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Chapitre 16
20 Mar 2008 
Chapitre 16

La joie d’être vivant


Une main secouait mon épaule.
- Mademoiselle ?
Et une voix m’appelait.
Je sortis de mon inconscience et ouvris les yeux. Mon regard se dirigea tout d’abord vers la fenêtre et le jour dehors que l’on voyait se lever. Mes yeux tournèrent ensuite et se posèrent sur une jeune femme en blouse blanche à mes côtés qui paraissait surprise de m’avoir découverte dans la chambre dès l’ouverture de l’hôpital. Elle sembla soupçonner que je m’étais fait enfermer exprès la veille au soir.
- Vous êtes restée toute la nuit ?
Je ne savais pas quoi lui répondre sur le coup mais je décidai de lui dire la vérité.
- Oui enfin non, je suis venue le voir hier après-midi et je me suis endormie en ignorant l’heure qu’il était… Et je me suis laissée enfermer pour la nuit.
Enfin, presque la vérité.
L’infirmière parut douter sur ce que je lui disais mais elle finit par hocher la tête, signifiant qu’elle me comprenait.
- C’est d’accord, ne vous inquiétez pas je vous crois, mais si jamais le médecin entre et vous trouve là, répondez que vous êtes arrivée ce matin à l’ouverture. Il est assez strict sur les périodes de visites et il ne tolère pas que l’on dépasse les horaires de visites.
J’acquiesçai et la laissai partir. Je me tournai vers David. Il dormait dans la même position que la veille quand j’étais entrée dans sa chambre, et portait sur son visage le même air serein et tranquille, immobile dans ses draps blancs. Je m’aperçu que je tenais toujours sa main dans la mienne. Je la libérai et me levai. Je jetai un coup d’œil sur la machine qui le reliait à la vie et indiquait le rythme des pulsations de son cœur. Je fus ravie de constater que ceux-ci ne s’étaient ni emballés ni ralentis et qu’ils étaient tout aussi réguliers. Je reportai un regard humide sur David qui dormait toujours d’un coma profond. J’essuyai mes yeux d’un revers de main et lui dit :
- Je vais y aller David. Je repasserai dans la journée… Rétablis-toi bien.
Je me baissai vers lui et l’embrassai sur le front.
Sur ces derniers mots et ce baiser d’au revoir, je m’éloignai à reculons vers la porte de la chambre, ne voulant pas le quitter des yeux. J’accrochai la poignée par derrière et m’apprêta à l’ouvrir. Avec un dernier regard, je me retournai et sorti.
- Lisa ?
Je me figeai.
Lisa ? Tu viens de penser ton nom ? Ca devient grave ma p’tite Lisa, pensai-je ironiquement, tu as peur d’oublier comment tu t’appelles ? Et donc tu…
- Lisa c’est toi ?
Bien sûr que c’est moi Lisa. Je me figeai de nouveau à cet appel, à cette question, à cette voix. Mais Lisa, ce n’est pas toi qui viens de parler !!! C’est David. Da… David ?! Je fis lentement volte face. C’était bien David qui venait de parler ? Ou bien j’avais tellement espéré ce moment dans la journée d’hier que je l’imaginai toute seule me parler ?
- Lisa ?
Li… Li… Lisa ??? Da… David ?! David tu viens de me parler là ? C’est… C’est merveilleux !!! C’est un miracle, un… Un véritable miracle !!! J’ouvrai la bouche afin de parler, de lui répondre mais je ne pu prononcer un seul mot. J’ouvris la bouche puis la refermai et la rouvrais sans qu’aucune parole ne puissent sortir. Chaque mot que je pensai était aspiré dès l’instant où ils atteignaient ma pensée. Aspiré par la joie, le bonheur de sentir mon corps frémir à chaque mot prononcé par David.
- Oh, excusez-moi mademoiselle vous n’êtes pas celle que je croyais. Je pensai que… Vous savez où est Lisa ?
Je revins peu à peu de ma surprise et cette fois je répondis.
- Je… Je suis Lisa.
A ma réponse, le regard de David sembla se remplir de vie, de joie, se réchauffer comme un bloc de glace que l’on aurait mis près du feu. Mais au lieu de fondre, il reprenait vie.
- Je suis content que tu sois là, dit-il le regard illuminé.
Je savourai ce moment de son réveil. Que c’était bon, que c’était rassurant de le voir sourire de nouveau !!! Je n’avais jamais imaginé plus grande joie que de le voir me parler, de sentir son regard sur moi. Je sentis mon corps, si froid depuis hier, se réchauffer peu à peu, dire au revoir à l’hiver, et bonjour la vie !!! Je me sentais renaître !
Les mots peu à peu me revinrent et je réussi à lui demander.
- Tu, tu te souviens de mon nom ?
