bien ici avec toi.

Sur le coup, je me sentis confuse car c’était justement par ces mots qu’avait commencé mon rêve.

- Ah ?

David acquiesça. Il se leva, s’approcha de ma fenêtre devant laquelle il s’assit et regarda au-dehors.

- Quand je suis avec toi, je me sens apaisé. Je n’arrive pas à m’expliquer mieux, mais j’ai l’impression que rien ne peut m’arriver. Que rien de mieux ne peut m’arriver que d’être ici avec toi.

Je me levai également et m’approchai de la fenêtre, puis je laissai mon regard errer sur le ciel bleu dans lequel avançaient quelques moutonnements de nuages. C’était vraiment apaisant et me trouver là avec David rajoutait encore à cet apaisement.

- Oui moi aussi, répondis-je.

Ne s’étant pas aperçut que je m’étais approché, à mes paroles il détourna soudain la tête du ciel et me regarda.

- Enfin je veux dire que je vois ce que tu veux dire…, répondis-je confuse.

- Je savais que tu me comprendrais, répondit-il.

- Oui. Il faut dire que de cette place on domine toute la rue, on voit la terre comme le ciel et nous avons l’impression d’être protégés du monde extérieur. On se sent en sécurité.

« Et je me sens en sécurité avec toi », pensai-je en continuant de sourire.

David me sourit et se leva.

- Je crois que pour moi, ce n’est pas seulement la fenêtre qui m’apaise, dit-il pensif. C’est cette chambre, accueillante et chaleureuse. A l’image de sa propriétaire, tu vois ce que je veux dire ?

Je souris modestement.

- Je crois…

- Tu sais quoi Lisa ?

« Encore une devinette ? » Pensai-je.

- Non, répondis-je.

- Je suis content que nous nous sommes réconciliés, répondit-il en me prenant dans ses bras.

Je savourai ce petit moment et les yeux fermés, répondis :

- Oui moi aussi.

David s’éloigna et reprit en souriant :

- Décidément je t’ai connu plus bavarde…

- Euh…

« C’est peut-être que je suis émue David à un point que les paroles ne peuvent plus exprimer la pensée ».

- Je veux dire, contrairement à hier. Mais tu avais raison.

- Oh oui, enfin contente que tu te sois raisonné.

- Grâce à toi. Comme toujours.

- Oui mais hier j’étais en colère. Aujourd’hui je suis…

« Emue », pensai-je.

- Emue ?

- Co… Comment tu sais ce que je pensai ?

- Ah ah je sais tout…, me dit-il en me faisant un clin d’œil.

- Bon, tu as peut-être faim ? Tu veux qu’on descende déjeuner ?

- Non je vais rentrer, je ne voudrai pas te déranger plus longtemps.

- Tu ne me déranges pas !

David allait répondre lorsqu’il fut interrompu par quelqu’un qui frappa à la porte et une voix se fit entendre.

- Lisa, tu es réveillée ? Tu descends manger ?

- Oui maman je suis réveillée, nous descendons dans une minute.

Je n’avais pas fais attention que je venais de parler à la deuxième personne du pluriel et de l’autre côté de la porte, il y eut un silence. Une seconde plus tard, ma porte de chambre s’ouvrit par laquelle apparut la tête de ma mère.

- Monsieur Seidel ?

Ce fut ses premiers mots lorsqu’elle vit David.

- Bonjour Madame Plenske, répondit David enchanté.

Ma mère fit un signe de tête puis tourna les yeux vers moi.

- Qu’est-ce que…

- Oh, David est arrivé hier soir pour… S’excuser et comme il était déjà tard pour le train, je lui ai proposé de rester dormir à la maison.

- Ah. Et…

Je restai silencieuse, attendant que ma mère finisse sa phrase puis je compris.

- Il a dormi dans le fauteuil, il a insisté pour que je garde mon lit, et donc voilà.

- Je suis arrivé tard et je ne voulais pas la déranger en lui empruntant son lit, répondit David.

- Entendu, bon… Vous prenez le petit déjeuner ici ?

- Non je vais rentrer chez moi maintenant. J’ai déjà assez abusé de votre hospitalité et de celle de Lisa. Et puis mes parents doivent se faire un sang d’encre. Je ne suis pas encore passé à la maison.

- C’est comme vous voulez Monsieur Seidel.

 

Après le départ de ma mère, David et moi descendîmes et avant qu’il ne parte, ce fut une nouvelle fois les effusions. Puis David sortit. Je le suivi du regard jusqu’à ce que je ne le vis plus et je refermai la porte. J’aurai pu rester encore un long moment le dos appuyé contre le battant si ma mère n’était pas venue voir ce que je fabriquais.

- Lisa ?

Je me repoussai immédiatement de la porte et répondis.

- Oui, je vais prendre un déjeuner, mais rapide maman, sinon je vais rater mon train.

Et je me rendis dans la salle.

 

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ses trop bien

27/06/2008 @ 10:41:26
par davidlisa080493


j'adore

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il est trop bien

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par davidlisa080493


j'adore ses trop bien

17/02/2008 @ 17:15:29
par davidlisa080493


coucou ta presentation est très bien presenté ...

03/02/2008 @ 17:37:40
par lilas


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