Je m’approchai de nouveau de son lit en même temps que je lui posai cette question.
- Bien sûr Lisa ! Comment pourrai-je t‘oublier ?
Tiens ça me rappelle quelque chose cette phrase… Renaud avait raison, il avait entièrement raison. Il a prononcé exactement la même phrase hier. Il avait raison.
- Pourquoi croyais-tu que je t’avais oublié ? S’enquit David.
- C’est le médecin qui nous a dit…
J’hésitai un instant. De tout façon il faudra le lui dire.
- Le médecin nous a dit que tu avais reçu un choc à la tête et que tu avais perdu la mémoire.
David parut surpris puis peu à peu son sourire s’effaça et son esprit se brouilla.
- Amnésique ?...
J’acquiesçai lentement puis lui demanda, le cœur battant :
- Tu te souviens de quelque chose ? Qu’as-tu oublié ?
Les sourcils froncés, il parut réfléchir puis il répondit lentement :
- Je n’en sais rien… Comment pourrai-je me souvenir de ce que j’ai oublié ?
- Désolée c’est moi qui suis bête, tu as raison comment tu pourrais te souvenir de ce dont tu as oublié…
Puis je repris :
- Donc, tu te souviens de moi.
-Oui, c’est même grâce à toi que j’ai réussi à me battre.
Je fus touchée par ces paroles, tellement que j’en perdis presque ce que je voulais dire.
- N’exagère pas David.
- Si je t’assure, il me semblait entendre ta voix, te sentir à côté de moi. Je ne sais pas si c’était vrai mais j’avais l’impression que tu étais là, tout hier soir. Chaque seconde, chaque minute, chaque heure de la journée d’hier, tu étais là avec moi.
- Ce qui n’est pas faux.
« Alors il m’a entendu lui parler hier soir ? »
David tourna un regard surpris vers moi.
- Qu’est-ce qui n’est pas faux ?
- Je suis restée là hier soir, dis-je presque en un murmure. En fait je… Je me suis endormie et la nuit est venue et…
David semblait au comble de la joie.
- C’est vrai ? Alors tu étais bien là ! Je le savais, je savais que tu étais là, je sentais une présence amie, une présence chère au travers du brouillard où je me trouvais.
Il avait dit amie ? Il avait dit amie ! Donc il n’avait pas oublié notre amitié. J’étais au moins rassurée sur une chose.
- Donc, reprenons, repris-je en contrôlant ma joie réelle, tu te souviens de moi c’est une chose. De quoi te souviens-tu sinon ? Je ne sais pas, il y a quelque chose de ta vie dont tu te rappelles. Tes parents ? Kim, Mariella ? Kerima ?
- Mariella ?
- Oui Mariella tu as bien compris, répondis-je avant de me rendre compte du malentendu. Attends, tu te souviens de Mariella ? C’était ta fiancée jusqu’à il y a peu, mais…
Comment je vais pouvoir lui expliquer cela sans lui faire un choc ?
- … Mariella et toi avez rencontré un architecte pour la construction de votre maison mais… Vous n’êtes plus ensemble parce que… Parce que… Elle et cet architecte sont tombés amoureux l’un de l’autre. Ca t’a fait sacré coup mais…
Je m’interrompis car je m’aperçu que David m’observait. Un regard qui me mis mal à l’aise.
Je regardai derrière moi, croyant qu’il regardait quelqu’un d’autre qui venait d’arriver. Mais il n’y avait personne.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Tu te souviens de Mariella et de tout ça ? Dis-je avec espoir.
David secoua la tête.
- Non je regrette, je suis désolé mais je ne m’en souviens pas.
J’essayai de rester positive.
- Ce n’est pas grave, ça va te revenir. Le médecin nous a dit que c’était une amnésie passagère et qu’avec du temps, la mémoire allait te revenir…
Je m’interrompis à nouveau car je me rendis compte que David avait le regard dans le vide. Je ne sais pas ce à quoi il pensait ou réfléchissait.
- Et on n’est plus ensemble alors ? Je veux dire avec… Mariella ?
Je secouai la tête.
- C’est bizarre.
- Oui, qu’est-ce qui est bizarre ? Lui demandai-je en pensant que quelque chose lui était revenue.
- Est-ce que… Comment on s’est connu ?
- Euh… Et bien en fait, je suis arrivée il y a plusieurs mois à Kerima pour le poste d’assistance de direction. Après le départ en retraite de ton père, c’est toi qui devenu le directeur de Kerima.
- Donc tu es devenue mon assistante ?
- … En fait, c’est plus compliqué que ça mais… Au début je n’ai pas été prise, j’ai fais mes débuts à la cafétéria… Mais le jour de mon arrivée il y a eu une présentation de la collection et… Tu as failli te noyer.
David sursauta à ces mots.
- J’étais la seule à t’avoir vu alors j’ai… J’ai sauté.
- Et tu m’as sauvé ?
- Oui. Tu t’en souviens ?
David secoua la tête.
- Non…
Il baissa la tête.
- Je suis désolé.
- Ne t’en fais pas, ça va te revenir.
- Tu veux bien continuer s’il te plaît ?
- Bien sûr. Donc je t’ai sauvé. Le lendemain cependant, quand les journalistes sont arrivés à Kerima pour te questionner sur cet incident, tu… Enfin, tu as annoncé à tous que c’était Sabrina qui t’avait sauvé.
- Et toi dans tout ça ?
- Moi ?
- Oui toi, me répondit-il en souriant.
- Moi je… Je me suis fait le plus petit possible.
Il parut ne pas comprendre cette réaction.
- Mais comment t’ai-je remercié dans ce cas ? demanda t-il avec espoir, pour sauvé ce qu’il pensait de lui.
- Et bien tu… Tu ne m’as pas remercié tout de suite. Mais, quelques temps plus tard, à la surprise de tous, tu m’as nommé ton assistante... Encore que, je pense que c’était pour que Mariella arrête de te harceler en te proposant Sabrina.
Je me tu lorsque je m’aperçu qu’il ne parlait plus.
- David ? Tu me suis ?
- Lisa, dit-il d’une voix faible.
- Oui ? M’inquiétai-je.
- D’après le portrait que tu fais de moi je,… J’étais vraiment comme ça ? Pourquoi je n’ai pas dit devant tout le monde, devant les journalistes que c’était toi qui m’avais sauvé ?
- …
- Lisa ?
- … Je... Tu étais, enfin peut-être, enfin ce que je veux dire c’est que tu étais en quelque sorte un peu…
Je ne savais pas comment le lui dire.
- Et bien, tu viens d’une famille aisée, ton père a crée une société de mode qui est à présent connu dans toute l’Allemagne probablement. Tu viens d’un monde où les apparences comptent beaucoup. Tu sais ce que c’est la mode, c’est la beauté, l’élégance…
- Où les apparences comptent avant tout ?... Mais j’ai changé, je ne suis pas resté comme au début, méprisant de toutes autres choses ?
Il semblait vraiment s’inquiéter de cette question.
- Oh oui tu as changé. Peu à peu on s’est rapproché et on est devenu amis.
- Vraiment ?
J’acquiesçai de nouveau.
- Amis comment ?
- Comment ça amis comment ?
- Je veux dire, amis simplement, bons amis, très bons amis ?
- Oh, bons amis. Très bons amis.
- Bons ou très bons ?
- Très bons.
Il fronça les sourcils.
- Pourquoi es-tu si gênée ?
- … Non pas du tout, ce n’est pas du tout ça.
- Ah bon ?
Il resta silencieux un moment puis après un moment de silence…
- Lisa j’ai… J’ai une impression…
Je l’écoutai attentivement, croyant qu’un souvenir lui était revenu.
- Je veux dire, Mariella, c’était vraiment sérieux ?
- …
Comment répondre à ça ?... Réfléchis Lisa, réfléchis.
- Et bien oui assez. Vous vous connaissiez depuis l’enfance et tout le monde pensait que vous étiez fait pour être ensemble.
- Je crois que ça ne pouvait pas marcher.
- Pourquoi donc ? Demandai-je surprise.
- Et bien parce que justement on se connaissait depuis l’enfance et c’était sans doute trop évident que nous soyons ensemble.
Je restai silencieuse.
- Oui peut-être…
Il réfléchit un instant et me demanda de nouveau.
- Je ne me souviens pas, est-ce que j’ai quelqu’un d’autre ?
- Quelqu’un d’autre ?
Il acquiesça. Je compris enfin.
- … Et bien non je ne crois pas.
Je me senti soudain de nouveau mal à l’aise au regard qu’il m’adressa.
- Tu veux savoir encore quelque chose ? Lui demandai-je.
- Non je… Merci Lisa ça ira.
Le sourire qu’il m’envoya me désarçonna et je cru que mes jambes allait défaillir.
- Sinon, qu’est-ce qui est arrivé pour que je me retrouve ici ?
Ravie de changer de sujet, je lui répondis.
- Tu as eu un accident de voiture… En traversant devant chez Kerima.
David resta songeur un long moment. Moment que je n’osai interrompre. Peut-être essayait-il de saisir, de se rappeler d’autres souvenirs.
Je n’en revenais toujours pas que le premier mot qu’il eut prononcé fut mon nom et qu’il ne se souvenait pas de Mariella alors qu’elle avait si longtemps compter pour lui. Etait-ce… Etait-ce un signe ?
- David !
Je me retournai pour voir entrer dans la chambre Laura suivi de Frédéric et Kim. Tous les trois se précipitèrent sur David. N’osant déranger ces retrouvailles, je laissai ma place et me reculai contre le mur blanc de la chambre. J’avais bien besoin de repos, d’un bon repos, une bonne journée au fond de mon lit. Avec tout ce qui s’était succédés ces derniers jours, je m’étonnai de tenir encore debout.

Chapitre 17
20 Mar 2008 
Chapitre 17

Réflexions intimes


A l'arrivée des parents de David je me suis donc retirée tout doucement. J'avais l'impression que si David m'avait vu partir, il m'aurait rappelé aussitôt, ne serait-ce pour me demander de revenir pour lui dire au revoir ou pour savoir quand est-ce que je revenais. Mais de mon côté, je voyais bien que mon travail s'arrêtait là. David s'était réveillé, j'avais essayé de l'interroger et de lui rappeler certaines choses qu'il avait oublié. Je ne pouvais sans doute rien faire d'autre. Et puis, je me sentie un peu obligée de les laisser en famille. Je n'avais pas ma place dans ces retrouvailles familiales même si, la première personne dont David s'était souvenu c'était moi.
Pendant le trajet du train, son bruit assourdi et ses chaos sur les rails aidèrent mes pensées à envahir de nouveau mon esprit et je repensai à tout ce que David venait de me dire.
Il se souvenait de moi en tant qu'amie, il m'avait dit que c'était grâce à moi qu'il s'était battu pour sa vie. Est-ce que cela voulait dire que s'il ne m'avait connu, il se serait laisser mourir ? Je n'osai penser à cette éventualité.
Horrible.
Rien que d'y penser, mon sang ne faisait qu'un tour et mon coeur s'emballait d'horreur.
Il m'avait également dit que tout le temps où il avait été plongé dans le coma, il avait senti ma présence à ses côtés, et en effet, j'étais réellement présente. Bon d'accord, j'avais toujours su qu'il y avait quelque chose entre nous, comme un lien invisible tissé entre nous deux. Mais jamais je n'aurai imaginé que celui-ci aurait pu combattre et gagner une course contre la mort ! C'était incroyable ! Plus fort que la mort? J'en tremblai réellement d'émotion. Julien ne m'avait jamais prise au sérieux quand j'avais évoqué ce lien. Je souris toute seule à cette idée. Et ensuite alors, de quoi se souvenait-il, ses parents étant arrivés je n'avais pas eu le temps de terminer de l'interroger et de lui rafraîchir la mémoire. Me résonnant, je me dis qu'ils allaient sans doute prendre le relai à leur tour. Pourtant je me figeai de nouveau. Et s'il leur disait que la personne qui l'avait fait combattre ce mal inconscient c'était moi et qu'il ne se souvenait pas de Mariella ? Comment sa famille réagirait-elle ?
Mais en y réfléchissant, je préférai ne pas savoir. Après tout ce n'était pas de ma faute s'il ne se souvenait pas de Mariella et si j'étais la première chose dont il se souvenait.
Une chose, tu es une chose Lisa c'est nouveau?... Non bien sûr que non, je voulais dire la première personne dont il se souvenait. C'est déjà mieux, je préfère.
Mais... Songeai-je avec effroi, qu'est-ce que tu es en train de penser Lisa ?
Des mois auparavant tu aurais préféré qu'il se souvienne de Mariella plutôt que de toi. Car après tout, c'était sa fiancée et où avais-tu ta place toi dans son coeur ?... A vrai dire, je l'ignore... Mais ça, c'était des mois auparavant ! Maintenant il n'est plus avec Mariella ! J'ai le droit de penser un peu à moi et de croire que je tiens une place un tout petit peu plus grande dans son coeur non ? Et puis après ce que Mariella lui a fait avec Laurent, je crois que je l'ai bien mérité cette place non ? En plus que j'ai toujours été là pour lui... Un souvenir d'un certain jour me revins alors comme je pensai à Mariella. Celui où je les avais surprise tous les deux dans la villa où David voulait passer le nouvel an avec elle. Pour le protéger je lui avais caché la vérité. Tu as lui a menti ! C'était pour le protéger !!!... Bon il est vrai que j'aurai pu lui dire la vérité, ne serait-ce que pour me venger du nombre de fois où au début il m'avait demandé de mentir pour lui à Mariella !!! Mais tu ne me connais pas encore? J'aurai été incapable de lui révéler sa relation avec Mariella sauf si j'avais été certaine qu'il n'aurait pas souffert. Ah oui, et toi, tu n'as pas souffert toi ? Des millions de fois !!! Tu ne te souviens plus des larmes que tu as versé ? Mais arrête un peu avec ça, ça ne compte pas, là David a failli mourir je te signale ! Oui et alors? Il n'en ai pas mort? Les larmes aux yeux, je pensai en retour : Mais qu'est-ce que tu peux être méchante à la fin !!! Mais l'autre reprit : Il n'est pas mort et tu sais pourquoi? Tu veux que je te le répète peut-être? Non je sais, c'est grâce à moi, merci j'étais là donc j'ai entendu. Oui grâce à toi. Tant qu'une personne qui est entre la vie et la mort a quelqu'un qui pense à lui ou à elle, il ne peut pas mourir. Tant que son souvenir persiste, tant qu'il se sent soutenu, il ne peut que trouver la force de se battre -ou alors c'est qu'il ne l'a plus lui-même-. Cette force il l'a trouvé en toi et il s'est battu Lisa !
Mais ce n'est pas une raison de dire « et alors, il n'en ai pas mort! » protestai-je. Il aurait pu...
Lisa, tu es en train de sous-estimer ce lien qui semble vous unifie.
Ah bon, pourtant tu ne semblais pas d'accord tout à l'heure pour dire que...
Je n'ai jamais dit ça... Non, je crois qu'il y a vraiment cette chose qui existe entre vous deux, je ne sais pas trop ce que c'est mais elle semble résister à tout. Même la mort. Non je suis quand même d'accord avec toi quand tu dis qu'il y a quelque chose entre vous deux, une sorte de lien invisible qui vous maintient relier, comme si... Comme si...
On vivait l'un par l'autre? ...
Non c'est ridicule, tout le monde peut vivre sans l'autre. Il suffit de s'y habituer, d'avoir assez de force pour cela. Non je ne sais vraiment pas ce que c'est. La voix reprit encore après un silence.
Mais tu sais quoi, je crois qu'il y a quelque chose de nouveau. Quelque chose de nouveau, né il y a de cela quelque heures.
Quoi? demandai-je aussitôt.
Je ne sais pas, tu le sais mieux que moi.
Mais toi aussi tu le sais, je te signale que tu es moi et que je suis toi. Tu es ma conscience, ma pensée !!!...
Ce qui ne veut pas dire que tu sais encore tout ce que ta conscience sait. Tu le sauras ne t'inquiète pas, tu le sauras.

Je sortis de mes profondes réflexions, un peu vexée. Je ne savais pas si je m'étais endormie et si tout ceci n'avait été qu'un rêve mais je décidai de ne pas trop m'interroger. Je risquerai d'en devenir folle, plaisantai-je en riant intérieurement. Mais c'était plutôt étrange. J'avais eu l'impression de dialoguer avec moi-même.
Jetant un regard par la fenêtre, je m'aperçus que mon train arrivait tout juste à mon arrêt. Je me levai, prenait mon sac tombé au sol, et sortie du wagon.

Chapitre 18
20 Mar 2008 
Chapitre 18

Dormir d’un bon sommeil…


Dans le vestibule de la maison, je laissai tomber mon sac près du portemanteau. Je n’entendis pas le bruit sourd qui s’en résulta lorsqu’il heurta le sol tellement je sentais à chaque seconde la fatigue m’envahir.
D’habitude à mon arrivée dans la maison, après une dure journée de travail, j’aurai été me préparer un bon chocolat chaud que j’aurai bu dans ma tasse préférée. Mais là je n’avais même plus la force de conduire mes pas jusqu’à la cuisine. Et même si je n’avais pas mangé depuis la veille au matin, je n’avais aucunement faim. Tout ce dont je rêvai, c’était de rentrer dans mon lit et dormir. Dormir, rattraper mon sommeil, me libérer de tout le stress accumulé depuis hier par une bonne nuit de sommeil. Du moins une bonne journée de sommeil puisqu’on était le matin et même le midi. La pendule n’allait pas tarder à sonner les douze coups. Je suis certaine que là, à l’instant où je parle, si je m’allongeai sur mon lit, je dormirai jusqu’au moins le repas du soir, si ce n’est pas la journée entière pour me réveiller le lendemain midi. Je soupirai d’aise à l’idée de retrouver mon lit. Etre bien au chaud sous ma couette.
Voilà un réel bonheur. Le meilleur que je puisse rêver en cette journée qui vient de commencer. Pour moi, c’était le début de ma nuit.
J’escaladai la première marche lorsque ma mère qui devait être dans la cuisine en train de préparer le repas du midi, entendit du bruit dans le salon et passa sa tête par l’huisserie de la porte.
- Lisa c’est toi ?
Je m’arrêtai un instant dans l’escalier en disant adieu pour le moment à mon lit que je voyais bizarrement s’éloigner de moi.
- Oui c’est moi maman.
- Alors, bonne journée ?...
Je sentis que sous cette question, se cachait une autre que ma mère brûlait de me poser mais dont elle s’abstenait de me demander. Pour le moment.
Je haussai les épaules.
- Il y a un problème au bureau ?... Tu n’es pas rentrée hier soir ? Ton père et moi, nous nous inquiétions un peu. Tu ne devrais pas travailler autant Lisa, pense un peu à toi. Regarde-toi, tu as l’air d’un zombie. (Les loosers vivants^^).
Merci maman, c’est exactement le mot qui convient.
Je lui souris et répondis.
- Non tout va bien au bureau il ne fallait pas vous inquiéter.
Puis je pensai que c’était vrai, qu’ils n’étaient pas au courant. Les appeler hier soir pour les prévenir que je ne rentrai pas m’étais complètement sorti de la tête. J’ajoutai après un silence :
- Il n’y a aucun problème au bureau… Le problème c’était David. Il a eu un accident en sortant de Kerima et j’ai passé l’après-midi et la nuit à l’hôpital.
Ma mère ne dit rien sur le coup croyant que c’était une blague. Mais voyant mon air grave et sachant que je ne plaisanterai jamais sur une telle chose, elle me demanda le plus inquiet du monde.
- Et comment va-t-il maintenant ? Si tu es rentrée, ça veut dire que ça va mieux … Non ?
J’acquiesçai.
- Il est sorti du coma ce matin. Je me suis laissé enfermée hier soir à l’hôpital et je me suis endormie. C’est à mon réveil, alors que je m’apprêtai à partir qu’il s’est réveillé. Enfin, je vais t’épargner toute l’histoire parce que je suis vraiment beaucoup fatiguée…
- Oui ça n’a pas dû être une partie de plaisir ces dernières heures. Va te coucher Lisa, je vais te mettre ton repas au frais et tu mangeras après t’être bien reposée. Du moins si tu le veux…
J’acquiesçai encore et sourit.
- Merci maman, c’est ce que je vais faire. J’allai justement me coucher. Je mangerai après.
Ma mère m’adressa un sourire réconfortant et me laissa reprendre mon chemin jusqu’à l’étage.

Je rentrai dans ma chambre et dès la porte refermée je m’effondrai sur mon lit. Mes yeux ne tardèrent pas à vouloir se fermer et je ne pu résister à leur désir d’un repos bien mérité. D’ailleurs j’aurai pu résister que je ne l’aurai pas voulu. Je dormais déjà avant d’avoir pu compter jusqu’à un.

… Mes pensées dérivèrent au gré des évènements qui s’étaient déroulés ces deux derniers jours… Et le rêve suivant prit possession de mon esprit…

J’étais assise dans le fauteuil dans mon bureau de Kerima. Il régnait une atmosphère étrange, c’était un rêve je sais et comme tout rêve c’est toujours plutôt étrange, mais là, c’était quand même une atmosphère réellement étrange. Je ne saurai mieux l’expliquer. J’étais simplement dans mon rêve et je le vivais tout simplement…

« Lisa tu m’entend ? ». Une voix en écho dans mon bureau répéta cette phrase plusieurs fois. Oh non, elle ne va pas encore me faire la morale celle-là ? Qu’est-ce que j’ai fais de mal cette fois ?...
« Lisa tu m’entends ? » reprit la voix… Sans que je m’en rende compte, les décors changèrent. On aurait dit qu’ils fondaient. Ils pâlirent à vue d’œil et je me trouvai entre des murs blancs. Ce n’était même pas des murs. Tout était simplement blanc autour de moi. J’eus l’impression de n’être nulle part, ni sur terre, ni dans le ciel, partout et nulle part… Je m’aperçu alors que je m’élevai, que je volai. Je regardai autour de moi pour constater avec stupeur que je volai effectivement et que j’étais bien quelque part dans un ciel. Je dis bien dans un ciel car je ne savais pas si c’était le ciel que je connaissais habituellement et dans lequel j’avais l’habitude de perdre mon regard en pensant à… Enfin passons. Je remarquai avec stupeur que je volai. Je pris peur car je cru soudain que j’allai tomber. Cependant, je pris rapidement conscience que je ne tomberai pas. Je ne m’étais jamais sentie aussi légère et la peur s’évapora à l’idée que cette sensation était fantastique. J’étais libre comme l’air –sans jeux de mots-, légère comme une plume portée par le vent. Je fermai les yeux et me laissai porter. Je senti une fine brise caresser mon visage…
« Lisa tu m’entends ? »
J’ouvris de nouveau mes yeux et perdit ma concentration en reconnaissant la voix qui m’appelait. Je fis une embardée et tourna sur moi-même… Je me concentrai de nouveau et me remis sur le chemin que je savais devoir suivre, inconsciemment. C’était étrange de savoir où aller sans vraiment le savoir.
« Lisa tu m’entends ? »
Cette fois je ne me déconcentrai pas. Mais je m’étonnai de ne pas avoir reconnu plus tôt cette voix. Suivant mon instinct, je su qu’il fallait que je descende à cet endroit même où je me trouvais. Je me laissai donc perdre de l’altitude et…
… Atterrissais tant bien que mal sur un sol dur. Je préfère l’indiquer tout de suite car on ne sait jamais si dans les rêves, tous les sols sont durs. Tant bien que mal signifiait bien entendu avec fracas. Ayant toujours de la même chance pour ces choses-là, j’atterris en me heurtant les genoux sur le sol. Réflexe qu’on a dès l’enfance, je pris appui sur mes mains et ne tomba donc pas la tête en avant. J’évitai la catastrophe de me casser le nez. Pourtant, une autre chose étrange, on n’a pas forcément mal de la même manière dans les rêves et dans la réalité. Et en effet, j’avais senti mes genoux heurter le sol mais je n’avais pas eu mal.

Je levai la tête pour voir que je me trouvai dans une forêt claire et lumineuse. Tout ressemblait à une vraie forêt et sur le moment, je ne me cru pas du tout dans un rêve. Plus du tout. On entendait même le chant des petits oiseaux et il faisait juste chaud. On devait être à la fin du printemps.

http://blog2b.hosting.dotgee.net/blog/wp-content/uploads/nature/foret.jpg

J’allai me lever lorsqu’une main se tendit vers moi pour m’aider à me relever. Juste devant mon visage.
Chapitre 19
20 Mar 2008 
Chapitre 19

… Et faire un beau rêve


Je levai la tête pour voir que je me trouvai dans une forêt claire et lumineuse. Tout ressemblait à une vraie forêt et sur le moment, je ne me cru pas du tout dans un rêve. Plus du tout. On entendait même le chant des petits oiseaux et il faisait juste chaud. On devait être à la fin du printemps.
J’allai me lever lorsqu’une main se tendit vers moi pour m’aider à me lever. Juste devant mon visage.


Je regardai cette main avec surprise pendant quelques secondes. Puis je laissai suivre mon regard sur les courbes de cette main, je levai peu à peu mon regard pour rejoindre le bras et m’arrêter sur le visage du propriétaire.
C’était David qui me tendait la main. Il arborait un sourire des plus radieux et était habillé d’un costume blanc, mais d’un blanc si pur que je m’étonnai de sa blancheur. Enfin pas trop, après tout dans les rêves tout était parfait. Quoique David dans mes rêves ou la réalité, était toujours le même. Toujours parfait. Je rougis de mes pensées.
- Où sommes-nous ? Demandai-je.
- Dans ton rêve, répondit-il comme si c’était tout naturel.
Non, c’est vrai dans mon rêve ? Je ne l’aurai jamais imaginé dis donc.
- Mais…
- Tu te lèves ? Me proposa t-il gentiment.
J’acceptai la main qu’il me tendait et me levai.
C’est alors que je baissai le regard sur moi…
… Et n’en cru pas mes yeux.
Je ne portai plus mes vêtements, ma chemise blanche, mon pantalon et ma veste rose avaient disparu mais à la place… J’écarquillai grand les yeux… Une magnifique robe de la dernière collection de Kerima. Je me sentis gênée et pensa soudain que si Hugo me voyait portant sa robe qui n’était pas encore sortie avec la collection, il me tuerait sûrement. Je pensai cela juste avant de me souvenir que je rêvai et donc que je ne craignais rien.

http://www.nexteve.com/images/D/F6212a.JPG

- Qu’y a-t-il ? Demanda David.
Je relevai la tête vers lui, le regard empreint de tout l’étonnement possible dans pareille situation.
- Mes… Mes vêtements ?
David cru comprendre.
- Oh ne t’inquiète pas, elle te va très bien, répondit-il avec un sourire rayonnant. Tu ressembles à un joyau rayonnant dans le soleil couchant.
« Il est poète maintenant ? C’est nouveau ? », Pensai-je.
Je secouai la tête.
- Non, ce n’est pas ce que je veux dire. Mes vêtements… Ont disparu…
- Ne t’inquiète pas pour ça. C’est ton rêve Lisa.
Mon rêve ? Ah c’est vrai, j’avais presque oublié que j’étais en train de rêver.
Mais, et alors ? Qu’est-ce que tout ceci signifiait?
- Je ne comprends pas.
- Un rêve est-il fait pour comprendre ? Me demanda t-il doucement.
Il me montra une direction vers sa droite. Je suivais la direction qu’il me montrait.
- Tu me suis ? J’aimerai te montrer quelque chose.
J’acquiesçai lentement.
Je décidai d’arrêter de me poser des questions. Après tout, ce n’était qu’un rêve.
Quoique magnifique… Ce dernier mot continua de résonner à mes oreilles alors que je suivais David le long du chemin dans les bois et que mon regard ne pouvait s’en détacher. De David bien entendu, pas du chemin.
Je ne vis donc rien du chemin, je me contentai de suivre et sursauta lorsque David se retourna vers moi. Je faillis foncer dans lui mais m’arrêtai à temps.
- Comment trouves-tu ?
Comment je trouve quoi ? Pensai-je stupidement avant de penser à regarder autour de moi. Devant moi plutôt. Juste devant moi se trouvait…

http://www.artbythomaskinkade.com/images/kinkade_foxgloveCottageB.jpg

… Une magnifique petite maison qui semblait auréoler sur tout le paysage et entourée d’un jolie petit jardin en fleur.
- Qu’est-ce que…
J’arrêtai la question bête qui allait sortir de ma bouche pour dire de nouveau :
- Je ne comprends pas…
- Ne t’ai-je pas déjà dis qu’il ne fallait pas chercher à comprendre un rêve ?
Je regardai de nouveau la maison puis reposa mon regard sur David. Il souriait.
- Pourquoi m’as-tu amené ici David ?
- Je voulais simplement te montrer cette maison, répondit-il toujours de manière mystérieuse.
- Simplement… Me montrer cette maison ? Répétai-je. Mais pourquoi ?
- Elle est pour toi.
- Pour… Pour moi ?
- Et pour moi.
- Pour… Pour toi ?
- Pour nous si tu préfères.
- Pour… Pour nous ?
David sourit, amusé par mes réponses.
- Pour la reine de ce magnifique endroit.
- Il y a une reine ici ? Dis-je en tournant mon regard à droite et à gauche.
Je n’arrivai pas à comprendre Ou alors ne le voulais-je pas ?
David me regarda de plus en plus amusé.
- Oui, et elle est en face de moi.
- En face… De toi ?
Puis je compris soudain.
- M… Moi ?
- Cet endroit est pour toi, me répondit-il pour toute réponse..
- Pour moi…
Je répétai ces mots dans ma tête jusqu’à en bien prendre conscience et me convaincre que je ne rêvais pas. Sauf que dans un sens je rêvai belle et bien… Je sentis alors une pression sur mes doigts et je baissai mes yeux pour me renseigner sur la source de cette pression. Imperceptiblement, je m’aperçu que David avait pris ma main. Je relevai le regard vers lui. Puis vers la maison. Puis vers lui de nouveau.
Lui souriait toujours. Un sourire rayonnant. Et son regard lui aussi rayonnait de la même joie.
- Pour toi, me répondit-il.
- Moi,… Une reine ?
- Pas une reine, me dit-il.
- Ah bon…
- Mais ma reine.
J’en perdis les mots.
- Je te fais visiter ?
Sur le coup, j’en avais oublié la maison.
- Visiter ?... Euh oui bien sûr.
Tenant toujours ma main serrée dans la sienne, il m’entraîna et nous nous approchâmes de la maison qui me semblait un paradis.
Je regardai un peu autour de moi.
Tout me semblait en fait, un paradis. Tout autour de moi.
Mon regard revint ensuite sur David.
Et lui c’était…
Je réfléchis un moment.
Et lui c’était Roméo.

Est-ce que j’étais Juliette ?

Je pénétrai dans la maison à la suite de David et la porte se referma. Il me fit ensuite visiter cette magnifique maison, je le suivis et regardai tout autour de moi avec émerveillement. C’était ma maison. Notre maison.
J’étais sa reine ? Oui c’était ce qu’il m’avait dit.
Et ma main toujours dans la sienne, je poursuivis la visite… Je n’aurai pas pu l’enlever de son étreinte de toute façon. Et je ne le voulais pas.
En tous cas, ce qui était sûr c’était qu’il était mon roi. Mon Roméo.
Et j’étais sa Juliette.^^

Vous aimeriez savoir la suite ? Vous aimeriez nous suivre pendant toute la visite de la maison ? Hein n’est-ce pas que vous aimeriez savoir tout ? Oui oui je vous entends de là…
Si si vous savez ce que j’entends ? Et bien j’entends en chœur de vous toutes un « Please la suite !!! ». Mais j’hésite. Non, je crois que vous êtes trop jeunes.

Je suis vraiment désolée mais la suite est un peu trop privée, même si ce n’est qu’un rêve.

Chapitre 20
20 Mar 2008 
Chapitre 20

Un ami, ça sert à ça…


Malheureusement, je ne connu pas beaucoup moi non plus la suite de mon rêve.

- Lisa ?
Je fus sortie de mon sommeil par cette voix venue d’où je ne savais où. Cette voix surgit juste au moment où je commençai à me convaincre que la réalité était celle dans laquelle je me trouvais et non celle de laquelle on m’appelait.
Comme si je voulais retarder le moment de me réveiller, je gardai les yeux fermés pendant un moment. Puis, comme j’entendais du mouvement autour de moi et que ça ne voulait pas s’arrêter, je finis pas ouvrir les yeux, exaspérée de ne pas pouvoir rester plus longtemps dans mon rêve.
- Julien ? Qu’est-ce que tu fais là ? M’étonnai-je.
- Bonjour Lisa d’abord, me répondit-il. Je ne t’ai pas vu venir de toute la journée à mon kiosque, je commençai à me dire que peut-être ce n’était plus ton rendez-vous fétiche ?
- Désolée Julien. C’est seulement que j’avais d’autres choses à penser.
- Et alors tu m’as privé pendant un jour de tes mésaventures à Kerima ? Ca m’a manqué, me dit-il en rigolant. Rend-toi compte, je ne t’ai pas entendu te plaindre de toute la journée.
- Me plaindre ?
Julien me fit un clin d’œil.
- je ne t’ai pas entendu parler de David de toute la journée, précisa t-il.
Rien qu’à ce nom je frémis.
- J’avais tellement à penser…, lui répondis-je.
Pour toute réponse, Julien vint s’asseoir sur le rebord de mon lit en m’observant attentivement. Il avait décelé rien qu’à ma remarque que quelque chose n’allait pas.
- Que s’est-il passé pour que tu oublies notre rendez-vous quotidien ? Me demanda t-il étonné.
- David était à l’hôpital et j’ai passé la nuit à m’interroger s’il allait se réveiller un jour.
Je commençai néanmoins à en avoir assez d’avoir à répéter cela des dizaines de fois, alors qu‘à l’heure qu’il était, David était bel et bien réveillé. Je préférai de beaucoup me concentrer sur ce fait : Réveiller et bel et bien en vie. Cependant, je n’allai pas en vouloir à Julien. Il voulait savoir ce qui s’était passé, ce qui était normal.
- A l’hôpital ? Répéta t-il. Mais que s’est-il passé ?
- Il a eu un accident, répondis-je d’un air sombre. Et il était dans le coma jusqu’à ce matin.
Le regard de mon ami sembla changer d’expression et il parut comprendre pourquoi notre rendez-vous quotidien à sa boutique m’était sorti de l’esprit.
- Ma pauvre Lisa, et moi qui vient te reprocher que tu avais oublié notre rendez-vous.
- Dis plutôt pauvre David, le corrigeai-je d’un ton de plus en plus sombre.
- Il n’est pas sorti d’affaire ?
- Il est amnésique.
- Amnésique ?... Il ne se souvient vraiment de rien ?
J’hésitai un moment.
- Il se souvient de certaines choses mais pour d’autres, il va falloir l’aider à les lui rappeler.
- Lisa, dit Julien d’un ton impatient. De quoi se souvient-il donc ?
- Il se souvient de… de moi…, commençai-je.
Puis, le poids de la pression retomba de mes épaules.
- Oh Julien, je n’en croyais pas mes yeux, il se souvient de moi mais… Mais pas de Mariella. Je suis restée dans sa mémoire mais Mariella, elle, il a fallu que je lui rappelle la relation qu’ils ont eu…
- Il se souvenait de toi…
- Il a même dit que s’il avait réussi à se battre, c’était grâce à moi, parce qu’il sentait que j’étais près de lui pour le soutenir…
- Il sentait que tu étais près de lui à le soutenir…, répéta de nouveau Julien.
- Et je n’en suis pas sûre mais…
Julien m’envoya un regard pour m’encourager à continuer.
- … Il m’a regardé bizarrement à deux reprises.
- Comment ça bizarrement ?
- Je n’en sais rien moi, comment pourrai-je le savoir ? Il avait une sorte de lueur dans le regard. J’ai cru qu’il regardait quelqu’un derrière moi qui venait d’arriver mais je crois que c’est moi qu’il regardait.
Julien me regarda un instant avant de me demander.
- Lisa, tu ne crois pas que David croit… Je veux dire, il t’a questionné sur vous deux ? Sur votre relation ?
- Il m’a demandé si nous étions amis, pourquoi ?
- … Tu ne crois pas que…
- Qu’il croit que nous sommes plus qu’amis ?
- C’est ce que je pense.
- Mais, mais c’est impossible. Ca ne peut pas… Et si c’est ça, comment est-ce que je n’ai pas compris plus tôt ? Me désolai-je. Il faut que je retourne le rassurer. Tout de suite.
- Lisa, je ne te comprends pas.
- Pourquoi ?
- Ce n’est pas ce dont tu rêves depuis de longs mois ?
Je protestai alors, n’osant croire qu’il ne comprenait pas.
- Julien, il n’est pas dans son état normal ! Je sais très bien qu’en temps normal il n’aurait jamais été amoureux de moi ! Alors je ne veux pas le laisser dans cette ignorance. Le laisser croire qu’il m’aime c’est… Comme lui mentir ! Et me mentir !
- D’accord, d’accord Lisa, j’ai compris, tu peux te calmer.
Puis il reprit après un silence.
- Mais, si jamais ce passage dans le coma lui avait fait prendre conscience de ses réels sentiments pour toi Lisa ?
- Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Je dis ça comme ça, c’est juste une hypothèse. Peut-être que ce passage obligé lui a fait comprendre ce qu’il ressentait pour toi. Réellement.
Je regardai Julien comme si tout à coup il avait un accès de fièvre.
- Tu plaisantes ? C’est toi qui me dis ça ? D’habitude c’est moi qui a cet espoir.
- Oui et je me demande pourquoi tu ne l’a plus.
- Mais ce n’est pas du tout ça. Je suis seulement réaliste ! Protestai-je.
- Oui, alors que d’habitude tu es tout sauf réaliste, fit-il remarquer.
Je fronçai les sourcils en agrippant du bout des doigts mon oreiller.
- Et je suis quoi à ton avis ?
- Rêveuse, peut-être. Mais là, on dirait que tu as peur…
- Peur ?! Non mais ça ne va pas ?
Avant qu’il ne réponde, il avait reçu mon oreiller sur la figure.
- Merci Lisa, je t’aide moi.
- Tu m’aides en disant que j’ai peur ? Tu es comme ma conscience ou quoi ?
Il reçut un autre coussin.
Julien se releva et me regarda :
- C’est quoi cette histoire de conscience ? S’enquit-il.
- C’est… Rien.
- Ta conscience te parle maintenant ? Se moqua t-il gentiment.
- Julien, tu le veux cet autre coussin ? Regarde comme il t’attend gentiment. Non bien sûr que je ne parle pas à ma conscience, j’ai simplement fait un rêve.
- … Où tu parlais à ta conscience ?
- Tu vas arrêter oui ?
Julien posa une main sur mon front.
- Tu as peur et tu parles à ta conscience, ça va bi…
Un autre coussin reçu en plein sur le nez l’empêcha de finir sa phrase.
- SOS, Appel à enfance maltraitée !
J’éclatai de rire en l’entendant.
- Aux grands enfants alors.
- Ben oui pourquoi pas.

Nous échangeâmes un dernier coup de coussin puis lorsque j’entendis frapper à la porte de ma chambre, je me retournai pour demander qui c'était. Mon instant d'inattention me coûta un dernier coussin en plein dans la figure. Je ne m'en occupais pas et à la place demanda qui était-ce qui avait frapper... Pendant que Julien ramassait les coussins par terre et les remettait en place sur mon lit.

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